Conférence de paix ou conférence de guerre ?

Bernard Ravenel, dimanche 14 octobre 2007

Les Etats-​​Unis ont fixé l’objectif réel de cette ren­contre : constituer un système diplo­ma­tique d’alliances entre Israël et les Etats "modérés" arabes - les alliés sun­nites - et l’Autorité nationale pales­ti­nienne (ANP) face à l’Axe du Mal repré­senté par l’Iran, la Syrie, le Hez­bollah et le Hamas.

L’annonce le 16 juillet par le pré­sident George .W. Bush d’une « Confé­rence inter­na­tionale pour relancer le pro­cessus de paix israélo-​​arabe » [1] et l’arrivée de Tony Blair au Moyen-​​Orient comme « émis­saire de paix » du quar­tette ont créé l’image d’une ini­tiative de paix qui pourrait changer la situation explosive dans la région. Une énorme cou­verture média­tique inter­na­tionale et une pro­fusion de ren­contres diplo­ma­tiques veulent accré­diter cette pers­pective aux yeux d’une opinion publique inter­na­tionale inquiète de la situation.

En réalité se profile un pro­cessus qui pourrait être le pro­logue, non pas de la paix mais d’une aggra­vation des ten­sions qui affligent la région. En clair, non pas un pro­cessus de paix, mais un pro­cessus de guerre…

Au Moyen-​​Orient plus qu’ailleurs, les mots comptent. Le mot « confé­rence » en par­ti­culier. Ce mot, surtout s’il est suivi de l’adjectif « inter­na­tionale », suggère une grande ren­contre inter­na­tionale sous l’égide de l’ONU, impli­quant par consé­quent toute la com­mu­nauté inter­na­tionale (celle des Etats) et posant la question du respect du droit pour rétablir la sécurité col­lective menacée. En revanche, le mot « réunion » suppose une ren­contre limitée, de pré­fé­rence entre amis, sur invi­tation sélective établie par un Etat (ou plu­sieurs) comme puis­sance invi­tante. C’est le cas du G8, par exemple.

Conférence ou réunion ?

Alors que la presse parle à tous vents de « confé­rence inter­na­tionale », d’un "nouveau climat de confiance qui s’instaurerait entre négo­cia­teurs israé­liens et pales­ti­niens" [2], une lecture attentive des décla­ra­tions amé­ri­caines et israé­liennes sur ce point ont vite fixé les termes uti­lisés et, par consé­quent, le contenu attendu par la puis­sance invi­tante, les Etats-​​Unis.

Pour carac­té­riser son ini­tiative, George W. Bush, a utilisé le mot « réunion », et les auto­rités israé­liennes se sont empressées de pré­ciser qu’il s’agit bien d’une « réunion » qui sera pré­sidée par Condo­leezza Rice. Deux jours après, le Quar­tette salue « l’appel du pré­sident George W. Bush » à une « réunion inter­na­tionale sur le Proche-​​Orient » après que la Maison blanche, pro­ba­blement sur pression israé­lienne, a assuré la veille qu’il ne s’agit pas d’une « grande confé­rence de paix » mais d’une réunion pour « essayer de trouver les moyens de construire des ins­ti­tu­tions fon­da­men­tales et essen­tielles pour les Pales­ti­niens qui vont leur per­mettre de s’administrer eux-​​mêmes et d’avoir une démo­cratie » [3] .

Par ces pré­ci­sions séman­tiques et par la nomi­nation de Tony Blair comme envoyé spécial du Quar­tette, mais sans mandat plus large que celui de ses pré­dé­ces­seurs [4] , mais aussi par la nature des invités prévus - et des non invités (par exemple la Syrie…) - Pendant ce temps, les médias conti­nuent de faire la pro­motion de cette "confé­rence" censée relancer le "pro­cessus de paix"…

Une diplomatie militarisée

Une semaine après l’annonce de l’initiative amé­ri­caine, les « efforts de paix » des Etats-​​Unis s’intensifient. Ceux-​​ci décident d’approvisionner l’Arabie Saoudite et ses cinq voisins sun­nites du Golfe (Qatar, Bahrein, Koweit, Oman, Emirats arabes unis - EAU) avec un arsenal d’armes de 20 mil­liards de dollars. Et, pour rétablir l’équilibre avec les amis arabes, ils donnent 13 mil­liards de dollars à l’Egypte dans les dix pro­chaines années. De son côté, pour la même période, Israël « affrontera la menace » avec un paquet de 30 mil­liards de dollars d’armements les plus sophistiqués.

