Anne-Marie Filaire / Rasha Salti

Mucem - Fort Saint Jean, samedi 11 mars 2017

Samedi 11 Mars 2017 à 16h

En écho à l’exposition Zone de sécurité temporaire, actuellement visible au Mucem, la photographe Anne-Marie Filaire revient, avec la commissaire Rasha Salti, sur le travail artistique qu’elle réalise depuis plus de 15 ans dans les espaces « frontières » et autres « zones tampons » du Moyen-Orient.

« Je parle ici d’images, des images que je réalise dans ces lieux depuis plusieurs années. Ce travail devient pour moi une question aujourd’hui au moment où la séparation est un ‘‘fait accompli’’, où l’accès aux Territoires est de plus en plus difficile, je pense à Gaza inaccessible et au manque que ces images font subir. L’image est aujourd’hui empêchée, sous contrôle. En Occident on ne reçoit plus d’images de Gaza, des Territoires, après en avoir été abreuvé par un flot continu et orchestré. »

(Israël-Palestine, J’écris sur une frontière dont l’opacité bouleverse le regard (extrait), Anne-Marie Filaire, mai 2007).

Depuis ses premières séries initiées en 1993 dans sa région natale en Auvergne, jusqu’aux poudrières du Moyen-Orient, Anne-Marie Filaire construit depuis plus de 20 ans une oeuvre dense, engagée aussi rigoureuse qu’empreinte de poésie. Son travail photographique, tourné vers le paysage, se situe particulièrement dans les zones dites « frontières », « zones tampons », au Moyen-Orient, en Asie du Sud-Est, en Afrique de l’Est et en Europe. En 1999, elle entame parallèlement un travail qui l’emmène vers le Proche-Orient (Israël-Palestine), s’attachant à observer les espaces comme une entité physique, chargée d’histoire et de temps. Durant près de dix ans, elle n’aura de cesse d’arpenter ces territoires, de les documenter à la manière d’une géographe, prélevant les indices du temps dans des paysages politiques en mouvement. Ses recherches se poursuivent vers d’autres pays marqués par l’histoire et leurs conflits, tels que le Liban, le Yémen, l’Erythrée et le Cambodge. Poursuivant son travail dans le monde Arabe, elle s’oriente en 2007 vers l’environnement d’adolescentes et leurs espaces intimes, aux Emirats-Arabes Unis, puis en Palestine (Gaza). Peu à peu, cette quête l’a conduit vers l’image en mouvement et elle réalise des entretiens filmés avec la jeunesse au Moyen-Orient (Egypte, Algérie), dans le contexte des révolutions. En 2012, elle aboutit cette recherche par une importante série sur les portes blindées à Alger.

Ses dernières investigations au Moyen-Orient l’emmènent à la frontière Jordano-Syrienne en 2014 où elle réalise un travail sur le camp de réfugiés Syriens d’Azraq.

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