De nouvelles élections (locales) en Palestine

Daoud Kuttab, vendredi 28 mai 2010

Malgré le refus du Hamas, l’Autorité Pales­ti­nienne continue à prévoir de tenir les élec­tions muni­ci­pales le 17 juillet.

Les élec­tions vont avoir lieu malgré le refus du gou­ver­nement de facto à Gaza de les assurer dans les zones sous son contrôle. Le Hamas a aussi dit qu’il appelle ses sym­pa­thi­sants en Cis­jor­danie à ne pas par­ti­ciper aux pro­chaines élections.

Le mou­vement, qui n’a pas encore accepté le plan de récon­ci­liation spon­sorisé par l’Egypte, dit que des élec­tions quelles qu’elles soient (muni­ci­pales, par­le­men­taires ou pré­si­den­tielles) ne devraient avoir lieu qu’ après que les Pales­ti­niens se seront unifiés.

Les par­tisans des élec­tions insistent sur le fait que les élec­tions muni­ci­pales sont apo­li­tiques et ne devraient pas être jugées de la même façon que les élec­tions par­le­men­taires. De plus, l’Autorité Pales­ti­nienne dit que des élec­tions muni­ci­pales peuvent avoir lieu pro­gres­si­vement, ce qui veut dire qu’elles peuvent être orga­nisées plus tard à Gaza, une fois fois que la récon­ci­liation aura eu lieu.

L’un des indi­ca­teurs du succès des élec­tions à venir sera le niveau de par­ti­ci­pation. Des affiches et des pan­neaux ont déjà été posés dans l’ensemble de la Cis­jor­danie, appelant les Pales­ti­niens à faire entendre leurs voix dans le pro­chain affron­tement élec­toral local.

Des membres du mou­vement du Fatah ont fait des heures sup­plé­men­taires pour essayer d’élaborer des listes muni­ci­pales qui seront pré­sentées lors des élec­tions à venir. Après la défaite aux élec­tions de 2006, qui est due en partie aux dif­fé­rends à l’intérieur du Fatah et à l’échec dans la recherche de bons can­didats, le Fatah dit qu’il ne répétera pas l’erreur pré­cé­dente. Les leaders du mou­vement disent qu’ils ne tiennent pas à pré­senter leurs propres can­didats et qu’ils sont prêts à accepter de bons can­didats même s’ils ne sont pas néces­sai­rement membres du Fatah.

Poli­ti­quement, une dis­cussion a suivi quant à savoir si une large coa­lition devrait être formée dans les grandes villes . Cer­tains arguent que le meilleur moyen de répondre à la position du Hamas est de pré­senter une liste natio­na­liste unie. Des par­tisans de cette position sug­gèrent qu’en ayant des listes de l’OLP, le Fatah ne sera pas perçu comme mono­po­lisant les élections.

L’alternative d’une liste unifiée, cependant, a été pro­posée par quelques per­sonnes qui pensent que cela enlèvera toute sug­gestion d’un vote concur­rentiel. En pré­sentant des listes OLP, argumentent-​​ils, la plupart des élec­tions locales seront vues comme inutiles, avec des résultats presque pré­dé­ter­minés par des poli­ti­ciens dans des pièces enfumées, sans donner l’opportunité au public d’être impliqué dans ce pro­cessus démocratique.

Avec le Hamas qui boy­cotte les élec­tions, la question est de savoir si le Fatah fera montre de dis­ci­pline et de per­ti­nence en choi­sissant de bons can­didats et si cela sera efficace au niveau du vote. Alors qu’environ 20-​​30% de la popu­lation ne vote pas dans la plupart des élec­tions, un pour­centage encore plus grand d’absentéisme lors de l’élection sera considéré comme un signal négatif pour l’OLP et la direction pales­ti­nienne actuelle.

On s’attend à ce que les élec­tions locales soient scrutées de près par les obser­va­teurs locaux, régionaux et inter­na­tionaux. Tenir les élec­tions au moment prévu sera vu comme un vote de confiance pour le gou­ver­nement Salam Fayyad qui gère les affaires.

Avec des élec­tions par­le­men­taires et pré­si­den­tielles indé­fi­niment repoussées, ce sera la seule façon de mesurer l’attitude des Pales­ti­niens envers les poli­tiques de Abbas et Fayyad. En par­ti­culier, on s’attend à ce que les pro­chaines élec­tions pales­ti­niennes apportent un soutien et une légi­timité plus forts au gou­ver­nement Fayyad. Le gou­ver­nement actuel a fait de l’état de droit et de la sta­bilité gou­ver­ne­mentale les piliers de sa poli­tique. Une partie d’une telle sta­bilité est la capacité de tenir des élec­tions régulières.

Si des élec­tions ont lieu avec une grande par­ti­ci­pation, cela donnera un élan au Premier ministre et au Pré­sident Mahmoud Abbas. Les Pales­ti­niens et la com­mu­nauté inter­na­tionale obser­veront aussi ces élec­tions afin d’ évaluer le niveau de soutien dont jouissent Fayyad et sa poli­tique modérée.