Bil’in en lutte contre l’occupation et le mur d’annexion

Imemc et Stopthewall, samedi 6 mai 2006

La résis­tance de Bil’in continue, avec des mani­fes­ta­tions de cen­taines de per­sonnes. Théâtre de rue, boycott des pro­duits israé­liens brûlés dans la rue, les actions sont mul­tiples, tou­jours originales.

Des cen­taines d’habitants du village de Bil’in et des dizaines de mili­tants inter­na­tionaux et israé­liens ont organisé leur mani­fes­tation heb­do­ma­daire le 5 mai contre le Mur d’annexion au village de Bil’in, près de Ramallah, en Cis­jor­danie et ont joué une pièce de théâtre de rue qui sym­bolise le siège et le Mur qui les isolent les uns des autres et de leurs vergers.

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Militant pacifiste, Bil’in

Abdullah Abu Rahma, coor­di­nateur du Comité popu­laire contre le Mur dans le village de Bil’in, a dit dans un entretien exclusif avec IMEMC que les mani­fes­tants avaient porté une repré­sen­tation en métal du siège, de 2 mètres de haut, et entourée de 2.5 mètres de barbelés [1]. Au centre de cette repré­sen­tation sym­bo­lique se tenait un Pales­tinien portant le drapeau de Palestine.

Quatre habi­tants por­taient cette cage sym­bo­lique, ils repré­sen­taient sym­bo­li­quement le Royaume Uni, les USA, Israël et l’ONU et leur décision de couper l’aide finan­cière à la Palestine.

“Nous res­terons ici, sur notre terre, en dépit du siège et de l’injustice”, a déclaré Abu Rahma, “Nous sommes empri­sonnés ici der­rière cet énorme mur de béton qui nous sépare de nos vergers”.

250 habi­tants et 50 mili­tants paci­fiques israé­liens et inter­na­tionaux ont pris part à la manifestation.

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Uri Avnery, de Gush Shalom, à Bil’in en 2005

Ils se sont dirigés vers le site de construction et ont été stoppés par des soldats qui étaient posi­tionnés der­rière une bar­rière métal­lique qui mène aux vergers isolés der­rière le Mur. Les soldats ont exigé par haut-​​parleurs que les mani­fes­tants quittent les lieux. Plus tard les soldats ont tiré des gre­nades lacry­mo­gènes et des balles en caou­tchouc [2] et plu­sieurs habi­tants leur ont jeté des bou­teilles pleines de crottes de mouton et de poulet.

Un jour­na­liste français -non identifié-​​ et sa col­lègue pales­ti­nienne Mizna Sha­habeen ont souffert d’avoir inhalé des gaz tirés par l’armée et un enfant de 5 ans, Talal Mustafa Khateeb, s’est blessé en tombant alors que, effrayé par les soldats, il s’enfuyait en courant.

Jeudi les soldats ont arrêté Awni Bornat et Issa Abu Rahma, 35 ans tous les deux, alors qu’ils essayaient d’atteindre la cabane que les habi­tants et les mili­tants paci­fistes ont construite der­rière le Mur. Auto­risée au départ par les auto­rités israé­liennes, la cabane est située à 500 mètres der­rière le Mur et 100 mètres d’un avant-​​poste, une colonie israé­lienne illégale.

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la "cabane" de Bil’in

Il y a deux jours les soldats ont com­mencé à uti­liser une caméra de sur­veillance ins­tallée sur un mirador qui sur­plombe les maisons et les vergers du village.

“Cette caméra nous sur­veille dans nos maisons, c’est une vio­lation de nos droits, ils peuvent prendre des photos de tous les gens qui viennent dans le village”, a ajouté Abu Rahma.

Saed Bannoura-​​IMEMC - vendredi 05 mai 2006.

La semaine der­nière les vil­la­geois de Bili’n ont brûlé les pro­duits de l’ Occu­pation afin de sou­tenir le boycott

Pendant leur mani­fes­tation heb­do­ma­daire le 21 avril les vil­la­geois de Bil’in ont brûlé les pro­duits de l’Occupation pour affirmer leur soutien au mou­vement de boycott inté­rieur. Jurant d’utiliser seulement des pro­duits locaux, les vil­la­geois ont montré comment les Pales­ti­niens peuvent briser la dépen­dance de l’ économie de l’occupant et réac­tiver les stra­tégies de la pre­mière Intifada dans la lutte de libération.

Les vil­la­geois ont affirmé que le boycott était une stra­tégie cru­ciale pour isoler l’état d’Apartheid qu’est Israël et pour briser la dépen­dance écono­mique des Pales­ti­niens.… Après avoir brûlé des pro­duits israé­liens les mani­fes­tants se sont rendus au site de construction du Mur, cassant plu­sieurs ser­rures sur l’un des prin­cipaux por­tails du Mur de prison.

Les mani­fes­tants ont voulu se rendre sur leurs terres et leurs vergers quui sont main­tenant inac­ces­sibles à cause du Mur et ils ont été attaqués par les forces d’occupation qui ont tiré des balles en caou­tchouc et des gre­nades lacry­mo­gènes. 9 vil­la­geois ont été blessés et 4 autres arrêtés, dans la cou­ra­geuse lutte de résis­tance contre le Mur d’Apartheid que Bil’in continue à mener. Parmi les blessés, Asharf Jamal, Akram AL Khateib, Mustafa Al Khateib et Abed allah Abu Rahma.

Le boycott des pro­duits israé­liens d’apartheid est réapparu dans les stra­tégies de la résis­tance nationale pales­ti­nienne. Des groupes d’étudiants et des groupes com­mu­nau­taires sont les pre­miers à refuser les pro­duits de l’occupation dans les magasins et res­tau­rants alors que les Pales­ti­niens réac­tivent les stra­tégies de la pre­mière Intifada, ren­forcent l’économie locale et coupent les liens avec l’occupation raciste.

Pales­tinian Grass­roots Anti-​​Apartheid Wall Cam­paign, 26 avril 2006

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La Palestine "pendue" par le Mur

[1] il s’agit en fait d’une espèce de cage en métal, signalant l’enfermement

[2] en réalité des balles en métal recouvert d’une pel­licule de caoutchouc.