53 000 Palestiniens coincés par le “Mur”

Gilles Paris, vendredi 9 juillet 2010

L’Office des Nations unies chargé de coor­donner l’aide huma­ni­taire (OCHA) produit très régu­liè­rement des rap­ports sur la situation dans les ter­ri­toires palestiniens.

Cinq ans après la condam­nation de la “clôture de sécurité” érigée par Israël en ter­ri­toire pales­tinien par la Cour inter­naionale de justice de La Haye (jugement qui n’a produit aucun effet sur le terrain, les seules inflexions étant liées à des déci­sions de la Cour suprême israé­lienne), il publie un bilan de ses consé­quences pour les Pales­ti­niens en matière de santé [1]. Une occasion pour décliner un certain nombres de données statistiques.

Premier rappel, la “clôture” jus­tifiée par les auto­rités pour mettre un terme aux attentas pales­ti­niens per­pétrés en Israël au début de la deuxième intifada, est encore loin d’être ter­minée : si le dis­po­sitif sécu­ri­taire est opé­ra­tionnel sur 61,4% de son tracé (8,4% sont en construction) plus du quart (30,1) reste encore à construire. Un simple coup d’oeil sur la carte pré­sentée par OCHA permet de com­prendre pourquoi : les sec­tions inachevées ren­voient à des déci­sions éminemment poli­tiques à savoir l’annexion uni­la­térale de “blocs” impor­tants de colonies à Israël.

Prin­cipal ensei­gnement : la construction de cette “clôture” majo­ri­tai­rement (85% du tracé) à l’intérieur de la Cis­jor­danie a pris au piège un nombre impor­tants de Pales­ti­niens. Ces der­niers sont coincés entre la Ligne verte (le ter­ri­toire israélien leur est inac­ces­sible) et la “clôture”. 53 000 Pales­ti­niens sont dans ce cas, dont 28 000 qui habitent dans deux enclaves (Az-​​Zawiya et Dir Nabala, voir les deux extraits de carte ci-​​dessous).

Si on se fie à la com­plexité du tracé (deux fois plus long que la Ligne verte pour pouvoir englober le maximum de colonies) et à la lourdeur du dis­po­sitif mis en place, on n’a peu de doutes sur sa pérennité. Dans son argu­men­taire pré­senté à la Cour inter­na­tionale de justice, l’Etat d’Israël avait pourtant tenu un tout autre discours :

“Israel has said time and again that the fence is intended solely as a tem­porary, non­violent, defensive measure to guard against suicide and other attacks against Israel and Israelis. The fence does not, and is not intended, to pre­judice the outcome of poli­tical nego­tia­tions on borders, Jeru­salem, set­tle­ments or any other issue. Israel expects, in due course, when the ter­rorist threat has ceased, that the fence will be moved to reflect any agreement between the two sides.” [2]

[1] rapport en anglais en PJ

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[2] "Israël a dit à maintes reprises que la bar­rière est conçue seulement comme une mesure défensive tem­po­raire non vio­lente afin de pré­venir des attentats et autres attaques contre Israël et les Israé­liens. La bar­rière ne doit pas porter pré­judice aux résultats des négo­cia­tions poli­tiques sur les fron­tières, Jéru­salem, les colonies ou toute autre question, et elle ne le fait pas. Israël prévoit qu’en temps voulu, quand la menace ter­ro­riste aura cessé, la bar­rière pourra être déplacée au gré des accords entre les deux parties". Trad : CL, Afps