Si on ne peut affirmer que cet « effort » conso­lidera auto­ma­ti­quement la paix, on peut être sûr au moins qu’il conso­lidera dura­blement les indus­tries amé­ri­caines d’armement. Selon Condo­leezza Rice, « l’objectif est d’aider les forces de modé­ration et de sou­tenir une stra­tégie plus globale visant à contrôler les influences néga­tives d’Al Qaïda, du Herz­bollah, de la Syrie et de l’Iran » [5] . On le voit, l’exportation de la démo­cratie au Moyen-​​Orient n’est plus à l’ordre du jour. Dans l’immédiat, l’enjeu est d’amener l’Arabie saoudite à par­ti­ciper à la ren­contre de novembre.

Le projet israélo-​​américain pour la Palestine

Après avoir annoncé ses mil­liards de dollars pour les pays arabes amis, Condo­leezza Rice n’a pas oublié d’apporter un cadeau au Pré­sident Mahmoud Abbas et au gou­ver­nement ad interim de Salam Fayyad. A l’issue d’entretiens à Ramallah, la secré­taire d’Etat amé­ri­caine a signé un accord par lequel Washington s’engage à affecter 86 mil­lions de dollars « pour per­mettre à l’ANP de réformer ses propres ser­vices de sécurité » [6] - en clair, à garantir la sécurité d’Israël et accroître les ten­sions internes palestiniennes.

Mais cet acquis, qui n’aidera pas à amé­liorer le fonc­tion­nement de l’administration pales­ti­nienne, ce qui est pourtant l’objectif officiel de la « réunion inter­na­tionale », a eu sa contre­partie : la prise en consi­dé­ration de « l’accord sur les prin­cipes » pour la création de l’Etat pales­tinien proposé par Ehud Olmert en réponse au plan de paix de la Ligue arabe. En effet, dès le 25 juillet, Ehud Olmert avait montré sa volonté de prendre le contre-​​pied de l’initiative de la Ligue arabe. D’un ton péremp­toire, le Premier ministre israélien précise que « si les autres Etats, comme l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, veulent donner leur aide, ils sont les bien­venus. Mais nous ne res­terons pas sans agir. Nous sommes les guides qui prennent l’initiative parce que nous croyons que le pro­cessus de paix sert les intérêts d’Israël. » [7]

En fait, nous sommes, sous une forme légè­rement modifiée, face à l’idée israélo-​​américaine bien connue, d’un Etat pales­tinien, sans sou­ve­raineté réelle et aux fron­tières pro­vi­soires, qui devrait voir le jour dans les prin­cipaux dis­tricts admi­nis­tratifs de la Cis­jor­danie - déjà trans­formés par l’occupation en ban­toustans en attendant que des négo­cia­tions futures défi­nissent le « statut per­manent » de ces ter­ri­toires. Ehud Olmert veut une approche gra­duelle : dans une pre­mière phase, celle de « l’accord sur les prin­cipes » (qui rap­pelle la « décla­ration des prin­cipes » de 1993), devraient être abordées les ques­tions les plus simples - exemple, les rap­ports écono­miques entre Israël et le futur Etat de Palestine [8] ou la libé­ration d’un certain nombre de pri­son­niers poli­tiques. Les ques­tions les plus com­plexes - Jéru­salem, droit au retour des réfugiés pales­ti­niens, fron­tières per­ma­nentes, uti­li­sation des res­sources natu­relles (eau,…) - devraient attendre la phase finale de la négociation.

