Appel palestinien au Boycott d’Israel

Interview de Nihad Biqa’i - Par Jamalat Abu Youssef, mardi 18 octobre 2005

Cet appel com­porte trois exi­gences fon­da­men­tales : le boycott d’Israël, le dés­in­ves­tis­sement d’Israël et l’imposition de sanc­tions à Israël.

Nihâd Biqâ’î est le coor­don­nateur de l’unité des recherches, des infor­ma­tions et du conten­tieux juri­dique de l’organisation Badîl, Centre pales­tinien des sources du droit de la citoyenneté et des réfugiés. [1]

Cet appel com­porte trois exi­gences fon­da­men­tales : le boycott d’Israël, le dés­in­ves­tis­sement d’Israël et l’imposition de sanc­tions à Israël.

Il s’imposait de faire entendre la voix de la société civile pales­ti­nienne à ce sujet, et de déve­lopper des stra­tégies adaptées qui soient à même, à leur tour, d’une part de répondre aux ini­tia­tives inter­na­tio­nales et qui soient au niveau du combat national des Pales­ti­niens en vue de la réa­li­sation de leurs droits légi­times, d’autre part.

Pouvez-​​vous nous pré­senter le contexte sous-​​jacent à l’appel au boycott d’Israël, lancé récemment, qui a été entériné par un certain nombre d’organisations, d’associations et d’institutions palestiniennes ?

Cet appel inter­vient après la longue impuis­sance de la société inter­na­tionale à exercer une pression sur Israël afin de le contraindre à mettre en appli­cation les prin­cipes du droit inter­na­tional. Durant ces der­nières années, la société civile, dans beaucoup de pays de par le monde, a connu des cam­pagnes de boycott d’Israël et d’imposition de sanc­tions à ce pays, ainsi que de retraits d’investissements effectués en Israël.

C’est ce qui a conduit à per­cevoir la nécessité de faire passer ces ini­tia­tives, qui pre­naient le plus souvent un caractère indi­viduel (car les méca­nismes col­lectifs étaient encore inexis­tants) à un stade supérieur.

Quelles mesures ont-​​elles été prises après la publication de cet appel ?

Afin de réa­liser des choses concrètes, nous avons besoin de beaucoup d’effort. L’appel com­porte à ce stade 171 signa­tures, recou­vrant des fédé­ra­tions, des réseaux, des syn­dicats, des ONG.

Au plan des mesures concrètes ulté­rieures, nous allons nous concentrer, au cours de ce mois, ou des deux mois à venir, sur la col­lecte de nou­velles signa­tures à l’appel, afin que le plus grand nombre pos­sible d’institutions civiles pales­ti­niennes le signe.

Nous avons suscité une réunion, au début du mois d’août dernier, afin de définir des stra­tégies de travail ulté­rieures, en vue de la pour­suite de l’action et j’indique à ce propos qu’il est indis­pen­sable d’instituer une ins­tance de coor­di­nation qui soit à même de mener la cam­pagne de boycott, de dés­in­ves­tis­sement et d’imposition de sanc­tions à Israël tant au plan pales­tinien qu’au plan international.

De même, une telle ins­tance de coor­di­nation aura à étudier plus avant les spé­ci­fi­ca­tions du boycott, le rôle des dif­fé­rents par­te­naires concernés et les réponses convain­cantes à apporter aux ques­tions qui ne man­queront pas d’être sou­levées. Partant, il nous faut nous adresser aussi bien à la rue pales­ti­nienne qu’aux popu­la­tions du monde.

Nous sommes conscients du rôle très important que peut jouer la société civile pales­ti­nienne sur le plan inter­na­tional en ce qui concerne cette question, d’autant plus que cette action ne pourra qu’ajouter beaucoup de légi­timité à la lutte inter­na­tio­na­liste pour la Palestine, et afin que la société civile pales­ti­nienne ne reste pas can­tonnée à l’écart de l’action et de l’influence inter­na­tio­nales, mais qu’elle devienne, au contraire, un vecteur essentiel d’un vaste mou­vement inter­na­tional appelant au boycott, au dés­in­ves­tis­sement et aux sanc­tions imposés à Israël, à l’instar de l’expérience sud-​​africaine à l’époque de la lutte inter­na­tionale contre l’apartheid.

Voilà pour l’action au niveau inter­na­tional… Que se passe-​​t-​​il au niveau national, quelles mesures concrètes seront-​​elles prises, en Palestine ?

Nous avons organisé un atelier de travail à Beït Sahur, en juin dernier, auquel ont par­ticipé des orga­ni­sa­tions civiles fédérées dans l’Initiative de Défense de la Palestine et du Golan Occupés, dont fait partie le centre Badil [2] Cet atelier de travail a précédé l’appel au boycott, et avec la par­ti­ci­pation d’experts d’Afrique du Sud et d’Europe, il a étudié cette question sous ses dif­fé­rents aspects.

Avant cela, la fédé­ration men­tionnée avait réussi à faire ins­crire la question du boycott à l’ordre du jour du forum social mondial de Porto Alegre en janvier dernier. Le succès rem­porté par la fédé­ration lors du forum a résulté d’une série de ren­contres pré­pa­ra­toires, en Palestine et à l’étranger, après qu’il soit devenu une habitude d’inviter les orga­ni­sa­tions pales­ti­niennes à ces forums d’une manière indi­vi­duelle, ce qui avait pour effet que leur influence se limitait au cadre du forum quasi-​​ auto­ma­ti­quement, en raison du très grand nombre de par­ti­ci­pants et du très grand nombre de points à l’ordre du jour de ces forums mondiaux.

Au cours du dernier forum social, OPGAI [3] a réussi à imposer l’agenda pales­tinien en ce qui concerne le boycott, le retrait des inves­tis­se­ments et l’imposition des sanc­tions et ce succès a été cou­ronné par l’adoption de toutes ces reven­di­ca­tions dans les décla­ra­tions finales des mou­ve­ments sociaux et du forum de lutte contre la guerre, les deux prin­cipaux ras­sem­ble­ments au forum social. D’une manière générale OPGAI a porté l’appel au boycott au cours des der­niers mois écoulés en Palestine et a contribué à mettre au point l’appel du 9 juillet, mar­quant le premier anni­ver­saire de la décision de la Cour Inter­na­tionale de Justice de La Haye sur l’illégalité de la construction du mur raciste de sépa­ration. Il a ensuite été décidé de lancer une cam­pagne pré­li­mi­naire à la publi­cation de cet appel par la fédé­ration, cam­pagne pré­li­mi­naire confiée à la Cam­pagne pales­ti­nienne pour le boycott uni­ver­si­taire et culturel d’Israël (basée à Ramallah), ainsi qu’à Ittijâh, l’Union des Asso­cia­tions arabes, sise à Haïfa. [4] ]

Quelles sont les actions futures prévues, toujours au niveau palestinien ?

