60 ans d’occupation et de souffrance, 60 ans de résistance et de détermination

Ziad Medoukh, mardi 13 mai 2008

15 mai 2008 : 60 ans depuis la création de l’Etat d’Israël sur les ter­ri­toires pales­ti­niens, après la des­truction de vil­lages pales­ti­niens -plus de 400 vil­lages furent rayés de la carte - et l’expulsion de la popu­lation indigène à l’extérieur de leur terre-​​ ce sont au minimum 700 000 Pales­ti­niens qui devinrent des réfugiés.

Soixante ans de souf­france, 60 ans d’humiliation, 60 ans de douleur et 60 ans de patience, mais 60 ans de déter­mi­nation pour un peuple qui continue sa résis­tance his­to­rique contre les forces de l’occupation israé­lienne malgré toutes les pertes et en dépit de notre situation dra­ma­tique causée par ces longues années d’occupation. Le 15 mai 1948 est le début d’une longue his­toire de souf­france, d’occupation et d’humiliation pour notre peuple, le peuple isolé, le peuple enfermé et le peuple cou­rageux, le peuple pales­tinien, le peuple qui est en train de vivre actuel­lement une situation très dif­ficile depuis sa Nakba ou la catas­trophe de 1948 qui restera dans la mémoire de toutes les géné­ra­tions palestiniennes.

Depuis 1948 et jusqu’à nos jours, notre peuple pales­tinien souffre de toutes les mesures de l’occupation : massacres-​​crimes-​​attaques-​​agressions-​​humiliations-​​difficultés-​​ bombardements-​​fermeture-​​encerclement-​​prisons.

La catas­trophe pour les Pales­ti­niens a com­mencé par des mas­sacres et par des crimes commis par les forces de l’occupation israé­lienne contre des femmes et des enfants voire des vieillards isolés, qui ont été obligés de quitter leurs maisons et leurs vil­lages occupés par les mili­taires israé­liens. La majorité de ces Pales­ti­niens sont tou­jours réfugiés dans les pays arabes voisins et attendent tou­jours leur droit au retour dans leur villes et vil­lages d’origine. Ils rêvent de retrouver Jaffa , Haifa, Nazareth, Ramla et Safad, ils gardent tou­jours les clés de leurs maisons en gardant l’espoir de revenir tou­jours vivre sur leur terre palestinienne.

Ces mas­sacres, de Deir Yassin et Haifa depuis la Nakba de 1948 en passant par Sabra et Chatila et en arrivant à Jabalya en 2008, montrent le vrai visage de l’occupation qui a créé son Etat sur les souf­frances d’un autre peuple, un Etat qui, encore aujourd’hui, pra­tique l’épuration eth­nique, viole le droit inter­na­tional, inflige une punition col­lective mons­trueuse à la popu­lation civile de Gaza et de Cis­jor­danie et continue à dénier aux Pales­ti­niens leurs droits humains et leurs aspi­ra­tions nationales.

Nous célé­brons le soixan­tième anni­ver­saire de la Nakba, la catas­trophe de la dépos­session et de l’expulsion de près d’un million de Pales­ti­niens de leurs villes et vil­lages après des mas­sacres et des crimes commis par les Israé­liens. Cette catas­trophe dure encore, comme en témoigne la laideur des camps de réfugiés au Liban, en Jor­danie, en Syrie et en Palestine même.

Nous célé­brons cette occasion cette année qui est marquée par la division pales­ti­nienne, le blocus imposé à la popu­lation civile dans la Bande de Gaza mais surtout de l’absence des pers­pec­tives pour un pro­cessus de paix en plein échec avec la non appli­cation israé­lienne de tous les accords de paix signés et garantis par la com­mu­nauté internationale.

Les Pales­ti­niens rendent hommage en cette occasion triste à tous nos martyrs tombés pour une Palestine libre, à tous nos détenus et pri­son­niers qui ont passé de longues années der­rière les bar­reaux israé­liens, mais surtout à nos réfugiés qui attendent tou­jours dans les camps de réfugiés dans les pays d’exil et en Palestine, et qui rêvent de retrouver leurs villes et vil­lages d’origine.

Aujourd’hui, et après 60 ans passés de cette catas­trophe, nous sommes tou­jours occupés, malgré tous les accords signés, malgré toutes les pro­messes, malgré toutes les réso­lu­tions inter­na­tio­nales, malgré toutes les garanties inter­na­tio­nales, nous souf­frons tou­jours et nous restons tou­jours occupés et notre terre est tou­jours est dans les mains des colons et des soldats occupants.

Il ne faut pas oublier l’histoire noire de cette occu­pation. Cette com­mé­mo­ration de la Nakba nous rap­pelle cette his­toire noire de cette occu­pation aveugle qui déteste la vie et la lumière, une occu­pation qui a privé les Pales­ti­niens non seulement de leur terre, mais aussi de leurs droits les plus fondamentaux.

Nous, les Pales­ti­niens, nous n’allons pas oublier nos martyrs, nos blessés, les larmes de nos enfants et les cris de nos mères, ni nos pri­son­niers et les sacri­fices d’un peuple qui a donné tout pour que la Palestine vive, et nous n’allons pas baisser les bras contre l’occupation : tout cela est écrit dans la mémoire d’un peuple cou­rageux, un peuple qui lutte pour la liberté et pour la paix.

Après 60 ans d’occupation, nous avons le droit d’être libres et nous avons le droit d’avoir un Etat libre et indé­pendant. Après 60 ans de souf­france, nous rêvons tou­jours de vivre dans un Etat libre et autonome mais nous rêvons surtout d’une paix juste et durable dans notre région.

Après 60 ans de négli­gence, nos réfugiés pales­ti­niens dans les camps de l’intérieur et du dia­spora ont le droit de revenir trouver leurs vil­lages et villes d’origine, ils ont le droit de retourner vivre sur la terre de leurs pères, car le droit au retour de tous les réfugiés expulsés depuis 1948 est sacré.

A cette occasion nous allons continuer nous, les Pales­ti­niens, notre atta­chement à notre terre et à notre chère et seule patrie : la Palestine. Malgré nos pertes et malgré notre souf­france, nous res­terons tou­jours fidèles à nos prin­cipes : la liberté et la paix.

En cette occasion nous avons un seul mot à dire : la Palestine malgré toutes ces années de souf­france et de douleur, malgré toutes les mesures de l’occupation et malgré l’indifférence de la com­mu­nauté inter­na­tionale impuis­sante, restera tou­jours vivante et notre pays sera libre un jour grâce aux sacri­fices de notre peuple courageux.Un peuple qui demande une chose en cette occasion : le respect et l’application du droit inter­na­tional en Palestine.