Cueillette des olives en Palestine occupée

Afps, vendredi 2 novembre 2007

Des mili­tants de l’AFPS sont actuel­lement en Palestine, près d’Hébron, pour par­ti­ciper à la cueillette des olives qui est entravée sys­té­ma­ti­quement par les colons et les soldats israé­liens. La pré­sence de volon­taires inter­na­tionaux permet aux fer­miers d’accéder plus faci­lement à leurs oli­ve­raies et res­treint la vio­lence des colons.

Dimanche 28 octobre 2007

Bonsoir,

Aujourd’hui nous étions huit volon­taires sur le chantier de cueillettes d’olives.

Nous sommes allés cueillir tout près de la colonie d’Asfar, qui est une petite colonie avec une extension de mobil-​​homes, très par­tiel­lement habités. Le tout est entouré d’une bar­rière, peut-​​être élec­trifiée et de rou­leaux de barbelés. Nous avons été observés par une femme de colons pendant que nous avan­cions stra­té­gi­quement au plus près du mur. C’est quand on cueillait dans les oli­viers pris dans les bar­belés que les soldats israé­liens sont arrivés et nous ont demandé de nous éloigner de dix mètres du mur. Comme nous avions terminé à cet endroit, nous nous sommes écartés et avons continué le travail plus loin. Pendant la cueillette les agri­cul­teurs ont taillé les arbres. Nous revenons mardi pour per­mettre au paysan de labourer le terrain.

Ce soir nous avons étiqueté les jus de raisin, de tomate, le debs et les prunes au sirop pour l’exposition coor­ga­nisée par la chambre d’agriculture et de com­merce de Halhul et la coopé­rative al Sanabel des paysans de Halhul (sou­tenue par les groupes locaux de Rennes, Nantes et Sud Cor­nouaille de l’AFPS).

Vous trou­verez en annexe une pho­to­graphie prise sous les bar­belés de la colonie d’Asfar, ainsi qu’une carte qui permet de mieux saisir l’enjeu de ces cueillettes pour les paysans menacés d’expropriation.

Lundi 29 octobre 2007

Bonjour à tous,

Aujourd’hui nous avons assisté à l’inauguration de l’exposition de la chambre d’agriculture et de com­merce de Halhul. La coopé­rative al Sanabel et 17 autres pro­duc­teurs y sont pré­sents (ça res­semble aux marchés fer­miers chez nous). Nous avons filmé et pris des photos pour témoigner au retour. Beaucoup de dis­cours lors de l’ouverture… R., qui est un membre fon­dateur de la coopé­rative est intervenu et il a été applaudi.

Le stand de la coopé­rative al Sanabel était de loin le plus important avec beaucoup de produits.

Cet après midi nous sommes allés à Hébron, nous avons été très impres­sionnés par l’état de la ville. Nous envoyons une photo des rues com­mer­çantes entiè­rement désertées qui donnent une impression de ville morte, ainsi qu’une photo d’un tour­niquet à un check point au coeur de la vieille ville. Demain nous retournons dans le même champ d’olives qu’hier pour le labour.

Amicalement L’équipe cueillette

Mardi 30 octobre

Cueillette des olives à Hébron, entre 2 colonies : Karsina et Kyriat Arba

Ce sont des terres exploitées par la famille du fermier depuis 150 ans. Elles peuvent faire vivre 15 per­sonnes. La construction du “mur-​​cloture” avait enclave 1,5 ha dans l’enceinte de la colonie. Le but de notre mission était de cueillir les olives dans cette partie. Mais la porte qui per­mettait l’accès a été supprimée.

Par soli­darité avec l’agriculteur, qui subit régu­liè­rement des bri­mades de la part des colons (jets de pierres, tirs : son fils a été blesse) nous sommes restés cueillir les olives dans les champs auto­risés. Nor­ma­lement, nous revenons demain cueillir des olives dans la partie enclavée. Entre les deux colonies s’étend une vallée très fertile et prospère : aman­diers, vigne, figuiers, oli­viers, gre­na­diers… Pendant notre cueillette, nous avons assisté à des travaux de ter­ras­sement réa­lisés par les israe­liens dans cette vallée. Une pel­le­teuse avec marteau piqueur défoncait le sol pendant qu’un bull­dozer ouvrait une route de façon à ins­taller un pylone pour une ligne élec­trique pour ali­menter les colonies.