Dans les pro­chains mois, on définira l’instance coor­don­na­trice qui sera chargée du suivi de tout ce qui a trait à la cam­pagne de boycott, de dés­in­ves­tis­sement et d’imposition de sanc­tions. En effet, sans ins­tance de coor­di­nation, l’action serait dis­persée et anar­chique. Cette ins­tance de coor­di­nation sera constituée d’institutions choisies parmi les 171 orga­ni­sa­tions signa­taires de l’appel, chargées du suivi de la cam­pagne. Dans un deuxième temps, on cher­chera à élargir le nombre des signa­taires : nous n’avons nul­lement l’intention de nous en tenir à 171 ! Nous ambi­tionnons de faire de cette décision de boycott, de dés­in­ves­tis­sement et d’imposition de sanc­tions à Israël le mot d’ordre de la rue pales­ti­nienne : il n’y a aucune ambi­guïté à cet égard et l’ensemble de la société civile pales­ti­nienne appelle la société inter­na­tionale à ce boycott, à ce dés­in­ves­tis­sement et à ces sanc­tions. Par la suite, sont envi­sagées la tenue d’un congrès popu­laire, éven­tuel­lement à Bethléem, ainsi que la réa­li­sation d’études et d’analyses de données en vue du déve­lop­pement de stra­tégies et de mesures ponc­tuelles concernant le boycott, le dés­in­ves­tis­sement et l’imposition de sanctions.

Le thème de cette cam­pagne fait encore l’objet de larges consul­ta­tions ; notre projet futur devra être plus précis, plus ciblé.

La société civile pales­ti­nienne - notamment sous l’aspect de sa dépen­dance des finan­ceurs exté­rieurs - n’est pas sans pré­senter quelque ambi­guïté. De plus, on entend des rumeurs sur le retrait de telle ou telle signature, soit spon­ta­nément soit sous influence, et l’on sait que les grandes orga­ni­sa­tions, les "Empires", ont leurs condi­tions et l’on sait aussi qu’il faut en passer par leur diktat. Ceci a-​​t-​​il affecté la cam­pagne que vous nous décrivez, et, si oui, de quelle manière ?

Il faut avant toute chose recon­naître que la réalité des ONG pales­ti­niennes n’est pas immu­nisée contre les humeurs des dif­fé­rentes ins­tances dona­trices. Le rôle de l’USAID [5] est clair à ce propos.

Je fais ici allusion à l’USAID en tant qu’exemple limite, cette orga­ni­sation imposant pré­ci­sément ses stra­tégies à travers les ONG pales­ti­niennes. Mais, en dehors de l’USAID, il y a beaucoup de finan­ceurs, en par­ti­culier des gou­ver­ne­ments de pays riches qui ont leur agenda propre et qui visent, à travers leurs finan­ce­ments, à faire passer ces agendas poli­tiques. Concernant les éven­tuels retraits de signature, aucun ne s’est produit après la signature de l’appel, mais ce qui s’est produit, en revanche, c’est le fait qu’une ins­ti­tution pales­ti­nienne a beaucoup hésité avant de décider si elle allait signer l’appel.

D’un côté, il y avait une forte poussée popu­laire appelant au boycott et d’un autre côté il y avait les "dona­teurs" : cette ins­ti­tution pales­ti­nienne s’est retrouvée en mau­vaise posture, prise en sandwich. Elle signa l’appel, dans un premier temps, mais elle a demandé à être retirée des signa­taires avant la publi­cation de l’appel : il était très clair que le pro­blème auquel cette ins­ti­tution était confrontée était ni plus ni moins qu’un pro­blème avec son financeur, et donc le pro­blème de ses propres res­sources… Beaucoup de grandes ins­ti­tu­tions repré­sen­ta­tives ont signé l’appel : dif­fé­rents syn­dicats et asso­cia­tions fémi­nines, des centres culturels et la plupart des fon­da­tions pales­ti­niennes, dans les dif­fé­rentes loca­lités et dans la diaspora.

En pra­tique, la plupart des sec­teurs du peuple pales­tinien ont été concernés par cet appel et cela a, en soi, créé un élan popu­laire et une pression sur beaucoup d’organisations, afin de leur demander de signer. D’une manière générale, la seule exception notable est le cas par­ti­culier que nous avons men­tionné. A ce jour, il est évident que la position de la société civile pales­ti­nienne est très clai­rement en faveur du boycott, et c’est une décision irré­vo­cable, après la publi­cation de l’appel signé par les 171 orga­ni­sa­tions, aux­quelles de nom­breuses autres sont venues se joindre. Au cours des pro­chains mois, le pro­blème du finan­cement sera réglé défi­ni­ti­vement. Cet appel aura été une ten­tative réussie de démontrer que les dona­teurs ne sau­raient nous imposer leur agenda, ni à nous, ni au cours choisi par la lutte du peuple pales­tinien et il aura apporté également la preuve que nous ne sau­rions demeurer les otages d’un quel­conque finan­cement conditionnel.

Est-​​il pos­sible de se libérer tota­lement des condi­tions imposées par les dona­teurs ? Chacun sait qu’ils dis­posent de nom­breuses armes et de mul­tiples ins­tru­ments qui leur per­mettent d’exercer une pression sur les orga­ni­sa­tions et, au final, de les plier à leurs condi­tions : on sait, notamment, ce qui s’est passé avec l’institution cultu­relle Al-‘Anqâ’ [Le Phénix] de la ville d’Hébron, qui n’a pas pu ouvrir un compte à la Banque Arabe parce que son nom avait été couché sur une liste d’institutions "indé­si­rables" . On sait que la Banque Arabe est celle qui encaisse les ver­se­ments exté­rieurs "le plus faci­lement et au moindre coût" (comme le dit son slogan com­mercial), contrai­rement aux banques situées en ter­ri­toire "pales­tinien". Alors, quel était donc le pro­blème ? L’institution Al-‘Anqâ’ n’avait pas signé un document diffusé par l’USAID, document dans lequel les ins­ti­tu­tions deman­deuses d’aide devaient s’engager à condamner le ter­ro­risme… Ne pensez-​​vous pas que ces ins­tru­ments et ces moyens de contrôle risquent d’influencer le sérieux des posi­tions prises par ces orga­ni­sa­tions, en par­ti­culier en ce qui concerne leur signature de l’appel en question ou des prises de position et ini­tia­tives similaires ?

Les dif­fi­cultés aux­quelles les ONG pales­ti­niennes sont confrontées, du fait du com­por­tement des dona­teurs, sont grandes et on ne saurait les sous-​​estimer. On peut peut-​​être même prédire quelle sera l’ampleur des défis que nous aurons à relever à l’avenir, en par­ti­culier si nous décidons d’adopter une stra­tégie pales­ti­nienne claire et nette, que nous aurons tracée nous-​​mêmes, telle la défi­nition d’une stra­tégie future de lutte à partir de notre situation par­ti­cu­lière, en tant que Palestiniens.

