Accord de coopé­ration nucléaire Israël - US ; Scé­narios « extrêmes » testés conjoin­tement par des com­man­dants US et israéliens

Yossi Melman et Amir Oren, mardi 15 avril 2008

Israël et les Etats-​​Unis viennent de signer un accord de coopé­ration nucléaire pré­voyant notamment le transfert de tech­no­logie en matière de construction de réacteur pour pro­duire de l’électricité, contournant ainsi le TNP dont Israël n’est pas signa­taire. Ils ont également mené le mois dernier des exer­cices mili­taires conjoints dont cer­tains basés sur des scé­narios « extrêmes ».

Israël et les Etats-​​Unis ont signé il y a quelques jours un accord de coopé­ration en matière de sécurité nucléaire Le nouvel accord actualise et élargit les accords pré­cé­dents signés entre les deux pays ces deux der­nières décennies. Cet accord va per­mettre à la Com­mission à l’Energie Ato­mique israé­lienne d’avoir accès à la plupart des données de sécurité les plus récentes, de même qu’aux pro­cé­dures et tech­niques les plus avancées actuel­lement dis­po­nibles aux US.

Cet accord a été signé par le directeur de la Com­mission à l’Energie Nucléaire le DC Shaul Horev, et le pré­sident de la Com­mission de Régu­lation Nucléaire des US le DC Dale Klein. Horev a aussi ren­contré son homo­logue amé­ricain, le directeur de l’Administration de la Sécurité Nationale Nucléaire US, M. Thomas D’Agostino.

Bien que l’accord soit de nature essen­tiel­lement tech­nique, il a une signi­fi­cation plus impor­tante, car de nom­breux pays ne sont pas enclin à coopérer avec Israël en matière de nucléaire y compris les US, car Israël n’est pas signa­taire du TNP. Néan­moins, les US ont passé des accords sur la sécurité nucléaire avec Israël. De plus, Israël a également un accord de coopé­ration limitée sur les sujets de sécurité nucléaire avec l’AIEA , et a adopté les normes strictes et les pro­cé­dures de sécurité de l’Agence basée à Vienne.

Ces der­nières années, Israël a essayé d’améliorer et d’élargir ses rela­tions dans le domaine nucléaire avec le plus de pays et d’organisations pos­sibles. Ceci a été fait pour briser son iso­lement dans ce domaine, mais aussi par besoin d’assistance étrangère, pour aider à assurer la sécurité de son centre de recherche nucléaire de Dimona, de même que pour gérer les déchets nucléaires générés par le site.

Le réacteur de Dimona – que des articles étrangers disent être utilisé par Israel pour déve­lopper des armes nucléaires (il est interdit à la presse israé­lienne de parler direc­tement de Dimona comme d’un centre de fabri­cation d’armes nucléaires, sous peine de censure mili­taire ndlt) - a été ins­tallé il y a presque cinq décennies et est considéré comme rela­ti­vement vieux. Des experts dans ce domaine ont exprimé des inquié­tudes concernant la pos­si­bilité que des acci­dents tou­chant à la sécurité puisent s’y pro­duire, car il n’est pas sous sur­veillance inter­na­tionale à cause du caractère secret de ses activités.

Cependant, Israël a affirmé que le réacteur avait été rénové ces der­nières années et que la sécurité à cet endroit répondait aux normes de sécurité inter­na­tionale les plus élevées.

La Com­mission à l’Energie Ato­mique d’Israel (IAEC) a noté que des vieux réac­teurs aux US ont été rénovés de la même façon et ont reçu des auto­ri­sa­tions pour continuer leurs acti­vités pendant des décennies. L’IAEC est res­pon­sable du fonc­tion­nement du réacteur de Dimona, et également pour y super­viser la sécurité. La super­vision est réa­lisée en coopé­ration avec un orga­nisme inter minis­tériel, le Comité pour la Sécurité Nucléaire.

Ces der­nières années, cer­tains membres haut placés de l’IAEC ont appelé à la construction d’un réacteur pour pro­duire de l’électricité, afin de limiter la dépen­dance aux impor­ta­tions de pétrole, et en pré­vision de l’épuisement des réserves pétrolières.

