Cueillette des olives en Palestine occupée, dernières nouvelles…

AFPS, vendredi 9 novembre 2007

Des mili­tants de l’AFPS sont actuel­lement en Palestine, près d’Hébron, pour par­ti­ciper à la cueillette des olives qui est entravée sys­té­ma­ti­quement par les colons et les soldats israé­liens. La pré­sence de volon­taires inter­na­tionaux permet aux fer­miers d’accéder plus faci­lement à leurs oli­ve­raies et res­treint la vio­lence des colons.

Mercredi 7 novembre

Ten­tative de cueillette avec l’autorisation du bureau de coor­di­nation. Retour chez un agri­culteur dont le fils a été blessé entre la colonie de Kiryat Arba et celle de Kharsina

Pour la deuxième fois, le bureau de coor­di­nation nous avait donné l’autorisation de venir cueillir dans les champs de l’agriculteur situés à l’intérieur d’une des colonies. Nous avions donc rendez-​​vous avec l’armée afin qu’elle nous ouvre.

Longue attente avant de décider de repartir. L’armée ne s’est pas déplacée.

Nous tentons d’aller sur un autre lieu de cueillette en direction de Beth­lehem avec l’autorisation du bureau de coor­di­nation. Les par­celles sont situées près de la colonie de Karme Sur où sur quinze oli­ve­raies dix restent culti­vables. Sur le chemin nous constatons que des vignes ont été brûlées par des pro­duits chimiques.

Notre « incursion » est rapi­dement stoppée par la pré­sence de quatre soldats aux ordres d’un colon fanatique.

Contrôle des Pales­ti­niens, refus de quitter les lieux de notre part, car nous avions une auto­ri­sation mais les colons pré­tendent que nous sommes en zone mili­taire : cette accu­sation peut être lourde de consé­quences et conduire à l’incarcération des Pales­ti­niens. C’est un pré­texte dont ils usent très souvent mais dont ils ne four­nissent jamais la preuve selon les employés de l’ONU qui nous rejoignent sur place.

Arrivée de la police israé­lienne qui semble tenter de calmer le jeu : accalmie relative puisque les poli­ciers se font insulter par le colon et du coup ont l’air de nous donner raison. Ils nous font croire que nous pouvons accéder au champ dans la mesure ou une auto­ri­sation écrite du bureau de coor­di­nation arriverait.

Départ de la police et des fonc­tion­naires des Nations Unies : reste l’armée censée nous guider vers le champ dès lors que l’autorisation écrite nous arrive. Mais pendant ce temps les colons se pré­parent à nous faire barrage, sortent les chiens, pré­parent les cailloux, font face à notre chemin si bien que nous quittons les lieux sur le conseil des Pales­ti­niens car l’armée n’aurait pas assuré notre sécurité.

Cette auto­ri­sation ne nous serait jamais arrivée car le bureau de coor­di­nation nous avait prié de ne plus appeler à propos de cette cueillette, car il consi­dérait que pour régler le pro­blème il fallait faire appel à la Croix Rouge…

Colon de Kiryat Arba

La triste réalité est que les colons sont intou­chables, et qu’en l’absence de la police, ils dirigent l’armée. La police a calmé le jeu et précisé que nous étions dans notre droit à partir du moment où on avait l’autorisation écrite (ça c’est nouveau…) et donc que dans ce cas, leur rôle est de nous per­mettre d’accéder au champ. Mais appa­remment si les colons ne veulent pas obéir, ces jeunes soldats ne peuvent faire pression sur eux.

Nous pré­cisons que, le matin, les pro­prié­taires du champ étaient venus cueillir, ils se sont faits expulser par les colons armés qui mena­çaient de tuer leur âne.

En partant nous avons ren­contré la famille et nous allons orga­niser une nou­velle ten­tative la semaine pro­chaine. Des photos que nous avons prises ont été envoyées à la presse.

Thomas, Catherine P., Michèle.