Je ne saurais sous-​​estimer l’importance du finan­cement et des finan­ceurs, en par­ti­culier en ce qui concerne les grands finan­ceurs, tels les gou­ver­ne­ments, qui géné­ra­lement n’offrent d’aide que condi­tion­nelle. L’expérience a montré comment le financeur a pu, par le passé, influencer sur les poli­tiques de toutes nos ins­ti­tu­tions et comment il a exercé une influence sur l’action des­dites ins­ti­tu­tions. Malgré cela, l’appel est devenu une réalité convain­cante sur le terrain : il s’agit d’une exi­gence de la société civile pales­ti­nienne, prise dans sa globalité.

Il y a beaucoup d’institutions que l’on appelle "les Empires" en raison de l’importance de leur budget, qui ont signé l’appel au boycott. Lorsqu’on découvre ces signa­tures, on ne peut manquer d’avoir un peu peur ; on craint pour la pérennité de cet appel et de cette cam­pagne… On doute de son sérieux, aussi, car on peine à ima­giner les res­pon­sables de ces Empires renonçant à toutes leurs pré­bendes et à tous leurs pri­vi­lèges, obtenus en mono­po­lisant de très impor­tantes sources de finan­cement. Ces gens-​​là n’ont pas pu renoncer à ces pri­vi­lèges du jour au len­demain, donc ils n’ont pas pu signer un com­mu­niqué appelant à une prise de position radicale, dont on pourrait presque dire qu’il com­porte une "orien­tation ter­ro­riste" , vu du point de vue d’un financeur . Tout natu­rel­lement, cela suscite des craintes : qu’en pensez-​​vous ?

Ce com­mu­niqué est une ini­tiative cou­ra­geuse, sans pré­cédent au niveau des ONG (pales­ti­niennes). Je pense - j’en suis même per­suadé - que tous les signa­taires de l’appel sont conscients du fait que cet appel aura des suites qui ne seront pas néces­sai­rement béné­fiques pour eux, et il est pos­sible que leur signature interfère néga­ti­vement sur leur finan­cement ou crée d’autres effets négatifs pour eux, à l’instigation des ins­tances dona­trices, mais les orga­ni­sa­tions signa­taires de l’appel assu­meront elles-​​mêmes leurs res­pon­sa­bi­lités face aux éven­tuelles consé­quences néga­tives de leur signature. Il convient d’indiquer à ce propos que les signa­tures apposées sur cet appel expriment l’adhésion d’un très grand nombre d’organisations du peuple pales­tinien (petites et de grandes), ce qui suffit en soi à donner une grande force tant à l’appel qu’aux orga­ni­sa­tions qui y sous­crivent, appelant au boycott d’Israël, au dés­in­ves­tis­sement d’Israël et à l’imposition de sanc­tions à Israël.

Cet appel aura peut-​​être un écho et un effet sur le plan inter­na­tional. Mais quel sera son impact sur le plan national, c’est-à-dire : en Palestine et dans la dia­spora pales­ti­nienne ? Par exemple ; que feront les orga­ni­sa­tions tra­vaillant dans le secteur agricole, en par­ti­culier les grandes ins­ti­tu­tions, pour affronter l’étouffement des fermes et de l’agriculture pales­ti­niennes résultant de l’inondation du marché local par des pro­duc­tions non pales­ti­niennes, à chaque saison de pro­duction ? Nous avons désormais l’exemple des fruits d’été : organisera-​​t-​​on une cam­pagne nationale pour sou­tenir l’exploitant pales­tinien, au moyen du boycott des fruits et légumes [israé­liens] imposés au marché local, alors qu’ils abondent loca­lement, cela, à seule fin de détruire l’agriculture et les exploi­ta­tions agri­coles palestiniennes ?

L’appel exprime des exi­gences popu­laires pales­ti­niennes col­lec­tives, et il exprime ces exi­gences vis-​​à-​​vis de qui ? De la société inter­na­tionale. Bien que nous espé­rions que cette question sera la pre­mière des prio­rités des dif­fé­rentes orga­ni­sa­tions parties pre­nantes, la décision leur appar­tient, en défi­nitive. Inutile de dire que le travail en vue du boycott d’Israël dif­fèrera d’une orga­ni­sation à l’autre, et c’est là quelque chose de naturel. Il est évident, par exemple, qu’une orga­ni­sation juri­dique telle que la Cam­pagne pales­ti­nienne de boycott de la culture et des uni­ver­sités israé­liennes apportera à la cam­pagne une contri­bution plus impor­tante qu’une orga­ni­sation plus spé­cia­lisée dans une cause ou une popu­lation déter­minée, comme les femmes, l’agriculture ou encore la santé. Mais, à travers cet appel, nous avons voulu que l’objet du boycott concerne tout le monde, qu’il englobe l’agriculture, les femmes, les ouvriers, les avocats et les ingé­nieurs, tout le monde…

Quoi qu’il en soit, je sou­haite réitérer qu’à travers cet appel, il est pos­sible de constituer un vaste ras­sem­blement col­lectif, grâce aux ONG, afin de faire face aux poli­tiques des dona­teurs et à leurs condi­tions et de pro­poser des alter­na­tives écono­miques sur le terrain.

Paral­lè­lement à cela cet appel est une sorte de message, fort et clair, qui exprime ce qu’est la position col­lective réelle du peuple pales­tinien : peut-​​être ce fameux donateur comprendra-​​t-​​il alors enfin que cet appel incarne la réalité du terrain et peut-​​être s’y mesurera-​​t-​​il en tant que donnée de fait, l’affrontement avec lui devenant dès lors un affron­tement collectif.

Les signa­tures de plus de 171 ins­ti­tu­tions apposées à cet appel auront néces­sai­rement plus de poids qu’un appel signé par une dizaine d’institutions seulement…

Pourquoi les orga­ni­sa­tions ou les partis poli­tiques n’ont-ils pas signé cet appel de leur propre nom ?

Ceux qui en ont pris l’initiative ont préféré que cet appel ne puisse être utilisé par une quel­conque orga­ni­sation poli­tique et qu’il ne puisse prendre une couleur poli­tique déter­minée, car, sait-​​on jamais, une orga­ni­sation aurait pu dire que cet appel était de sa propre ini­tiative, ou faire entrer le sujet dans une sorte de sur­en­chère poli­tique. En réalité, notre lecture et notre com­pré­hension de la carte poli­tique pales­ti­nienne nous ont incités à éviter de nous enferrer dans cette pro­blé­ma­tique et nous avons été d’avis de limiter le com­mu­niqué aux orga­ni­sa­tions et aux syn­dicats, en excluant les partis poli­tiques. Malgré cela, la pre­mière signature qu’ait reçu l’appel est celle des forces natio­nales et isla­miques : il s’agit d’une ins­tance coor­di­na­trice regroupant tous les partis, les fac­tions et les orga­ni­sa­tions poli­tiques actives en Palestine et, par consé­quent, dans la pra­tique, les partis poli­tiques sont parties pre­nantes à l’appel. Nous com­prenons l’importance du rôle des partis poli­tiques dans le mou­vement social interne et nous sommes conscients du fait que la tra­duction concrète de l’appel exige une coor­di­nation avec les orga­ni­sa­tions et les fac­tions politiques.

