Contre le boycott israélien de la Conférence de Durban

UJFP, Communiqué de presse, samedi 29 novembre 2008

C’est officiel, l’Etat d’Israël appelle au boycott de la 4e confé­rence contre le racisme, la dis­cri­mi­nation raciale, la xéno­phobie et l’intolérance qui y est associée, qui aura lieu à Genève du 24 au 28 avril 2009.

Cette confé­rence doit être un moment de mise en commun et de ren­contres afin de faire le point sur le suivi de Durban-​​2001-​​ qui avait pré­conisé un certain nombre de recom­man­da­tions pour que les Etats luttent effec­ti­vement contre le racisme, la dis­cri­mi­nation raciale, la xéno­phobie et l’intolérance. Sept ans après, le rap­porteur spécial sur les formes contem­po­raines de racisme, de dis­cri­mi­nation raciale, de xéno­phobie et de l’intolérance qui y est associée – en poste depuis août dernier-​​ est dans l’obligation de constater que peu, très peu a été fait par les Etats en ce sens.

La ministre des Affaires étran­gères de l’Etat d’Israël a jus­tifié ce refus de par­ti­ci­pation par le fait que des « débats, lors du pro­cessus pré­pa­ra­toire, émanait, de la part des ONG, un fort sen­timent anti israélien visant à délé­gi­timer l’Etat », ainsi que cela avait été le cas lors de la confé­rence tenue à Durban en 2001 et qu’en défi­nitive « ce n’était en rien une confé­rence contre le racisme ». La ministre appelle la com­mu­nauté inter­na­tionale à faire de même.

L’UJFP appelle toutes les orga­ni­sa­tions démo­cra­tiques, tous les citoyens, à inter­venir auprès des auto­rités gou­ver­ne­men­tales et de la Pré­si­dence de la Répu­blique pour demander à la France de tout faire pour exiger le maintien de cette confé­rence et y par­ti­ciper pleinement.

En effet, l’imposition du modèle socio-​​économique néo-​​libéral entraîne une vio­lence struc­tu­relle : guerres d’agression contre les peuples, des­truction de la pro­tection des droits humains, bana­li­sation des racismes dans les pays déve­loppés sous de nou­velles formes telles que les poli­tiques répres­sives envers les migrants, l’institutionnalisation de la xéno­phobie d’Etat… et son cortège de lois liber­ti­cides avec en réaction le retour du repli iden­ti­taire ou religieux.

Devant de tels dégâts, et de telles menaces, et sans s’illusionner sur les effets immé­diats d’une telle confé­rence, l’UJFP assure que la tenue de cette 4ème confé­rence est essen­tielle en tant que signal affirmant que les dominés com­mencent à recon­quérir leurs droits, à faire pré­valoir d’autres valeurs telles la soli­darité entre les peuples, la coopé­ration, le partage des richesses, le droit au développement.

L’UJFP demande que l’Etat d’Israël assume ses res­pon­sa­bi­lités et réponde, face à la com­mu­nauté inter­na­tionale, des nom­breuses dis­po­si­tions racistes prises à l’égard des citoyens arabes israé­liens et des crimes de guerre dont est victime le peuple pales­tinien depuis 60 ans.