Cueillette des olives en Palestine occupée, dernières nouvelles…

AFPS, jeudi 8 novembre 2007

Des mili­tants de l’AFPS sont actuel­lement en Palestine, près d’Hébron, pour par­ti­ciper à la cueillette des olives qui est entravée sys­té­ma­ti­quement par les colons et les soldats israé­liens. La pré­sence de volon­taires inter­na­tionaux permet aux fer­miers d’accéder plus faci­lement à leurs oli­ve­raies et res­treint la vio­lence des colons.

Compte rendu du lundi 5 novembre 2007

Orga­ni­sation d’une cueillette dans le village de Deir Samit, à l’ouest d’Hébron suite à l’appel des agri­cul­teurs concernés (les terres concernées par l’action de ce jour sont situées au nord de Deir Samit, dans la zone où le mur empiète lar­gement dans le ter­ri­toire palestinien).

Problème invoqué :

1. Les agri­cul­teurs ne sont auto­risés qu’à cueillir les olives, mais pas à entre­tenir leurs terres ( labourer et tailler les arbres) ; 2. Les soldats ne laissent entrer que deux ou trois Pales­ti­niens par jour, ce qui n’est pas suf­fisant pour un jour de cueillette rentable ;

- Après accord avec le bureau de coor­di­nation, auto­ri­sation de l’ouverture du portail par l’armée israé­lienne à 7h.

- Les champs appar­tiennent à plu­sieurs agri­cul­teurs pales­ti­niens. Ils se situent devant la ligne verte, mais der­rière le mur ( en l’occurrence, des bar­belés élec­triques), car une route réservée aux colons a été construite au milieu de ceux ci.

- Départ de Halhul à 6h15 ( retard de 15 mn)

- Arrivée à des­ti­nation à 7h15 devant le portail ou atten­daient les agri­cul­teurs palestiniens

- Ouverture par l’armée à 7h30, qui n’a pas contrôlé les identités…

- Cueillette habituelle avec différents agriculteurs

- "Visite guidée" par un des agri­cul­teurs. la moitié des oli­viers est détruite, à cause d’un incendie cri­minel commis par des israé­liens il y a 4 mois. Ces terres com­pre­naient un village qui a été bom­bardé en 1967 par l’armée israé­lienne également (consé­quence anec­do­tique : la mère de notre "guide" a dû accoucher de lui dans une grotte alentour qui servait de refuge à sa grand-​​mère).

- Pause-​​thé à la sauge offerte notre hôte qui nous raconte qu’une femme s’est fait piquer la veille par un scorpion, (exemple frappant qui montre l’inconvénient du système du bureau de coor­di­nation avec ses horaires fixes et le fait de dépendre du bon vouloir des mili­taires israéliens)

- Sortie prévue à 12h ( l’autre pos­si­bilité étant 16h), d’où arrivée en avance de 20 mn devant le portail…

- Un premier blindé mili­taire arrive vers 12h15, mais ne fait que se pré­oc­cuper d’une Pales­ti­nienne qui se serait approchée selon eux bien trop près du mur de bar­belés (réaction de son mari : il la gronde devant les soldats a priori pour éviter qu’ils ne se chargent eux-​​mêmes de cette tâche…)

- Un deuxième blindé arrive à 13h00, conduit par les soldats qui nous ont ouvert le matin. Après s’être concertés entre eux, et avoir passé un coup de télé­phone, ils nous ouvrent enfin avec plus d’une demi-​​heure de retard.

Oliviers brûlés à Deir Samit

Compte-​​rendu du 6 novembre 2007

Bonjour a tous,

Ce matin nous étions 11 Français et 3 jeunes Ame­ri­cains, 2 filles de l’UAWC (le syn­dicat paysan proche du FPLP), M. l’avocat, R. et les paysans. Nous sommes retournés à la colonie d’Otni’el cette fois-​​ci côté nord de la colonie. Nous nous sommes divisés en 2 groupes. Le premier groupe est monté près de la colonie. Il a été au début arrêté par la pro­tection civile de la colonie. Après les mili­taires sont arrivés et ont donné l’autorisation. Un des paysans a pleuré car cela faisait 7 ans qu’il n’avait pas marché sur sa terre.

Dans le champ du bas l’autre groupe déblayait les branches coupées par un paysan afin de faire des tas. Ceci dans le but de faci­liter le ramassage car il ne faut rien laisser qui pourrait servir à brûler les oli­viers. Un autre agri­culteur labourait avec son tracteur entre les arbres.

Labours

L’entretien des oli­ve­raies permet un meilleur ren­dement pour l’année sui­vante. Le Comité de Défense de la Terre désire faire évoluer la situation, de la cueillette à l’entretien, pro­gres­si­vement, afin que les paysans puissent accéder à leurs champs quand ils le veulent. Il reste encore du travail a faire dans ce sens. Cette journée a marqué une étape de plus.

Sur le chemin du retour nous avons visité un pressoir à huile. En fin de journée nous avons été invite par le Comité de Défense de la terre pour dîner. Ensuite M. nous a fait un exposé de leur travail et répondu a nos questions.