D’après vous, cet appel exprime-​​t-​​il bien les reven­di­ca­tions géné­rales du peuple pales­tinien, où qu’il se trouve ?

L’appel a recueilli des signa­tures en pro­ve­nance des divers lieux de dis­persion de la dia­spora pales­ti­nienne, de la Cis­jor­danie et de la bande de Gaza, des Pales­ti­niens de l’intérieur d’Israël (= de 1948), et il y a aussi des signa­tures de Pales­ti­niens de Syrie, du Liban, de Jor­danie, du Golan, ainsi que d’Europe et des Amé­riques. Il y a aussi des orga­ni­sa­tions qui sont en réalité des fédé­ra­tions com­portant plu­sieurs orga­ni­sa­tions dis­persées dans plu­sieurs pays, comme l’Union amé­ri­caine pour le Droit au retour, qui fédère des dizaines d’organisations défendant le droit au retour des réfugiés pales­ti­niens. Ce com­mu­niqué s’avère exprimer les reven­di­ca­tions pales­ti­niennes, et il ne connaît aucune limi­tation ni aucune exclusion géographique.

Qu’en est-​​il de la relation entre la société civile pales­ti­nienne et la société civile mon­diale, ou encore le mou­vement alter­mon­dia­liste, en par­ti­culier à l’occasion des congrès et des forums propres à cette mou­vance ?

Vous avez fait allusion au fait qu’une fédé­ration est née lors du forum social de Porto Alegre. Or, en raison de l’expérience que je puis avoir de ce type de ras­sem­blement, tout par­ti­cu­liè­rement en ce qui concerne la Palestine, j’ai pu observer constamment que cer­taines per­sonnes parlent de la Palestine et mono­po­lisent l’expression de la position pales­ti­nienne, alors que ces per­sonnes n’ont aucun rôle signi­fi­catif en Palestine ni dans le domaine de la lutte des Pales­ti­niens. Quelle est la relation avec ce mou­vement, ou avec les mou­ve­ments de soli­darité avec le peuple pales­tinien, au plan mondial ?

Je le redis : nous accueillons tout rôle et toute ins­tance se soli­da­risant avec le peuple pales­tinien et avec son juste combat.

Néan­moins, il convient que cela n’outrepasse pas la question de la soli­darité et que cela n’aille pas jusqu’à une cer­taine tutelle condescendante.

Au forum de Porto Alegre, nous avons essayé de faire entendre notre voix : nous avons insisté sur le fait que nous sommes plus que qui­conque à même de com­prendre quels sont nos problèmes.

Nous avons notre projet propre et, en tant que Pales­ti­niens, nous sommes les plus légi­times à exprimer notre cause et à l’expliquer en fonction d’une logique consciente, ration­nelle et réfléchie et nous pouvons déter­miner notre propre stra­tégie sans la tutelle et sans le prêchi-​​prêcha de quel­conques gou­ver­ne­ments, de quel­conques finan­ceurs, voire même de quel­conques asso­cia­tions de solidarité…

Quelle sorte de relation entretenez-​​vous avec les mou­ve­ments paci­fistes israé­liens ? Je soulève cette question, car on assiste à beaucoup d’actions que l’on pourrait qua­lifier d’actions de nor­ma­li­sation avec l’occupant, ou d’actions qui s’en rap­prochent fort. Or, en l’absence d’un dis­cours pales­tinien com­battant sur l’arène mon­diale, la position pales­ti­nienne a perdu ses condi­tions, voire même ses fon­da­mentaux en ce qui concerne la déter­mi­nation des rela­tions avec l’occupant. Comment peut-​​on faire le dis­tinguo entre ce qui relève de la nor­ma­li­sation avec l’occupant "colo­nia­liste" et ce qui res­sortit à l’action de solidarité ?

Tout d’abord, il faut affirmer que la société civile pales­ti­nienne se doit d’être ouverte à toute soli­darité, sans égard pour les ethnies, les races, les iden­tités et autres appar­te­nances. Mais ceci signifie au premier chef que ce sont les Pales­ti­niens qui défi­nissent leur projet et leurs stra­tégies. De plus, l’axe de la soli­darité devra être fondé sur la recon­nais­sance de la totalité des droits des Palestiniens.

En ce qui concerne la nor­ma­li­sation, ou les contacts avec des mou­ve­ments israé­liens, comme vous l’avez men­tionné, tout par­te­naire israélien voulant construire une relation avec la partie pales­ti­nienne peut être accueilli et cette relation peut être conso­lidée. Mais à la condition expresse que ce par­te­naire recon­naisse tota­lement l’ensemble des droits nationaux légi­times et à satis­faire du peuple pales­tinien. On ne saurait accepter, ni a for­tiori conso­lider, une telle relation (qui, dans ce cas, relè­verait à juste titre de la qua­li­fi­cation de "nor­ma­li­sation") dès lors qu’elle serait fondée sur les chi­ca­neries et le mar­chandage au sujet des droits nationaux du peuple pales­tinien, sur la base de la recherche d’un règlement fondé sur l’obtention de "solu­tions moyennes" en matière de droits ( !).

Je sou­haite indiquer ici que l’exemple du Dr. Sari Nus­seïbéh, qui a pris une ini­tiative per­son­nelle, alors qu’il était res­pon­sable du dossier de Jéru­salem à l’OLP, et qu’il est actuel­lement pré­sident de l’Université de Jéru­salem - son ini­tiative a été connue, par la suite, sous l’intitulé d’"initiative Nus­seïbéh - Ayalon" (Ayalon étant le nom d’un général israélien avec lequel Nus­seïbéh est tombé d’accord sur la for­mu­lation de cette ini­tiative qui repose sur un bradage du droit au retour des réfugiés pales­ti­niens, en "échange" de ce que d’aucuns ont osé appeler un "Etat" », et qui n’est en réalité qu’un groupe de cantons dis­joints et cernés de toutes parts), et qui est l’esprit du pacte de Genève qui l’a suivie, dont les épigones sont Yasser Abed Rabbo et Yossi Beilin.

Ces ini­tia­tives ont fait un flop au niveau du peuple pales­tinien et elles ont été com­battues par toutes les dia­sporas pales­ti­niennes. Il n’en reste que la pré­tention de leurs ini­tia­teurs pales­ti­niens qu’elles repré­sen­taient des ten­ta­tives pour créer un choc dans une société israé­lienne en glis­sement continu vers la droite.