Une fois acquis l’accord sur les prin­cipes, ce modèle serait soumis par Mahmoud Abbas à l’évaluation des Pales­ti­niens à travers des élec­tions poli­tiques. Ehud Olmert de son côté s’adresserait à la Knesset pour demander un vote favorable.

Ce projet d’Ehud Olmert reprend le mythe d’une res­ti­tution de 90% de la Cis­jor­danie, déjà évoqué en 2000 à Camp David par Ehud Barak. Selon des « indis­cré­tions » de la presse israé­lienne, Ehud Olmert accep­terait la consti­tution d’un Etat pales­tinien sur 90% de la Cis­jor­danie et de la bande de Gaza qui seraient reliées entre elles par un long tunnel pour assurer la conti­nuité ter­ri­to­riale. Ces 90%, s’ils étaient déjà une illusion en 2000, le sont encore plus aujourd’hui. Depuis 2002, le Mur a annexé de fait à Israël environ 10% de la Cis­jor­danie et il faut ajouter à cela qu’Ehud Olmert ne renoncera ni au Grand Jéru­salem (qui s’étendra sur 4 à 5% de la Cis­jor­danie) ni à l’absorption de la plus grande partie des colonies, ni au contrôle d’une partie de la vallée du Jourdain et des grandes artères rou­tières réservées aux colons, ni à la super­vision des pas­sages aux fron­tières. In fine, les 90% de l’accord sur les prin­cipes deviennent les 50-​​60% de la Cis­jor­danie pour des raisons dites « de sécurité » : un ter­ri­toire en lam­beaux sur lequel le quar­tette entend hisser sous les applau­dis­se­ments de la presse inter­na­tionale réunie à cet effet le drapeau de l’Etat de Palestine.

Quant à la demande des Pales­ti­niens de pro­clamer leur capitale à Jérusalem-​​Est, elle pourrait être « résolue » en attri­buant à l’ANP quelques quar­tiers arabes péri­phé­riques et en laissant à Israël le contrôle des zones les plus impor­tantes, comme la Vieille Ville et ses Lieux saints, y compris l’Esplanade des Mos­quées [9].

Voilà comment, avec ce plan israélo-​​américain d’un Etat pales­tinien sans sou­ve­raineté, Israël cherche à gagner du temps. Pour sa part, Mahmoud Abbas a demandé que l’accord-cadre proposé se rap­proche autant que pos­sible d’un véri­table plan de paix. « L’important est que nous débou­chions sur un résultat et que nous sachions quel sera l’aboutissement final », a-​​t-​​il déclaré. « En ce qui concerne les phases d’application, nous pourrons en dis­cuter plus tard. » [10] En clair, l’ANP ne veut pas rééditer Oslo avec une période inter­mé­diaire avant de fixer le statut final des ter­ri­toires occupés. Or Olmert veut exac­tement l’inverse.

Le vrai plan d’Ehud Olmert se révèle dans les actes et se limite à la libé­ration de 250 Pales­ti­niens (sur 11000, dont plu­sieurs ministres et de nom­breux élus) et à la livraison d’armes aux forces loyales à Mahmoud Abbas. Son « plan de paix » se résume à ren­forcer mili­tai­rement Mahmoud Abbas dans sa lutte contre la « terreur ». Mais à une condition : ne pas parler avec le Hamas

Une conférence de guerre

Tout le monde sait, y compris Etats-​​Unis et Israël, que la formule ter­ri­to­riale pro­posée pour la Palestine par cette réunion, s’appuyant sur la division de la Palestine et sur l’isolement du Hamas, ne peut que mener au désastre et générer une autre guerre. Quand les Etats-​​Unis et Israël, ou le Quar­tette - qui a d’ailleurs été créée pour enlever tout rôle à l’ONU - pré­tendent enclencher un pro­cessus de paix sans chercher l’unité pales­ti­nienne, sans inclure le Hamas, ils fabriquent sciemment la recette, non seulement pour per­pétuer le conflit, mais pour le trans­former en guerre per­ma­nente doublée d’une guerre civile.

