Bush à Assad : Le retrait du Golan passe par la rupture des liens avec Téhéran

L’Orient le Jour, dimanche 19 octobre 2008

M. Bush a fait cette pro­po­sition dans une lettre écrite pré­sentée à M. Assad der­niè­rement par l’intermédiaire du pré­sident pales­tinien Mahmoud Abbas lors de sa visite à Damas.

Le pré­sident amé­ricain George W. Bush a appa­remment offert à son homo­logue syrien Bachar el-​​Assad de faire pression sur Israël pour se retirer du plateau du Golan si Damas promet de couper ses liens avec Téhéran, a rap­porté le journal koweïtien al-​​Jarida hier.

Selon ces infor­ma­tions, M. Bush a fait cette pro­po­sition dans une lettre écrite pré­sentée à M. Assad der­niè­rement par l’intermédiaire du pré­sident pales­tinien Mahmoud Abbas lors de sa visite à Damas. Une source pales­ti­nienne proche de Abbas a indiqué au journal que les Amé­ri­cains ont pré­senté leur offre lors d’une réunion avec des res­pon­sables syriens la veille de la visite de pré­sident pales­tinien. Tou­jours selon le journal koweïtien, si Bachar el-​​Assad accepte l’offre amé­ri­caine, il devra appliquer sa part de l’accord dans les semaines à venir.

Le pré­sident amé­ricain espère la conclusion d’un tel accord avant la pro­chaine élection pré­si­den­tielle amé­ri­caine le 4 novembre, selon al-​​Jarida, afin d’enregistrer un progrès signi­fi­catif dans le pro­cessus de paix avant la fin de son mandat.

La source pales­ti­nienne a par ailleurs indiqué au journal koweïtien que Mahmoud Abbas et son entourage ne sont pas informés du contenu de la lettre du pré­sident amé­ricain. Ce document devait rester secret et loin des milieux diplo­ma­tiques. Selon al-​​Jarida, même l’envoyé amé­ricain à Damas n’est pas au courant des détails de l’offre de M. Bush. Cependant, la source pales­ti­nienne indique que le prin­cipal but de la der­nière visite du pré­sident pales­tinien en Syrie était de trans­mettre la lettre à son homo­logue syrien.

Lors de son séjour, M. Abbas n’a même pas ren­contré ni des res­pon­sables pales­ti­niens ni des diplo­mates arabes, alors que le but officiel affiché était la récon­ci­liation interpalestinienne.

Sur un autre plan, un haut res­pon­sable du Hamas a indiqué au journal israélien Haaretz que le mou­vement isla­miste pourrait pro­longer la trêve avec Israël à Gaza pour six mois.

La trêve actuelle, conclue en Égypte, devrait expirer en décembre. « Jusqu’à présent, Israël n’a pas tenu ses enga­ge­ments concernant le transfert de mar­chan­dises vers la bande de Gaza », a affirmé le res­pon­sable du Hamas.

« Nos dis­cus­sions avec l’Égypte portent essen­tiel­lement sur la récon­ci­liation avec le Fateh, mais il est pro­bable que la question du cessez-​​le-​​feu soit également évoquée. Si Israël res­pecte ses enga­ge­ments, le Hamas pro­longera la trêve », a-​​t-​​il ajouté.

D’autres sources à Gaza ont tou­tefois indiqué que le Hamas pro­longera la trêve, même si Israël ne rouvre pas les points de passage afin de conso­lider son emprise sur la bande de Gaza et continuer de riva­liser avec poli­ti­quement le Fateh de Mahmoud Abbas.