Cela, sans prendre aucu­nement en compte le prix exor­bitant que le peuple pales­tinien devait acquitter pour la création de ce "choc", quand bien même ce prix eût-​​il englobé la renon­ciation aux droits les plus fon­da­mentaux pour les­quels le peuple pales­tinien se bat sans dis­con­tinuer depuis des décennies…

Quant à l’idée de créer un "choc positif", sur laquelle ils s’appuient, il ne s’agit en réalité que de la création d’un choc en retour, c’est-à-dire d’un choc dans la société pales­ti­nienne, car ces ini­tia­tives ont créé beaucoup de controverses.

La direction offi­cielle pales­ti­nienne considère que ces ini­tia­tives relèvent de la liberté d’expression et du plu­ra­lisme des opi­nions, alors que dans toutes les formes de démo­cratie existant dans le monde, la liberté per­son­nelle d’un citoyen ne doit en aucun cas empiéter sur la liberté des autres : comment pourrait-​​il en être ainsi, dès lors que ces ini­tia­tives renoncent aux droits indi­vi­duels et col­lectifs de mil­lions de Palestiniens ?

Ne s’agit-il pas là d’un abus patent contre la démocratie ?

Donc : que faire ? Quel est le projet, grâce auquel nous pouvons réa­liser nos objectifs nationaux, qui ont été définis en nous basant sur ce que le peuple pales­tinien a connu, jusqu’ici, en raison de la réa­li­sation du projet colo­nia­liste sionisto-​​impérialiste en Palestine, depuis plus d’un demi-​​siècle - ces objectifs qui ont été définis ainsi : retour incon­di­tionnel et total des réfugiés, totale auto­dé­ter­mi­nation et totale libé­ration ? L’OLP est-​​elle aujourd’hui à même de mener à bien une telle tâche ?

Il est clair qu’il y a une grande ambi­guïté en ce qui concerne l’Organisation de Libé­ration de la Palestine [OLP]. En effet, Oslo nous a produit un rejeton : l’Autorité Nationale Pales­ti­nienne [ANP]. A notre très grand regret, cette Autorité s’est sub­stituée à l’OLP dans beaucoup de pré­ro­ga­tives, c’est ce que je considère per­son­nel­lement comme une énorme erreur dans laquelle la direction pales­ti­nienne est tombée ou dans laquelle elle s’est laissé entraîner.

L’OLP aurait dû demeurer le cadre repré­sen­tatif premier, exprimant les intérêts de l’ensemble du peuple pales­tinien, l’ANP consti­tuant l’instance gérant les affaires cou­rantes des régions pales­ti­niennes confiées à sa gestion sous l’empire des accords d’Oslo. Mais ce qui s’est produit, c’est que le rôle de l’OLP a été gelé dans la période post-​​Oslo.

D’une manière générale, l’OLP a conquis sa légi­timité de repré­sen­tante du peuple pales­tinien (la légi­timité de son exis­tence en tant que peuple dont les droits nationaux ont été confisqués), et il convient que le peuple pales­tinien exploite cette légi­timité nou­vel­lement acquise et qu’il n’entre pas dans de nou­veaux laby­rinthes, tel la recherche, ou la création de toutes pièces, de nou­veaux cadres alternatifs.

Pour moi, la réac­ti­vation de l’OLP implique que cette orga­ni­sation se charge d’exercer une pression popu­laire sur la direction pales­ti­nienne officielle.

Il est évident que l’ANP, aujourd’hui, ne peut pas exprimer les intérêts de l’ensemble des enfants du peuple pales­tinien, en par­ti­culier pas dans la dia­spora pales­ti­nienne, pas dans les camps de réfugiés, ni chez les Pales­ti­niens restés en Israël en 1948. La pression popu­laire pales­ti­nienne sur la direction pales­ti­nienne n’a pas suffi, jusqu’à ce jour, pour une recons­truction de l’OLP qui soit sus­cep­tible d’amener le peuple pales­tinien, dans son ensemble, à recouvrer ses droits.

Il semble impos­sible de faire changer la position offi­cielle de la direction pales­ti­nienne. Et il est peu pro­bable qu’elle soit sen­sible à la pression popu­laire (au demeurant : dans quel sens ?)… et peu pro­bable, par consé­quent, qu’elle réactive l’OLP. Qu’en pensez-​​vous ?

Il est tout à fait évident que les prio­rités de la direction pales­ti­nienne aujourd’hui dif­fèrent de celles du peuple pales­tinien et aussi de son humeur, dès lors que les prio­rités de la direction pales­ti­nienne se déplacent sur l’orbite des mis­sions imparties à l’ANP, mis­sions qui ont leur temps et leur espace géo­gra­phiques précis et limités, tandis que les prio­rités de l’immense majorité du peuple pales­tinien s’éloignent de ces prio­rités que seule l’OLP peut exprimer.

L’OLP appar­tient à l’ensemble des enfants du peuple pales­tinien ; ce mou­vement est né, et il s’est déve­loppé, grâce au sang de mil­liers de martyrs pales­ti­niens. Il n’est la pro­priété privée ni de Mahmud Abbas ni de qui que ce soit. De plus, le jeu en vaut la chandelle.

Nous échouerons peut-​​être, mais nous ne pouvons pas dire que la ten­tative est vouée à l’échec avant même de l’entreprendre. De même, la société pales­ti­nienne n’est pas encore par­venue au stade d’exiger la réac­ti­vation de l’OLP de manière spectaculaire.

Existe-​​t-​​il un mou­vement paci­fiste en Israël ? Ce mou­vement (s’il existe) peut-​​il faire quelque chose au sujet du boycott, de l’imposition de sanc­tions et du désinvestissement ?

L’expression "mou­vement paci­fiste israélien" est une expression fon­da­men­ta­lement israé­lienne, qui a été inter­na­tio­na­lement adoptée, puis, enfin, adoptée par les Pales­ti­niens eux-​​mêmes.

Le concept d’un mou­vement paci­fiste israélien est cohérent avec la nature sio­niste colo­nia­liste de la société israé­lienne, en ceci que ce mou­vement ne repré­sente aucu­nement l’alternative, ni le contraire, du tissu poli­tique sio­niste. Ce que l’on appelle le mou­vement paci­fiste pales­tinien appelle à la recherche d’un règlement paci­fique entre deux camps qu’il considère équi­librés entre eux et sur un même plan.

Alors que, sur le terrain, dans la réalité, telle n’est pas la réalité : l’un des deux camps, auquel ce mou­vement paci­fiste appar­tient, est un occupant qui viole des droits tandis que l’autre camp ploie sous le joug de l’occupation et lutte en vue de sa libération.

Il en découle que l’équation établie par le camp israélien de la paix est fondée sur le fait que l’équation de la négo­ciation de paix se solde, en per­ma­nence, à l’avantage d’Israël, et partant, quand on examine si cette négo­ciation est com­pa­tible avec l’ensemble des droits que l’on concède aux Pales­ti­niens au détriment d’autres droits, il semble que ces droits ne sont pas com­pa­tibles avec les intérêts d’Israël en tant qu’Etat juif.

