Déclaration d’indépendance de l’État de Palestine (15 novembre 1988)

mardi 1er mars 2005

Au nom de Dieu, clément et miséricordieux.

Terre des mes­sages divins révélés à l’humanité, la Palestine est le pays natal du peuple arabe pales­tinien C’est là qu’il a grandi, qu’il s’est déve­loppé et qu’il s’est épanoui. Son exis­tence nationale et humaine s’y est affirmée, dans une relation orga­nique inin­ter­rompue et inal­térée, entre le peuple, sa terre et son histoire.

Conti­nuel­lement enraciné dans son espace, le peuple arabe pales­tinien a forgé son identité nationale, et s’est élevé, par son achar­nement à la défendre, jusqu’au niveau de l’impossible… En dépit de la fas­ci­nation sus­citée par cette terre ancienne et par sa position cru­ciale à la char­nière des civi­li­sa­tions et des puis­sances, en dépit des visées, des ambi­tions et des inva­sions qui ont empêché le peuple arabe pales­tinien de réa­liser son indé­pen­dance poli­tique, l’attachement per­manent de ce peuple à sa terre a néan­moins imprimé au pays son identité et au peuple son caractère national.

Inspiré par la mul­ti­plicité des civi­li­sa­tions et la diversité des cultures, y puisant ses tra­di­tions spi­ri­tuelles et tem­po­relles, le peuple arabe pales­tinien s’est déve­loppé dans une com­plète unité entre l’homme et son sol. Sur les pas des pro­phètes qui se sont suc­cédés sur cette terre bénie, c’est de ses mos­quées, de ses églises et de ses syna­gogues que se sont élevés les louanges au Créateur et les can­tiques de la misé­ri­corde et de la paix. […]

En dépit de l’injustice his­to­rique imposée au peuple arabe pales­tinien, qui a abouti à sa dis­persion et l’a privé de son droit à l’autodétermination au len­demain de la réso­lution 181 (1947) de l’Assemblée générale des Nations unies recom­mandant le partage de la Palestine en deux États, l’un arabe et l’autre juif, il n’en demeure pas moins que c’est cette réso­lution qui assure, aujourd’hui encore, les condi­tions de légi­timité inter­na­tionale qui garan­tissent également le droit du peuple arabe pales­tinien à la sou­ve­raineté et à l’indépendance. […]

Avec l’Intifada, et l’expérience révo­lu­tion­naire accu­mulée, le temps pales­tinien est parvenu au seuil d’un tournant his­to­rique décisif. Le peuple arabe pales­tinien réaf­firme aujourd’hui ses droits inalié­nables et leur exercice sur le sol palestinien.

Confor­mément aux droits naturels, his­to­riques et légaux du peuple arabe pales­tinien à sa patrie, la Palestine, et fort des sacri­fices des géné­ra­tions suc­ces­sives de Pales­ti­niens pour la défense de la liberté et de l’indépendance de leur patrie,

Sur la base des résolutions des sommets arabes,

En vertu de la pri­mauté du droit et de la légalité inter­na­tionale incarnées par les réso­lu­tions de l’Organisation des Nations unies depuis 1947,

Exerçant le droit du peuple arabe pales­tinien à l’autodétermination, à l’indépendance poli­tique et à la sou­ve­raineté sur son sol.

Le Conseil national pales­tinien, au nom de Dieu et au nom du peuple arabe pales­tinien, pro­clame l’établissement de l’État de Palestine sur notre terre pales­ti­nienne, avec pour capitale Jérusalem.