Abbas ne reconduira pas Salam Fayyad à la tête d’un nouveau gouvernement

Karim Lebhour, mardi 14 avril 2009

Le pré­sident pales­tinien Mahmoud Abbas a décidé d’accéder à la demande du Hamas et de ne pas recon­duire le Premier ministre Salam Fayyad à la tête d’un nouveau gouvernement.

Malgré l’ouverture de négo­cia­tions inten­sives ces der­niers mois, Hamas et Fatah ne par­viennent tou­jours pas à s’entendre sur un gou­ver­nement d’union. Le Hamas veut avoir le droit de désigner le pro­chain Premier ministre pales­tinien et a réclame la majorité des sièges au sein d’un éventuel gou­ver­nement d’union avec le Fatah de Mahmoud Abbas. Ces exi­gences ont été for­mulées mer­credi au len­demain de la reprise des négo­cia­tions inter-​​palestiniennes du Caire.

Les jours de Salam Fayyad à la tête du gou­ver­nement pales­tinien sont désormais comptés. Mahmoud Abbas a renoncé à recon­duire son Premier ministre à la tête d’un nouveau gou­ver­nement ; le Hamas menaçant de rompre les pour­parlers de récon­ci­liation. Le geste aurait été d’autant plus mal compris que Salam Fayyad a annoncé son départ le mois dernier, le qua­li­fiant même de définitif.

Salam Fayyad, très apprécié de la com­mu­nauté inter­na­tionale, reste pour l’instant en poste, au moins jusqu’aux nou­velles négo­cia­tions entre Hamas et Fatah, prévues à la fin du mois.

Et si les deux parties ne par­viennent tou­jours pas à se mettre d’accord, l’Egypte propose une alter­native, celle de créer un comité de coor­di­nation, une sorte de gou­ver­nement bis, qui ferait le lien entre le gou­ver­nement de Gaza et de Cis­jor­danie ; les Pales­ti­niens n’auraient alors tou­jours pas d’Etat, mais pour­raient se pré­valoir de trois entités gou­ver­ne­men­tales dif­fé­rentes. [1]

par ailleurs, selon Ma’an news relayé par PNN, Hamas et Fatah s’entendent pour stopper les arres­ta­tions de leurs militants.

La ren­contre des délégués du Hamas et du Fatah jeudi dernier à Gaza a abouti sur la pro­messe de mettre fin aux arres­ta­tions de mili­tants en Cis­jor­danie et dans la bande de Gaza pour leurs affi­lia­tions poli­tiques. C’est ce que rap­portait Ibrahim Abu An-​​Naja, l’un des leaders du Fatah présent à Gaza pour les discussions.

Des mili­tants du Hamas en Cis­jor­danie et ceux du Fatah a Gaza sont régu­liè­rement arrêtés pour leur appar­te­nance à un ‘’parti ennemi’’. Ces arres­ta­tions font l’objet de vives ten­sions entre les deux forces poli­tiques principales.

"Nous avons convenu que les arres­ta­tions motivées par des raisons poli­tiques sont inac­cep­tables’’ a déclaré Abu An-​​Aja.

Il a sou­ligné que les délégués avaient abordé plu­sieurs sujets de contro­verse au cours de la réunion, mais a refusé de qua­lifier la ren­contre d’alternative au dia­logue national du Caire que beaucoup jugent dans l’impasse. [2]