La com­pré­hension que nous avons d’un mou­vement paci­fiste est fondée, au premier chef, sur le principe de sa recon­nais­sance incon­di­tion­nelle de tous les droits du peuple pales­tinien et de l’absolue nécessité qu’il ne découle pas d’une logique de bradage de cer­tains droits contre cer­tains autres, à seule fin de garantir la judaïté d’Israël.

En effet, la majorité des orga­ni­sa­tions parties pre­nantes à ce qu’il est convenu d’appeler le camp israélien de la paix ne sou­tiennent pas, par exemple, le droit au retour des réfugiés pales­ti­niens, car ce retour contrarie les consi­dé­ra­tions démo­gra­phiques israé­liennes, rela­tives à sa pérennité en tant qu’Etat juif. Il en découle que tout Pales­tinien, selon cette logique, repré­sen­terait une source de menace - tout du moins sur le plan démo­gra­phique - pour la péren­ni­sation du projet sio­niste en Palestine, et non plus une per­sonne jouissant de droits et d’aspirations per­son­nelles et col­lec­tives. Partant, le règlement du conflit que ce camp recherche inces­samment est basé, fon­da­men­ta­lement, sur le principe de la "sépa­ration raciale", c’est-à-dire sur le fait de donner aux Pales­ti­niens un ter­ri­toire doté des fonc­tions appa­rentes d’un Etat, mais qui contraint leur exis­tence maté­rielle et leurs horizons sociaux.

Quelles sont les rela­tions entre les mou­ve­ments paci­fistes israé­liens et le pro­cessus d’Oslo ?

Ce qu’il est convenu de dénommer "pro­cessus d’Oslo" a sauvé le mou­vement paci­fiste israélien d’une véri­table impasse, en son temps, car ce mou­vement a tou­jours recherché un par­te­naire, dans une négo­ciation portant sur un projet fondé sur la sépa­ration [entre les deux peuples ; pales­tinien et israélien]. Mais ce qui s’est produit, par la suite, c’est que la direction pales­ti­nienne est devenue l’otage de ce mou­vement visant à per­sé­vérer dans l’application de l’accord (d’Oslo), voire même à y progresser.

En même temps, ce que l’on désigne comme la coa­lition pales­ti­nienne de la paix devenait la copie conforme, le "par­te­naire" de posi­tions de com­promis fondés sur la sépa­ration raciste prônée par le camp israélien de la paix.

Les mou­ve­ments paci­fistes israé­liens ont - mal­heu­reu­sement - réussi à opérer une percée dans la "rue pales­ti­nienne", via la coa­lition pales­ti­nienne de la paix, et à imposer par­tiel­lement leur agenda poli­tique sur les plans tant inter­na­tional que pales­tinien. Dans ce contexte, je ne pense pas que la coa­lition pales­ti­nienne de la paix ait un quel­conque fon­dement véri­table, du type : "il existe un partenaire" .

En vérité, je pense que l’ensemble du projet national pales­tinien contem­porain est un projet de paix cohérent. De plus, le peuple pales­tinien, qui lutte pour sa liberté et son retour chez lui, dans ses maisons dont il a été chassé, que toutes les com­po­santes et tous les sec­teurs de ce peuple pales­tinien tendent la main à la paix, comme ils l’ont tou­jours fait, depuis le début du conflit. Quant à parler d’un camp de la paix qui serait une résul­tante élitiste, éloignée de la rue pales­ti­nienne, ce n’est ni plus ni moins qu’une ten­tative de jeter de la poudre aux yeux.

Partant, je vois un besoin urgent d’éclaircir le rôle de ces mou­ve­ments, sur les plans pales­tinien et inter­na­tional. En par­ti­culier, dans le contexte que nous avons évoqué, nous n’avons pas besoin de ces mou­ve­ments qui s’adressent au monde en tant qu’exerçant une tutelle sur les intérêts du peuple pales­tinien, les Pales­ti­niens n’ayant plus qu’à obéir à leur agenda poli­tique (je parle ici des mou­ve­ments paci­fistes israéliens).

De même, ce qu’on appelle le camp pales­tinien de la paix doit dépasser l’âge de la tutelle israé­lienne et interagir avec le mou­vement paci­fiste israélien sur la base du par­te­nariat et de l’égalité/réciprocité. Car le mou­vement pales­tinien est, dans son ensemble, un combat en vue du recou­vrement de ses droits et du rejet de toute tutelle.

Ceux qui veulent être soli­daires du combat que mène ce peuple ne doivent ni lui imposer de quel­conques condi­tions, ni abolir une partie de ses droits.

L’agenda pales­tinien doit être tracé par des mains pales­ti­niennes, constamment, et définitivement.

En ce qui concerne le boycott, nous ne comptons pas beaucoup sur les dif­fé­rents sec­teurs de la société israé­lienne, en par­ti­culier pas sur ce qu’il est convenu d’appeler le camp israélien de la paix. Ce sujet restera limité à un nombre réduit de mili­tants opposés, par principe, au sionisme.


Syndicats, Associations, Campagnes

- 1. Conseil des Forces Natio­nales et Isla­miques en Palestine (ins­ti­tution coor­donnant les prin­cipaux partis poli­tiques dans les Ter­ri­toires Occupés Pales­ti­niens)
- 2. Pales­tinian Inde­pendent Com­mission for Citizen’s Rights (PICCR)
- 3. Union of Arab Com­munity Based Asso­cia­tions (ITTIJAH), Haifa
- 4. Forum des ONG Pales­ti­niennes au Liban
- 5. Pales­tinian General Fede­ration of Trade Unions (PGFTU)
- 6. General Union of Pales­tinian Women (GUPW)
- 7. General Union of Pales­tinian Tea­chers (GUPT)
- 8. Fede­ration of Unions of Pales­tinian Uni­ver­sities’ Pro­fessors and Employees
- 9. Consortium of Pro­fes­sional Asso­cia­tions
- 10. Union of Pales­tinian Medical Relief Com­mittees (UPMRC)
- 11. Health Work Com­mittees - Cis­jor­danie
- 12. Union of Agri­cul­tural Work Com­mittees (UAWC)
- 13. Union of Pales­tinian Agri­cul­tural Relief Com­mittees (PARC)
- 14. Union of Health Work Com­mittees - Gaza (UHWC)
- 15. Union of Pales­tinian Farmers
- 16. Occupied Palestine and Syrian Golan Heights Advocacy Ini­tiative (OPGAI)
- 17. General Union of Disabled Pales­ti­nians
- 18. Pales­tinian Fede­ration of Women’s Action Com­mittees (PFWAC)
- 19. Pales­tinian Cam­paign for the Aca­demic and Cultural Boycott of Israel (PACBI)
- 20. Pales­tinian Grass­roots Anti-​​Apartheid Wall Cam­paign
- 21. Union of Tea­chers of Private Schools
- 22. Union of Women’s Work Com­mittees, Tul­karem (UWWC)
- 23. Den­tists’ Asso­ciation - Jeru­salem Center
- 24. Pales­tinian Engi­neers Asso­ciation
- 25. Lawyers’ Asso­ciation
- 26. Network for the Era­di­cation of Illi­teracy and Adult Edu­cation, Ramallah
- 27. Coor­di­nating Com­mittee of Reha­bi­li­tation Centers - Cis­jor­danie
- 28. Coa­lition of Lebanese Civil Society Orga­ni­za­tions (150 orga­ni­sa­tions)
- 29. Soli­darity for Pales­tinian Human Rights (SPHR), Network of Student-​​based Canadian Uni­versity Associations

