Photo : Des Palestiniens inspectent les ruines de leurs maisons détruites par une frappe israélienne à Khan Younis au sud de Gaza, 1er mai 2025 © Quds News Network
Une importante étude évaluée par des pairs a révélé que plus de 75 000 personnes ont été tuées de manière violente à Gaza au cours des 16 premiers mois de la guerre, soit près de 50 % de plus que le bilan officiel communiqué à l’époque.
L’étude de The Lancet, intitulée « Violent and non-violent death tolls for the Gaza conflict » (Bilan des morts violentes et non violentes du conflit à Gaza), indique qu’entre le 7 octobre 2023 et le 5 janvier 2025, environ 75 200 Palestiniens ont été tués dans l’enclave, contre 49 090 enregistrés par le ministère de la Santé de Gaza.
Parmi ces victimes, l’étude estime que 42 200 étaient des femmes, des enfants et des personnes âgées de plus de 64 ans, ce qui représente 56,2 % des morts violentes et confirme les données démographiques fournies par le ministère.
Sur la base d’une enquête menée auprès de 2 000 familles de Gaza sélectionnées pour représenter la population de l’enclave, les participants ont été invités à détailler les décès survenus au sein de leur famille. Le nombre de familles documente la situation de 9 729 membres de ménages au 6 octobre, en plus des nouveau-nés.
Outre les décès violents, l’étude a estimé que 16 300 Palestiniens sont morts de causes non violentes, dont 8 540 représentent des décès excédentaires.
Les décès excédentaires désignent le nombre de décès qui surviennent au-delà de ce qui est attendu dans des circonstances normales.
« Les données combinées suggèrent qu’au 5 janvier 2025, 3 à 4 % de la population de la bande de Gaza avait été tuée de manière violente et qu’un nombre important de décès non violents avaient été causés indirectement par le conflit », indique l’étude.
Selon les dernières statistiques enregistrées jeudi par le ministère de la Santé de Gaza, 72 069 Palestiniens ont été tués dans la guerre que mène actuellement Israël contre l’enclave, dont 611 depuis le début du cessez-le-feu.
Ce chiffre est inférieur à l’estimation présentée dans l’étude, bien qu’il couvre une période supérieure d’un an à celle de l’enquête et inclue une période de conflit accru suite à la rupture d’un deuxième cessez-le-feu, qui a ensuite provoqué une famine dans le nord de l’enclave.
Tout au long de la guerre, Israël et ses partisans ont rejeté les chiffres présentés par le ministère de la Santé de l’enclave, les qualifiant de « propagande du Hamas », et ont attribué la responsabilité de la mort par famine des Palestiniens à des « problèmes de santé sous-jacents ».
Cependant, le rapport ajoute : « La validation des rapports du ministère de la Santé [de Gaza] à l’aide de plusieurs méthodologies indépendantes confirme la fiabilité de ses systèmes administratifs d’enregistrement des victimes, même dans des conditions extrêmes. »
L’armée israélienne a ensuite admis en janvier qu’elle acceptait ces chiffres lors d’un briefing avec des journalistes.
La guerre menée par Israël contre Gaza a dévasté l’enclave, endommageant ou détruisant la plupart de ses logements et infrastructures de base, ses écoles et son secteur médical.
La guerre a été qualifiée de génocide par une commission des Nations unies, une affirmation qui a été soutenue par des spécialistes de l’Holocauste et du génocide ainsi que par des ONG.
La Cour internationale de justice de La Haye examine actuellement une affaire portée devant elle par l’Afrique du Sud, qui accuse Israël d’avoir violé la Convention sur le génocide, ce que la Cour a jugé plausible dans une décision préliminaire rendue en 2024.
La Cour pénale internationale a également émis des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant pour crimes de guerre.
Traduction : AFPS