Une femme pales­ti­nienne, dont c’était le champ, observait les travaux en pleurant .

Une route réservée aux colons relie les 2 colonies et sépare un village pales­tinien en deux. Ceux qui sont côte Hébron peuvent envoyer leurs enfants à l’école ; les autres ne peuvent aller à Hebron, sauf à faire un très long détour. Le but des Israé­liens est de décou­rager les Pales­ti­niens afin qu’ils quittent leur terre.

Mercredi 31 octobre

Cueillette des olives à Hébron, entre les deux colonies de Karsina et Kyriat Arba

Nous sommes revenus chez le même agri­culteur, nous devions rentrer der­rière le “mur-​​clôture” pour cueillir ses olives. Le pro­prié­taire avait l’autorisation de cueillir, mais l’armée israé­lienne était ’too busy’ pour venir nous ouvrir l’accès au champ.

Donc ils nous ont promis pour demain…

Nous avons continué la cueillette, près de la clôture, là où il subit les bri­mades des colons. Il faut savoir qu’il n’est pas rentré dans son champ depuis 3 ans. Tous les ans ce sont les colons qui font la cueillette à leur profit. Demain nous retournons…

Jeudi 1er novembre 2007

Nous n’avons pas pu entrer dans le champ en bordure de la colonie de Kharsina, l’armée israé­lienne ne se déplaçant pas pour nous ouvrir. Les équipes de la semaine pro­chaine auront la mission de faire le forcing.

Par contre, nous sommes allés dans le village de Beit Zacharia, un petit village au sud de Beth­lehem entouré de zones cultivées par les colons. Depuis 1967, ce village n’a le droit de rien faire : pas de construc­tions, pas de déve­lop­pement. La seule chose qu’ils aient pu construire, c’est une école, à condition que le toit ne soit pas en dur mais en tôle.

Dans ce village vivent 70 familles…

Nous avons planté une cin­quan­taine d’oliviers dans les champs où ils subissent les bri­mades habi­tuelles des colons, en espérant qu’ils ne soient pas déra­cinés dans la nuit… comme ceux que nous avions plantés l’année dernière.

Samedi 3 novembre 2007

Bonjour à tous,

Ce matin nous sommes partis près de la colonie de Ot’Niel. Nous étions dix-​​sept Français, cinq Espa­gnoles, un Grec, une Japo­naise plus les Pales­ti­niens accom­pa­gna­teurs et paysans.

carte cueillettes du <span class="numbers">3</span> novembre

Nous avons roule environ une heure et tra­versé la bourgade de Yatta où de nom­breux bédouins viennent faire leur marché car cette ville est moins chère que les villes israé­liennes du désert du Neguev.

Notre bus a pris des chemins de terre avant de nous laisser continuer à pied. Après un petit quart d’heure de marche nous arrivons près du champ d’oliviers. Déjà les colons nous ont repérés et appellent l’armée.

Jeep et mili­taires sont restés à nous sur­veiller. Nous avons ensuite tra­versé la route sous le regard agacé des colons armés qui ne pou­vaient inter­venir. Cer­tains jeunes colons sont venus parader dans le champ.

Les familles pales­ti­niennes étaient très contentes car depuis quatre ans elles n’avaient pu pénétrer dans ces champs-​​là. Aux der­nières mis­sions des années pré­cé­dentes l’armée avait empêché les cueilleurs d’y aller et avait une autre fois envoyé des gaz lacrymogènes.

La récolte a été très moyenne car les arbres n’ont pu être entre­tenus ces der­nières années. Demain nous y retournons, mais sur le versant sud de la colonie. Puis dans quelques jours nous revien­drons pour labourer sous les oli­viers ou nous étions aujourd’hui.

Nous avons ensuite déjeuné sur place avec les familles puis nous sommes rentrés un peu fatigués car il faisait chaud.

Hier, une partie du groupe est allée à Bil’in où, de plus en plus, il est dif­ficile d’approcher de la clôture car les mili­taires envoient les lacrymos, bombes assour­dis­santes et tirs à balles en caou­tchouc.… une autre partie est allée près de Beth­lehem pour mani­fester et cueillir près d’une colonie et d’autres au ras­sem­blement des femmes en noir à Jéru­salem.

A demain et si vous avez des pré­ci­sions a nous demander n’hésitez pas.

Catherine, Michele et Marie Paule