Associations des Droits aux Réfugiés/​Organisations

- 1 - Al-​​Ard Com­mittees for the Defense of the Right of Return, Syrie
- 2 - Al-​​Awda Cha­ri­table Society, Beit Jala
- 3 - Al Awda - Palestine Right-​​to-​​Return Coa­lition, U.S.A
- 4 - Al-​​Awda Toronto
- 5 - Aidun Group - Liban
- 6 - Aidun Group - Syrie
- 7 - Alrowwad Cultural and Theatre Training Center, Camp de réfugiés d’Aida
- 8 - Asso­ciation for the Defense of the Rights of the Inter­nally Dis­placed (ADRID), Nazareth
- 9 - BADIL Resource Center for Pales­tinian Resi­dency and Refugee Rights, Beth­lehem
- 10 - Com­mittee for Definite Return, Syrie
- 11 - Com­mittee for the Defense of Pales­tinian Refugee Rights, Naplouse
- 12 - Consortium of the Dis­placed Inha­bi­tants of Des­troyed Pales­tinian Vil­lages and Towns
- 13 - Filas­tinuna - Com­mission for the Defense of the Right of Return, Syrie
- 14 - Handala Center, Camp de réfugiés d’Azza (Beit Jibreen), Beth­lehem
- 15 - High Com­mittee for the Defense of the Right of Return, Jor­danie
- 16 - (y compris l’approbation per­son­nelle de 71 par­le­men­taires, les partis poli­tiques et les syn­dicats en Jor­danie)
- 17 - High National Com­mittee for the Defense of the Right of Return , Ramallah
- 18 - Inter­na­tional Right of Return Congress (RORC)
- 19 - Jermana Youth Forum for the Defense of the Right of Return, Syrie
- 20 - Laji Center, Aida camp, Beth­lehem
- 21 - Local Com­mittee for Reha­bi­li­tation, Camp de réfugiés de Qalandia, Jeru­salem
- 22 - Local Com­mittee for Reha­bi­li­tation of the Disabled, Camp de réfugiés de Deheishe, Beth­lehem
- 23 - Pales­tinian National Com­mittee for the Defense of the Right of Return, Syrie
- 24 - Pales­tinian Return Asso­ciation, Syrie
- 25 - Pales­tinian Return Forum, Syrie
- 26 - Palestine Right-​​of-​​Return Coa­lition (Palestine, Pays d’accueil Arabes, Europe, Ame­rique du Nord)
- 27 - Palestine Right-​​of-​​Return Confederation-​​Europe (Austria, Denmark, France, Germany, Italy, Nether­lands, -Norway, Poland, Sweden)
- 28 - Pales­tinian Youth Forum for the Right of Return, Syrie
- 29 - Comités Popu­laires de l’OLP - Camps de réfugiés de Cis­jor­danie
- 30 - Comités Popu­laires de l’OLP - Camps de réfugiés de la Bande de Gaza
- 31 - Comité Popu­laire - Camp de réfugiés d’al-’Azza (Beit Jibreen), Beth­lehem
- 32 - Comité Popu­laire - Camp de réfugiés de Deheishe, Beth­lehem
- 33 - Shaml - Pales­tinian Dia­spora and Refugee Center, Ramallah
- 34 - Union of Women’s Activity Centers - Camps de réfugiés de Cis­jor­danie
- 35 - Union of Youth Activity Centers - Camps de réfugiés de Palestine, Cis­jor­danie et Gaza
- 36 - Women’s Activity Center - Camp de réfugiés de Deheishe, Beth­lehem
- 37 - Yafa Cultural Center, Camp de réfugiés de Balata, Naplouse