Cependant, on s’attend à ce qu’Israël ren­contre une ferme oppo­sition à l’étranger pour la construction d’un réacteur pour la pro­duction d’électricité à cause de son refus de signer le TNP. L’une des options envi­sagées était de rechercher un accord avec les US auto­risant un transfert de tech­no­logie pour la construction d’un tel réacteur. Les US ont récemment été sur le point de signer un accord iden­tique avec l’Inde, mais en raison d’une oppo­sition poli­tique inté­rieure dans le pays, cet accord ne s’est pas réalisé.

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Scé­narios « Extrêmes » Testés Conjoin­tement par des Com­man­dants US et Israéliens

Les forces armées israé­liennes et le Com­man­dement Européen US (EUCOM) ont achevé un exercice d’entraînement mili­taire aux quar­tiers généraux de l’armée à Tel Aviv hier soir. L’exercice faisait partie de séries d’exercices d’entraînement actuel­lement en cours dénommés Juniper Falcon, menés par les US en Europe et en Israël.

Les 4 jours d’exercices ont eu lieu au Camp Aviv, situé près du Musée His­to­rique de Palmach à Ramat Aviv. Des offi­ciers du com­man­dement général de l’armée israé­lienne et de l’armée de l’air et de la marine ont par­ticipé à cet exercice. Le chef de l’équipe israé­lienne, était le Bri­gadier général Yossi Heiman, à la tête de la division de la pla­ni­fi­cation stra­té­gique et des rela­tions étran­gères au sein du direc­torat de pla­ni­fi­cation. L’équipe US avait à sa tête le bri­gadier général de la marine US Mark Bri­lakis, vice directeur pour les plans des opé­ra­tions du direc­torat de l’EUCOM, et du Centre des Opé­ra­tions. La nuit der­nière s’est également terminé un exercice du com­man­dement sud de l’armée, basé sur un scé­nario d’escalade dans ces sec­teurs, en par­ti­culier à Gaza. Cet exercice, comme Juniper Flacon, impli­quaient prin­ci­pa­lement les quar­tiers généraux de com­man­dement et non les forces opérationnelles.

Juniper Falcon fait partie de l’accord de coopé­ration stra­té­gique signé entre Israël et les Etats-​​Unis en 1984. Israël est le seul pays au Moyen Orient qui reste dans la sphère d’influence du com­man­dement européen US, après que la res­pon­sa­bilité pour la Syrie et le Liban ait été trans­ferée au com­man­dement central USCENTCOM, de même que pour l’Egypte, la Jor­danie, l’Irak et l’Arabie Saoudite.

A la fin de l’exercice, les deux côtés ont annoncé que des scé­narios « extrêmes » ont été testés, un défi aux armées par­ti­ci­pantes pour s’entraider. Les scé­narios ont été amé­nagés par rapport au présent, en se basant sur des évène­ments du passé portant sur plu­sieurs années, ou sur des évène­ments pouvant se pro­duire dans un futur proche. Les créa­teurs de ces exer­cices n’ont pas utilisé les noms des états arabes actuels ou de groupes « ter­ro­ristes » (les « sont de notre fait, car sont dénommés ainsi par les amé­ricano sio­nistes tous les mou­ve­ments de résis­tance à l’occupation colo­niale ndlt).

L’équipe israé­lienne com­prenait des repré­sen­tants des sec­teurs de la pla­ni­fi­cation, des opé­ra­tions, du ren­sei­gnement, et de la logis­tique, de même que des offi­ciers de la Marine et de l’armée de l’air.

Lors d’un témoi­gnage devant le Congrès amé­ricain la semaine der­nière, le com­mandant d’EUCOM, le général de l’armée US Banzt J. Craddock, a mis l’accent sur l’importance de ces exer­cices conjoints entre son com­man­dement et l’armée israélienne.

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[1] Source : Article de Yossi Melman 14÷04÷08 www​.haaretz​.com

[2] Source : Article d’Amir Oren 20÷03÷08 www​.haaretz​.com