Communiqué de Presse

l’Union Locale CGT de Nancy, mardi 26 septembre 2006

L’Union Locale CGT et les cama­rades de la CONNEX-​​Nancy ont reçu une délé­gation du col­lectif d’associations constitué contre ce qu’elles appellent « le tramway de l’apartheid » ou « le tramway de la honte ».

UNION LOCALE C.G.T des syndicats de Nancy et ses environs

Nancy, le 27 juin 2006.

Ce col­lectif est mené par l’Association France Palestine Soli­darité (AFPS) et com­prend notamment le Comité catho­lique contre la faim et pour le déve­lop­pement (CCFD) et l’Union juive fran­çaise pour la paix (UJFP). Les repré­sen­tants de ces asso­cia­tions par­ti­ci­paient à ladite délé­gation. Un membre est, par ailleurs, signa­taire de l’appel « Pour une autre voix juive » publié dans le journal Le Monde en 2003 puis en 2004.

Il nous a été expliqué qu’un accord sur un projet de tramway a été signé le 17 juillet 2005 entre le gou­ver­nement israélien et les entre­prises ALSTOM et CONNEX. Cet accord vise la réa­li­sation et l’exploitation à Jéru­salem d’une ligne de tramway dont le tracé a été dessiné dans le but de ren­forcer les liens existant entre Jérusalem-​​Ouest et les colonies israé­liennes établies dans et autour de la ville. Il se trouve que les colonies faisant l’objet de cette nou­velle des­serte sont construites sans recon­nais­sance inter­na­tionale sur des ter­ri­toires appar­tenant à la com­mu­nauté pales­ti­nienne et en vio­lation de toutes les conven­tions inter­na­tio­nales. Il se trouve que cette des­serte, construite illé­ga­lement sur les terres des Pales­ti­niens, ne leur sera même pas acces­sible, intro­duisant de cette façon une ségré­gation inac­cep­table sur le plan humain.

Par ailleurs, en apportant un nouveau service moderne et de qualité à ces colonies, les sociétés fran­çaises impli­quées confortent l’Etat d’Israël dans sa poli­tique d’occupation illégale et banalise la spo­liation au quo­tidien dont les Pales­ti­niens sont vic­times chez eux depuis des décennies par l’implantation des colonies pourtant dénoncées par toutes les ins­tances inter­na­tio­nales et par la France elle-​​même. Ces quelques phrases et les qua­li­fi­catifs qu’elles contiennent ne sont nul­lement des juge­ments de valeur, mais la simple des­cription, en toute neu­tralité, d’une situation décrite par tous et surtout par les inté­ressés des deux camps eux-​​mêmes. D’ailleurs, il n’entre pas dans les com­pé­tences d’un syn­dicat comme le nôtre de par­ti­ciper à un débat de nature poli­tique, et nous lais­serons aux diri­geants des sociétés fran­çaises signa­taires de ces marchés la res­pon­sa­bilité de leurs actes et le soin de dis­cuter avec leur conscience de la légi­timité de leur conduite. Mais nous ne serions pas dignes de la confiance de nos man­dants si nous ne rele­vions pas que l’attitude irres­pon­sable de ces diri­geants met en cause la sécurité des salariés de la CONNEX et d’ALSTOM. Sécurité écono­mique d’une part, parce que signer ces marchés, revient à choisir son camp et, en l’occurrence, à se rendre quelque part com­plice de l’illégalité de l’ensemble de la démarche de l’Etat Israël sur cette question par­ti­cu­lière. Sans doute, s’agit-il d’abord d’un marché et la situation de notre économie n’est pas à ce point brillante que nous puis­sions nous payer le luxe d’en refuser. Mais s’arrêter à ce rai­son­nement est à courte vue et fait l’impasse sur le risque important de voir les Etats musulmans de la planète rejeter sys­té­ma­ti­quement les offres de nos entre­prises par repré­sailles à cette conduite illé­gitime. On appelle ça un boycott et gagner d’un côté peut nous faire perdre beaucoup plus d’un autre côté. Sécurité phy­sique, surtout car, il n’y a pas si long­temps, nous avons vu le monde musulman s’enflammer pour la publi­cation d’images pro­vo­ca­trices portant atteinte aux croyances reli­gieuses avec des morts à la clef. Il y a fort à craindre que des pro­vo­ca­teurs mal­in­ten­tionnés ne sai­sissent cette oppor­tunité de dénoncer les entre­prises fran­çaises impli­quées et ne mettent au pilori leurs salariés expa­triés en les dési­gnant à la vin­dicte popu­laire avec les consé­quences que l’on peut faci­lement ima­giner. Ce ne serait pas une première !

Sur un plan plus moral, la CGT ne saurait en aucune manière cau­tionner l’attitude des diri­geants de la CONNEX et d’ALSTOM qui aboutit à accepter des marchés « sans éthique » et à faire de leurs salariés, sans leur demander leur avis, les com­plices de cette infamie. La sagesse popu­laire prétend que l’argent n’a pas d’odeur, mais il y a des limites.

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