Organisations

- 1 - Abna’ al-​​Balad Society, Naplouse
- 2 - Addameer Center for Human Rights, Gaza
- 3 - Addameer Pri­soners’ Support and Human Rights Asso­ciation, Ramallah
- 4 - Alanqa’ Cultural Asso­ciation, Hebron
- 5 - Al-​​Awda Pales­tinian Folklore Society, Hebron
- 6 - Al-​​Doha Children’s Cultural Center, Beth­lehem
- 7 - Al-​​Huda Islamic Center, Beth­lehem
- 8 - Al-​​Jeel al-​​Jadid Society, Haifa
- 9 - Al-​​Karameh Cultural Society, Um al-​​Fahm
- 10 - Al-​​Maghazi Cultural Center, Gaza
- 11 - Al-​​Marsad Al-​​Arabi, occupied Syrian Golan Heights
- 12 - Al-​​Mezan Center for Human Rights, Gaza
- 13 - Al-​​Nahda Cultural Forum, Hebron
- 14 - Al-​​Taghrid Society for Culture and Arts, Gaza
- 15 - Alter­native Tourism Group, Beit Sahour (ATG)
- 16 - Al-​​Wafa’ Cha­ri­table Society, Gaza
- 17 - Applied Research Ins­titute Jeru­salem (ARIJ)
- 18 - Arab Asso­ciation for Human Rights, Nazareth (HRA)
- 19 - Arab Center for Agri­cul­tural Deve­lopment (ACAD)
- 20 - Arab Center for Agri­cul­tural Development-​​Gaza
- 21 - Arab Edu­cation Ins­titute (AEI) - Pax Christie Beth­lehem
- 22 - Arab Orthodox Cha­ri­table Society - Beit Sahour
- 23 - Arab Orthodox Charity - Beit Jala
- 24 - Arab Orthodox Club - Beit Jala
- 25 - Arab Orthodox Club - Beit Sahour
- 26 - Arab Stu­dents’ Col­lective, Uni­versité de Toronto
- 27 - Arab Thought Forum, Jeru­salem (AFT)
- 28 - Asso­ciation for Cultural Exchange Hebron - France
- 29 - Asso­ciation Najdeh, Liban
- 30 - Authority for Envi­ron­mental Quality, Jénine
- 31 - Bader Society for Deve­lopment and Recons­truction, Gaza
- 32 - Canadian Palestine Foun­dation of Quebec, Mon­treal
- 33 - Center for the Defense of Freedoms, Ramallah
- 34 - Center for Science and Culture, Gaza
- 35 - Chamber of Com­merce and Industry, Ramallah-​​ Al-​​Bireh Dis­trict
- 36 - Child Deve­lopment and Enter­tainment Center, Tul­karem
- 37 - Com­mittee for Popular Par­ti­ci­pation, Tul­karem
- 38 - Defense for Children International-​​Palestine Section, Ramallah (DCI/​PS)
- 39 - El-​​Funoun Pales­tinian Popular Dance Troupe
- 40 - Ensan Center for Demo­cracy and Human Rights, Beth­lehem
- 41 - Envi­ron­mental Edu­cation Center, Beth­lehem
- 42 - FARAH - Pales­tinian Center for Children, Syrie
- 43 - Ghassan Kanafani Society for Deve­lopment, Gaza
- 44 - Ghassan Kanafani Forum, Syrie
- 45 - Gaza Com­munity Mental Health Program, Gaza (GCMHP)
- 46 - Golan for Deve­lopment, Hauteus du Golan Syriens Occupés
- 47 - Halhoul Cultural Forum, Hebron
- 48 - Himayeh Society for Human Rights, Um al-​​Fahm
- 49 - Holy Land Trust - Beth­lehem
- 50 - Home of Saint Nicholas for Old Ages - Beit Jala
- 51 - Human Rights Pro­tection Center, Liban
- 52 - In’ash al-​​Usrah Society, Ramallah
- 53 - Inter­na­tional Center of Beth­lehem (Dar An-​​Nadweh)
- 54 - Islah Cha­ri­table Society-​​Bethlehem
- 55 - Jafra Youth Center, Syrie
- 56 - Jander Center, al-​​Azza (Beit Jibreen) refugee camp, Beth­lehem
- 57 - Jeru­salem Center for Women, Jeru­salem (JCW)
- 58 - Jeru­salem Legal Aid and Human Rights Center (JLAC )
- 59 - Khalil Al Sakakini Cultural Center, Ramallah
- 60 - Land Research Center, Jeru­salem (LRC)
- 61 - Libe­rated Pri­soners’ Society, Palestine
- 62 - Local Com­mittee for Social Deve­lopment, Naplouse
- 63 - Local Com­mittee for the Reha­bi­li­tation of the Disabled, Naplouse
- 64 - MAAN TV Network, Beth­lehem
- 65 - Medical Aid for Palestine, Canada
- 66 - MIFTAH-​​Palestinian Ini­tiative for the Pro­motion of Global Dia­logue and Demo­cracy, Ramallah
- 67 - Muwatin-​​The Pales­tinian Ins­titute for the Study of Demo­cracy
- 68 - National Forum of Martyr’s Families, Palestine
- 69 - Near East Council of Churches Com­mittee for Refugee Work - Gaza Area
- 70 - Network of Christian Orga­ni­za­tions - Beth­lehem (NCOB)
- 71 - Pales­tinian Council for Justice and Peace, Jeru­salem
- 72 - Pales­tinian Coun­seling Center, Jeru­salem (PCC)
- 73 - Pales­tinian Demo­cratic Youth Union, Liban
- 74 - Pales­tinian Farmers’ Society, Gaza
- 75 - Pales­tinian Hydrology Group for Water and Envi­ronment Resources Development-​​Gaza
- 76 - Pales­tinian Pri­soners’ Society-​​Cisjordanie
- 77 - Pales­tinian Society for Consumer Pro­tection, Gaza
- 78 - Pales­tinian Uni­versity Stu­dents’ Forum for Peace and Demo­cracy, Hebron
- 79 - Pales­tinian Women’s Struggle Com­mittees
- 80 - Pales­tinian Working Women Society for Deve­lopment (PWWSD)
- 81 - Popular Art Centre, Al-​​Bireh
- 82 - Prisoner’s Friends Asso­ciation - Ansar Al-​​Sajeen, Majd al-​​Krum
- 83 - Public Aid Asso­ciation, Gaza
- 84 - Ramallah Center for Human Rights Studies
- 85 - Saint Afram Asso­ciation - Beth­lehem
- 86 - Saint Vincent De Paul - Beit Jala
- 87 - Senior Citizen Society - Beit Jala
- 88 - Social Deve­lopment Center, Naplouse
- 89 - Society for Self-​​Development, Hebron
- 90 - Society for Social Work, Tul­karem
- 91 - Society for Voluntary Work and Culture, Um al-​​Fahm
- 92 - Society of Friends of Pri­soners and Detainees, Um al-​​Fahm
- 93 - Sumoud-​​Political Pri­soners Soli­darity Group, Toronto
- 94 - Tamer Ins­titute for Com­munity Edu­cation, Ramallah
- 95 - TCC - Teacher’s Crea­tivity Center, Ramallah
- 96 - Wi’am Center, Beth­lehem
- 97 - Women’s Affairs Tech­nical Com­mittee, Ramallah and Gaza (WATC)
- 98 - Women’s Studies Center, Jeru­salem (WSC)
- 99 - Women’s Center for Legal Aid and Coun­seling, Jeru­salem (WCLAC)
- 100 - Yafa for Edu­cation and Culture, Naplouse
- 101 - Yazour Cha­ri­table Society, Naplouse
- 102 - YMCA-​​ Jerusalem-​​Est
- 103 - Youth Coope­ration Forum, Hebron
- 104 - YWCA-​​Palestine
- 105 - Zakat Committee-​​al-​​Khader, Beth­lehen
- 106 - Zakat Committee-​​Deheishe camp, Bethlehem

[1] BADIL est une ONG pales­ti­nienne qui lutte pour la recon­nais­sance et l’application du droit au retour des réfugiés pales­ti­niens. Fondée en 1998, l’organisation croit en l’égalité, la justice sociale et poli­tique et les droits humains. Les com­mu­nautés de réfugiés forment elles-​​​​mêmes la base de l’organisation. Depuis 2000, l’organisation se focalise sur la recherche pro­fes­sion­nelle pour trouver une solution basée sur le droit inter­na­tional, la recherche en matières juri­diques ainsi que sur un travail de sen­si­bi­li­sation et de lobby pour pro­mouvoir les droits des réfugiés pales­ti­niens. L’objectif final de BADIL est d’arriver à une solution paci­fique au conflit du Moyen-​​​​Orient. L’organisation ne se limite pas qu’aux droits des réfugiés, son travail s’étend au respect des droits des peuples en général www​.badil​.org

[2] www​.badil​.org

[3] OPGAI : Occupied Palestine and syrian Golan heights Advocacy Ini­tiative. Regrou­pement de 9 ONG palestiniennes

[4] ] ITTIJAH : Union des Asso­cia­tions Civiles Arabes, réseau d’ONG pales­ti­niennes agissant pour l’organisation indé­pen­dante et la défense des droits des Pales­ti­niens vivant dans l’état d’Israël. www​.ittijah​.org

[5] USAID : U S Agency for Inter­na­tional Deve­lopment, agence dépendant du gou­ver­nement des USA chargée du finan­cement de pro­grammes huma­ni­taires et de déve­lop­pement conformes aux intérêts de la poli­tique impé­ria­liste dans les pays concernés