Le pro­blème n’est pas, comme Israël et ses amis le pré­tendent dans les médias, de ren­forcer Mahmoud Abbas, il est d’accentuer son iso­lement poli­tique pour le décré­di­bi­liser davantage aux yeux de la société pales­ti­nienne. Israël n’envisage en aucune manière de négocier sérieu­sement et estime au contraire que les cir­cons­tances actuelles en Palestine créent une oppor­tunité excep­tion­nelle qu’il faut savoir saisir pour tenter de liquider « défi­ni­ti­vement » le mou­vement national pales­tinien. Et cela com­mence par la liqui­dation, directe ou indi­recte, du par­te­naire le plus « crédible ».

L’objectif réel de cette réunion se cla­rifie si on la re-​​situe dans la stra­tégie générale américaine.

La stratégie américaine et sa dimension nucléaire

Les échecs suc­cessifs de l’administration Bush, dans sa ten­tative de construire le Grand Moyen-​​Orient, en Afgha­nistan, en Irak et indi­rec­tement au Sud-​​Liban, ainsi qu’aux Etats-​​Unis même avec le chan­gement de majorité aux deux chambres, l’ont amenée à tenter de recon­quérir sa cré­di­bilité stra­té­gique par d’autres formes de guerre. D’où un réexamen des prio­rités amé­ri­caines sur le plan régional, mais aussi sur le plan global dans la mesure où le Moyen-​​Orient est considéré comme une zone de crise globale. L’émergence de la question ira­nienne a contraint les Etats-​​Unis à modifier leur tac­tique, sinon leur stratégie.

Pour la fonder, une nou­velle approche a été mise en place qui oppose un « Axe de modé­ration » à un « Axe du Mal ». L’axe de modé­ration est essen­tiel­lement composé d’Israël (sic), des pays à majorité sunnite et de l’ANP. L’axe du Mal est repré­senté par l’Iran, la Syrie, le Hez­bollah et le Hamas. A partir de cette grille de lecture, s’est définie une nou­velle stra­tégie d’alliances à deux faces : diplo­ma­tique d’abord avec la consti­tution d’un "quar­tette arabe" (Arabie Saoudite, Egypte, EAU), qui doit s’opposer à l’Iran ; mili­taire ensuite avec une accé­lé­ration de la course aux arme­ments, à la fois contre l’Iran, mais aussi contre ceux qui seraient sus­cep­tibles de sou­tenir l’Iran, à savoir la Russie (ins­tal­lation d’un bou­clier anti-​​missiles en Pologne et d’un système radar en Répu­blique tchèque).

Une mention spé­ciale doit être faite à propos de l’accord de coopé­ration nucléaire qui vient d’être signé, le 3 août, entre les Etats-​​Unis et l’Inde, pays non signa­taire du TNP. Cet accord, qui tor­pille de fait la pro­chaine confé­rence de révision du TNP de 2010, et qui s’accompagne pour l’Inde d’achat d’armes pour dix mil­liards de dollars pendant dix ans, va per­mettre un déve­lop­pement consi­dé­rable de l’arsenal nucléaire indien. Il n’a qu’une seule et contrai­gnante logique : une alliance nucléaire stra­té­gique contre la Chine et l’Iran (avec l’inconnue du Pakistan). Cette alliance s’insère plus lar­gement dans une archi­tecture asia­tique dominée par les Etats-​​Unis avec l’Inde, le Japon et Israël.

