Au diner du CRIF, le Premier Ministre piétine le droit international

UJFP, samedi 6 février 2010

Communiqué du Bureau national de l’UJFP, 5 février 2010

L’UJFP avait décidé de ne plus com­menter les propos du Conseil, pré­ten­dument, Repré­sen­tatif des Ins­ti­tu­tions Juives de France. Notre asso­ciation n’avait pas voulu non plus donner plus de reten­tis­sement aux résultats des élec­tions au Conseil du CRIF – un ali­gnement sur les élec­tions en Israël qui conduit cet orga­nisme à appuyer désormais les pro­po­si­tions racistes d’épuration eth­nique du ministre Lie­bermann. Mais il est aujourd’hui impos­sible pour l’UJFP de ne pas réagir aux propos tenus par François Fillon lors du dernier dîner du CRIF.

En affirmant men­son­gè­rement l’existence d’un pré­tendu appel au « boycott des pro­duits cacher et israé­liens », dans la cam­pagne BDS (Boycott, Dés­in­ves­tis­se­ments, Sanc­tions), il pra­tique une gros­sière mani­pu­lation. En effet, il est de noto­riété publique que les juifs de France peuvent trouver partout dans leur magasins spé­cia­lisés, et dans les rayons cacher des com­merces non confes­sionnels, de nom­breux pro­duits, à la fois cacher et de pro­ve­nance variée, non israélienne.

D’autre part, s’il était vrai que, comme l’a dit le Premier Ministre, "la sécurité d’Israël est pour la France une priorité absolue", le gou­ver­nement français arrê­terait de laisser cet Etat pour­suivre sa fuite en avant cri­mi­nelle et sui­ci­daire. Il annon­cerait le soutien au rapport Gold­stone et deman­derait avec force que les cri­minels de guerre israé­liens soient tra­duits devant la Cour pénale inter­na­tionale. De plus, il exi­gerait la sus­pension de l’Accord d’Association entre Israël et l’Union Euro­péenne pour man­quement à la clause de respect des Droits Humains. Il empê­cherait, comme le font des juges, en Grande-​​Bretagne, les diri­geants civils et mili­taires israé­liens sus­pectés de crimes de guerre, de mettre le pied sur le sol de la République.

Mal­heu­reu­sement, pour le gou­ver­nement, la sécurité de l’Etat d’Israël passe par le droit à violer les normes impé­ra­tives du droit inter­na­tional et du droit huma­ni­taire inter­na­tional, favo­risant ainsi le droit à l’impunité. Le gou­ver­nement français en agissant ainsi ne favorise pas le droit à la paix et à la sécurité pour l’ensemble des peuples, petits ou grands, avec ou sans Etat.

Par ailleurs, le Premier Ministre choisit une réunion com­mu­nau­taire pour annoncer le soutien à de nou­velles sanc­tions contre l’Iran, qui envisage peut-​​être d’acquérir une tech­no­logie nucléaire dont l’Etat d’Israël dispose depuis long­temps grâce à l’aide de la France et des Etats-​​Unis.

L’UJFP, qui porte une voix juive que ne repré­sente pas le CRIF, affirme ses enga­ge­ments auprès du peuple pales­tinien qui doit voir son droit à l’autodétermination res­pecté, son droit à la justice uni­ver­selle assuré.

L’UJFP dénonce la colo­ni­sation illégale subie par l’ensemble des Pales­ti­niens depuis plus de 60 ans

L’UJFP renou­velle son

soutien total à la mani­fes­tation de Paris, samedi 6 février

parce que le blocus sur Gaza doit cesser, car l’urgence, c’est de sauver Gaza et les Gazaouis.