Barak autorise un parti d’extrême droite à visiter Hébron

Nou​velobs​.com avec AFP, lundi 18 mai 2009

Le parti cen­triste Kadima (oppo­sition) dénonce "une grave pro­vo­cation qui risque de mettre le feu aux poudres". Hébron, en Cis­jor­danie occupée, est le centre de ten­sions permanentes.

Une délé­gation d’un parti d’extrême-droite a été auto­risée à se rendre lundi (18 mai) à Hébron en Cis­jor­danie occupée par le ministre israélien de la Défense Ehud Barak, a annoncé dimanche 17 mai, la radio mili­taire israé­lienne. Le ministre tra­vailliste a autorisé une délé­gation par­le­men­taire du parti ultra-​​nationaliste Ihud Leumi (Union nationale, 4 sièges sur 120) à se rendre sous pro­tection de l’armée à Hébron. Elle se rendra même dans le secteur autonome H1 sous contrôle de la police pales­ti­nienne mais où l’armée israé­lienne opère, selon cette source. Pour l’heure, le ministère de la Défense s’est refusé à tout commentaire.

Réactions

Incarnant l’aile la plus radicale des colons, le parti s’est félicité pour sa part d’avoir reçu le feu vert des auto­rités, selon un com­mu­niqué. En revanche, la Paix Main­tenant, un mou­vement anti-​​colonisation, a dénoncé l’autorisation donnée à cette visite. "Barak commet une erreur en cédant une fois de plus aux colons et en créant un grave pré­cédent", a déclaré à l’AFP, son porte parole Yariv Oppenheim. Le parti cen­triste Kadima (oppo­sition) a quant à lui dénoncé "une grave pro­vo­cation qui risque de mettre le feu aux poudres".

Hébron

L’agglomération de Hébron, qui compte 170.000 rési­dents, est le centre de ten­sions per­ma­nentes avec la pré­sence de quelque 600 colons ins­tallés au coeur de la ville tandis que 6.500 autres habitent Kyriat Arba, situé en péri­phérie. Aux termes d’un accord avec l’Autorité pales­ti­nienne, 80% de Hébron avait été évacué par Israël en 1997, mais en conservant le contrôle d’une enclave autour du Caveau des patriarches.