Boycott : la preuve par Brita

Afps, vendredi 26 février 2010

A la demande de l’administration doua­nière du port de Ham­bourg en conflit avec la firme Brita, associée à la société israé­lienne Soda Club, la Cour euro­péenne de justice (CEJ) a réaf­firmé, le 25 février 2010, que les avan­tages fiscaux découlant, pour les pro­duits israé­liens, de l’Accord d’association Union européenne-​​Israël ne s’appliquaient pas aux pro­duits des colonies venant de Cisjordanie.

Cette décision constitue une nou­velle défaite pour Israël, qui s’approprie frau­du­leu­sement la pro­duction des colonies israé­liennes en ter­ri­toire pales­tinien, afin de les exporter sans acquitter de droit de douane en Europe. C’est, à l’inverse, une nou­velle vic­toire pour la cam­pagne citoyenne et paci­fique Boycott-​​Désinvestissement-​​Sanction (BDS), appuyée main­tenant, entre autres, par les gou­ver­ne­ments irlandais et bri­tan­nique qui exigent l’étiquetage clair et précis des pro­duits des colonies.

Cette décision rap­pelle oppor­tu­nément que les colonies israé­liennes en ter­ri­toire occupé ne peuvent en aucune manière être consi­dérées comme faisant partie d’Israël.

Il faut veiller à ce que le gou­ver­nement français, jusque-​​là com­plice par son silence des manœuvres israé­liennes, mette sérieu­sement en œuvre et sans plus tarder l’arrêt de la CEJ. Il doit, en par­ti­culier, pour­suivre tous ceux – expor­ta­teurs israé­liens comme dis­tri­bu­teurs français – qui vendent frau­du­leu­sement aux consom­ma­teurs comme « made in Israël » des pro­duc­tions réa­lisées dans les colonies - toutes illé­gales -de Cis­jor­danie. Il doit aussi bloquer immé­dia­tement l’entrée de l’ensemble des pro­duits concernés, notamment ceux de la firme Agrexco qui ne doit s’installer à Sète.

Puisse cet arrêt inciter l’Union euro­péenne à aller plus loin, en sus­pendant son accord d’association avec Israël, en vertu de l’article 2 qui exige le respect des droits humains et des prin­cipes démo­cra­tiques. L’Association France Palestine Soli­darité (AFPS), considère que la décision de la CEJ doit encou­rager tous les mili­tants de la cam­pagne BDS à pour­suivre et amplifier celle-​​ci, en ciblant prio­ri­tai­rement les pro­duits des colonies israé­liennes, à com­mencer par la marque Brita/​Soda Club direc­tement visée par cet arrêt.

Paris, le 26 février 2010.