Ban Ki-moon dénonce le blocus de Gaza

L’Orient le Jour avec AFP, vendredi 1er juillet 2016

Le secrétaire général de l’Onu Ban Ki-moon a qualifié hier le blocus israélien de Gaza de « punition collective alimentant l’escalade » des violences, exhortant le Premier ministre israélien à prendre des « mesures courageuses » pour la paix avec les Palestiniens. M. Ban a estimé que ce blocus « étouffe les habitants, détruit l’économie et entrave la reconstruction » de la petite langue de terre côtière ravagée par trois offensives israéliennes depuis 2008. « C’est une punition collective dont les responsables devraient rendre des comptes », a-t-il poursuivi lors de sa quatrième et dernière visite à Gaza en tant que secrétaire général de l’Onu. « Aujourd’hui, 70 % des Gazaouis ont besoin d’une aide humanitaire. La moitié des jeunes Gazaouis n’ont pas ou peu de perspectives d’emploi ou d’horizon pour leurs espérances », a-t-il ajouté. « Cette situation ne peut pas perdurer, elle alimente la colère et le désespoir, elle augmente le danger d’une escalade des hostilités », a affirmé M. Ban, avant de repartir vers Jérusalem où il a rencontré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. « Je vous encourage à prendre les courageuses mesures nécessaires pour empêcher un état de fait qui serait celui d’un seul État ou du conflit perpétuel », lui a-t-il lancé alors que le processus de paix est dans l’impasse depuis des années. La visite de M. Ban à Gaza intervient au lendemain de l’annonce par Israël du maintien du blocus de cette enclave palestinienne. Lundi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait affirmé n’être « pas prêt à renégocier » le blocus terrestre, maritime et aérien imposé depuis 10 ans par Israël à la bande de Gaza, un « intérêt sécuritaire de haute importance » pour Israël. Selon la Banque mondiale et l’Onu, le blocus maritime, terrestre et aérien a virtuellement tué toute exportation de Gaza, mené l’économie de la petite enclave coincée entre Égypte, Israël et Méditerranée au bord du gouffre. Il prive également de mouvement la grande majorité des 1,9 million d’habitants. Mais pour Israël, ce blocus est nécessaire pour empêcher l’entrée de matériaux permettant aux groupes armés de produire leurs arsenaux artisanaux.

« Main tendue »

L’Onu défend la solution de deux États, israélien et palestinien, coexistant en paix et considère l’occupation des territoires palestiniens par Israël comme contraire au droit international. « Notre main restera toujours tendue pour la paix dans le cadre de la solution à deux États », a affirmé le président palestinien Mahmoud Abbas en soirée en recevant M. Ban auquel il a une nouvelle fois réclamé une « protection internationale » pour le peuple palestinien. Aux côtés de M. Netanyahu, le patron de l’Onu a par ailleurs condamné les récentes attaques commises par des Palestiniens qu’il a qualifiées de « terrorisme ». « Les attaques au couteau, à la voiture bélier et avec des armes à feu n’ont qu’un nom : terrorisme », a-t-il déclaré. M. Netanyahu a de son côté dénoncé « la partialité », selon lui, de l’Onu à l’égard de son pays et a plaidé pour que soit rendu à Israël ses quatre ressortissants qui seraient retenus à Gaza. Ban Ki-moon a rencontré la famille de trois d’entre eux. Il a également rencontré la famille de Mahmoud Badran, un adolescent palestinien que l’armée israélienne a récemment reconnu avoir abattu « par erreur ». Le sort de deux soldats qu’Israël a déclaré morts et de deux civils qui seraient retenus par le Hamas à Gaza a également été évoqué par la Turquie et Israël et le président turc Recep Tayyip Erdogan a proposé son aide dans ces négociations, avait indiqué lundi un responsable israélien sous le couvert de l’anonymat. Ankara, dont la brouille avec Israël est née d’un assaut israélien meurtrier sur un navire turc tentant de briser le blocus de Gaza, avait un temps affirmé conditionner la normalisation de ses relations avec Israël à la levée du blocus de Gaza. L’accord entre Israël et la Turquie comprendrait finalement la construction avec des fonds turcs d’une centrale électrique, d’une usine de dessalement et d’un hôpital à Gaza. (Source : AFP)