En liquidant ainsi le TNP, les Etats-​​Unis légi­timent tou­jours davantage les armes nucléaires, y compris celles fabri­quées par un pays non-​​adhérent au TNP et des­sinent un nouveau contexte stra­té­gique. On invente dans le cas de l’Irak, on ins­tru­men­talise dans le cas de l’Iran, une menace nucléaire, pour jus­tifier les projets de four­niture de tech­no­logie nucléaire à l’Inde, mais aussi à l’Arabie saoudite, à l’Egypte, ou de sys­tèmes de défense anti-​​missiles et d’armes spa­tiales. On trans­forme ainsi un « Grand Moyen Orient » en Far-​​West nucléaire. Du même coup, la lutte contre la pro­li­fé­ration nucléaire change de nature : les Etats-​​Unis ne pré­voient de la mener que si cette pro­li­fé­ration est le fait de leurs ennemis du moment pour les­quels ils pré­parent une contre-​​prolifération uti­lisant des armes conven­tion­nelles et nucléaires. Dans la foulée, George W. Bush vient de demander, face à la « menace ira­nienne », des finan­ce­ments sup­plé­men­taires pour une nou­velle tête nucléaire… En un mot, si le pétrole est le mobile des guerre au Moyen-​​Orient, le nucléaire en est tou­jours plus le moteur.

Dans le cadre de cette stra­tégie de confron­tation visant l’Iran, les Etats-​​Unis, tirant les leçons de l’Irak, veulent d’abord neu­tra­liser les alliés de la répu­blique isla­mique que sont à leurs yeux la Syrie, le Hez­bollah et le Hamas. Ce qui détermine l’approche amé­ri­caine de l’enjeu pales­tinien. Mais ce qui détermine aussi l’importance d’une négo­ciation secrète entre Syrie et Israël pour tenter un com­promis entre ces deux pays qui per­met­trait de casser l’alliance avec l’Iran et d’isoler le Hez­bollah et le Hamas. [11]

Ainsi pour les Etats-​​Unis, la priorité n’est pas la Palestine mais l’Iran, et pour cela il faut ras­surer leurs amis arabes en faisant sem­blant d’amorcer un pro­cessus de règlement du pro­blème pales­tinien pour mieux souder le bloc anti-​​iranien.

La mobilisation internationale contre cette politique

De toute cette logique folle, même la majorité des Etats arabes poussés par leurs opi­nions publiques est de plus en plus consciente et se pro­nonce de fait pour un dia­logue avec le Hamas.

En Europe, la prise de conscience que cette réunion n’a aucune chance de faire pro­gresser la paix mais plutôt qu’elle risque de mettre le feu aux poudres semble se pré­ciser. Elle s’est affirmée au Par­lement européen. Elle a connu aussi une nou­velle étape avec la prise de position des dix ministres des Affaires étran­gères des dix pays médi­ter­ra­néens de l’Union euro­péenne (lettre à Tony Blair). Cette brèche s’est élargie avec la récente prise de position de Romano Prodi confirmant les propos de son ministre des Affaires étran­gères, Massimo d’Alema, prônant un dia­logue avec le Hamas.

Mais c’est surtout la prise de position, le 13 août, de la com­mission des Affaires étran­gères de la Chambre des Com­munes du Royaume Uni qui constitue l’événement. En effet, ce document cri­tique una­ni­mement le boycott du Hamas comme contre-​​productif et exhorte Tony Blair à s’activer per­son­nel­lement pour le dia­logue entre le Hamas et le Fatah dans le but d’encourager un nouveau gou­ver­nement d’union nationale.

Plus encore, le document cri­tique la feuille de route imposée par les Etats-​​Unis et s’ajustant trop sur les exi­gences d’une seule partie, Israël… Venant du pays de Tony Blair, l’allié le plus étroit des Etats-​​Unis, c’est une révo­lution. [12]

Il faudra bien que la France offi­cielle se pro­nonce elle aussi contre cette réunion convoquée par George W. Bush et qu’elle défende clai­rement la nécessité d’une confé­rence globale sous l’égide de l’ONU, seule sus­cep­tible d’enclencher un vrai pro­cessus de paix fondé sur le droit inter­na­tional. Tel doit être l’objectif immédiat du mou­vement de soli­darité. Guerre ou droit, rarement cette vérité n’est apparue aussi dra­ma­ti­quement évidente.