Carter : Les USA sont les seuls à pouvoir faire avancer la paix au Proche-​​Orient

Rania Massoud, mardi 16 décembre 2008

L’ancien pré­sident des États-​​Unis, Jimmy Carter, espère que Barack Obama se chargera du pro­cessus de paix israélo-​​arabe dès le début de son mandat [1].

Trente ans sont passés depuis la signature des accords de paix israélo-​​égyptiens de Camp David, dont Jimmy Carter était le prin­cipal ins­ti­gateur. Depuis, le pro­cessus de paix au Proche-​​Orient n’a que très peu avancé. Le 39e pré­sident des États-​​Unis, au dernier jour de sa visite au Liban, est revenu sur ce dossier « crucial » dans une confé­rence inti­tulée « 30 years after Camp David : A memo to the Arab World, Israel and the Quartet » à l’invitation de l’Institut Issam Farès et de l’Université amé­ri­caine à Bey­routh (AUB).

« Lorsque j’ai pris mes fonc­tions à la Maison-​​Blanche en 1977, la situation au Moyen-​​Orient était très instable, relate Jimmy Carter. La région avait connu quatre guerres depuis 1948 (la création de l’État hébreu). » Le prix Nobel de la paix rap­pelle qu’il avait entrepris dès le premier mois de son mandat des contacts avec les dif­fé­rents diri­geants arabes et israé­liens afin de faire avancer le pro­cessus de paix. « La tâche n’était pas facile », avoue-​​t-​​il.

En effet, du côté arabe, la Syrie et la Jor­danie n’étaient pas prêtes pour des négo­cia­tions avec l’État hébreu, et Menahem Begin, un sio­niste convaincu, venait d’être élu Premier ministre d’Israël. « J’étais très affligé par cette élection, connaissant le passé militant de Begin, affirme M. Carter. Mais l’accord de paix israélo-​​égyptien (signé par Begin et Anwar es-​​Sadate) a pu voir le jour, au terme de négo­cia­tions très ardues. » « Je suis convaincu, même aujourd’hui, que le pré­sident des États-​​Unis peut consi­dé­ra­blement influencer les diri­geants israé­liens », assure M. Carter, tout en affirmant que le seul moyen pour par­venir à la sta­bilité dans la région est à travers une paix globale et juste.

« La balle est dans le camp israélien », insiste-​​t-​​il, tout en rap­pelant que l’ONU, les États-​​Unis, le quar­tette, ainsi que la Ligue arabe demandent una­ni­mement de l’État hébreu le retrait des ter­ri­toires pales­ti­niens occupés, le pla­cement de Jéru­salem sous statut inter­na­tional et l’accord au droit de retour pour les réfugiés pales­ti­niens. « Depuis Camp David, les droits des Pales­ti­niens sont tou­jours bafoués et Israël continue d’ignorer les réso­lu­tions inter­na­tio­nales », poursuit l’ancien pré­sident, tout en dénonçant la construction par Israël du « mur » tout au long de sa fron­tière avec la Cis­jor­danie, le qua­li­fiant d’un « crime international ».

« Reste à savoir quelle sera la position du pré­sident élu Barack Obama », ajoute-​​t-​​il. Le prix Nobel de la paix affirme tou­tefois que M. Obama lui a assuré qu’il se chargera du dossier israélo-​​palestinien dès le début de son mandat et non pas à la fin, en faisant réfé­rence à George W. Bush qui a organisé la confé­rence d’Annapolis en 2007.

« Il faudra à Obama beaucoup de courage poli­tique, et je ne doute pas qu’il en a. Les Amé­ri­cains sont les seuls à pouvoir faire avancer la paix au Proche-​​Orient », a insisté M. Carter. « La paix est non seulement néces­saire pour la sta­bilité de la région, mais pour le monde entier », a-​​t-​​il enfin conclu.

[1] de même la Ligue arabe et le Premier ministre bri­tan­nique Brown : Selon l’Orient le Jour du 16 décembre Brown invite Obama à faire de la paix une priorité

Le Premier ministre bri­tan­nique, Gordon Brown, a apporté son soutien hier à un appel de la Ligue arabe au pré­sident élu amé­ricain, Barack Obama, pour que le pro­cessus de paix au Proche-​​​​Orient soit replacé en tête des prio­rités. Au cours d’une confé­rence de presse au 10, Downing Street, à l’issue d’une ren­contre avec le Premier ministre pales­tinien Salam Fayyad, M. Brown a également réitéré son appel à Israël pour un arrêt de la colo­ni­sation dans les ter­ri­toires pales­ti­niens, qu’il a qua­lifiée « d’obstacle » à la paix. « Le besoin d’agir est urgent », a sou­ligné M. Brown.