Contraindre tout nouveau gou­ver­nement israélien, quel qu’il soit, à se conformer au droit international

dimanche 15 février 2009

Les élec­tions israé­liennes qui viennent de se dérouler sous l’empire des événe­ments tra­giques de Gaza marquent un incon­tes­table succès des partis de droite et d’ultra-droite tous hos­tiles à toute négo­ciation de paix avec les auto­rités pales­ti­niennes quand ils ne demandent pas, purement et sim­plement, une sorte de « solution finale » pour « régler » le pro­blème qui dure depuis 60 ans en raison de la lâcheté de la « com­mu­nauté internationale ».

Cette situation est très sérieuse et par­ti­cu­liè­rement grosse de dangers consi­dé­rables pour la région et plus géné­ra­lement. On peut tou­jours, ainsi que le fait le ministre français des Affaires étran­gères, estimer qu’un gou­ver­nement conduit par Tzipi Livni, du parti Kadima, pourrait être mis en place. Cela ne chan­gerait stric­tement rien à la redou­table question posée aujourd’hui. D’une part, Tzipi Livni, durant la cam­pagne, n’a pris aucun enga­gement allant dans un sens positif tandis que son passé récent de ministre des Affaires étran­gères du gou­ver­nement Olmert n’a pas été marqué de quelque avancée signi­fi­cative que ce soit dans les négo­cia­tions qu’elle avait en charge avec les Pales­ti­niens. Et, d’autre part, pour gou­verner aujourd’hui et dis­poser d’une majorité à la Knesset, elle devrait néces­sai­rement s’appuyer sur ces mêmes partis de droite hos­tiles à toute dis­cussion visant à la création d’un Etat pales­tinien sur la base du droit inter­na­tional pertinent.

Que ce soit Ben­jamin Neta­nyahou qui prenne les rênes du pouvoir, soit en s’appuyant uni­quement sur les partis de droite ultra qui lui assu­re­raient une majorité ou bien qu’il envisage un gou­ver­nement « d’union nationale » inté­grant le parti Kadima de Tzipi Livni, ne chan­gerait rien non plus à la situation. C’est tou­jours la force des cou­rants hos­tiles à tout pro­cessus de paix et de pour­suite de l’occupation qui mar­querait la poli­tique israélienne.

Dans ces condi­tions, plutôt que de spé­culer sur tel ou tel assem­blage, il n’est qu’une voie pos­sible pour la « com­mu­nauté inter­na­tionale » et pour l’Union euro­péenne en par­ti­culier. Il s’agit d’agir pour contraindre tout nouveau gou­ver­nement israélien, quel qu’il soit, à se conformer au droit inter­na­tional et de mener acti­vement des négo­cia­tions visant non pas à la négation mais à l’existence d’un Etat pales­tinien dans les fron­tières de 1967 avec Jérusalem-​​Est comme capitale, la question des réfugiés étant partie liée de la solution globale.

Ce qui a été demandé au Hamas en son temps doit être aujourd’hui demandé for­tement aux diri­geants israé­liens pour la for­mation du pro­chain gou­ver­nement sous peine de voir les rela­tions de ce dernier réduites au minimum et de s’isoler tota­lement au plan inter­na­tional. Les membres du Quar­tette ne sont pas sans moyens pour aller dans ce sens qui constitue une exi­gence majeure. Ils doivent faire savoir sans plus attendre leur réso­lution déter­minée à ne cau­tionner aucun gou­ver­nement israélien qui récu­serait les prin­cipaux para­mètres sur la question israélo-​​palestinienne découlant du droit inter­na­tional. Si tel n’était pas le cas ce serait une très sombre période débou­chant sur le chaos qui s’emparerait de cette région.

Chacun est aujourd’hui devant ses responsabilités.