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Accueil > Informations > Analyses > Un chaos calculé : dans les coulisses du transfert par Israël des corps de Palestiniens vers Gaza
Analyses
vendredi 17 juillet 2026
+972 Magazine par Frances Brogan

Un chaos calculé : dans les coulisses du transfert par Israël des corps de Palestiniens vers Gaza

Des travailleurs humanitaires décrivent un système désorganisé et délibérément opaque de rapatriement des Gazaouis, morts ou vivants, au cours des premiers mois du génocide — un système qui aide à expliquer pourquoi des milliers de personnes sont toujours portées disparues.

Photo : Recherche des corps palestiniens dans la fosse commune creusée par l’armée israélienne près de l’hôpital Al-Shifa à Khan Younis, avril 2024 © Quds News Network

À 6 heures du matin, par une glaciale matinée de décembre 2023, un chauffeur routier de Gaza a ouvert le couvercle d’un conteneur métallique de 12 mètres de long. À l’intérieur, soigneusement empilés et enveloppés dans du nylon bleu vif maintenu par des attaches en plastique, il a découvert les restes de 80 Palestiniens, hommes, femmes et enfants.

Des responsables de l’Administration de coordination et de liaison (CLA) pour Gaza — la branche locale du COGAT, l’unité militaire israélienne chargée de gérer les affaires civiles des Palestiniens sous occupation israélienne — avaient appelé des agents de l’ONU plus tôt dans la matinée, leur demandant d’organiser la récupération du conteneur depuis un terminal situé près du point de passage de Karem Abu Salem/Kerem Shalom, entre la bande de Gaza, Israël et l’Égypte. Ariel, un employé de l’ONU en poste à proximité (qui a demandé à ce qu’on utilise un pseudonyme et des pronoms neutres par crainte de représailles de la part d’Israël), avait envoyé le chauffeur au terminal, lequel avait ensuite transporté le conteneur du côté gazaouite du point de passage.

Même si la CLA avait refusé de fournir des détails, Ariel savait ce qu’il y avait à l’intérieur. La réticence des responsables avait éveillé ses pires soupçons, et les parois métalliques du conteneur, percées de trous, dégageaient une odeur putride de cadavres en décomposition perceptible à 30 mètres à la ronde. Mais Ariel ne voulait pas voir cela de ses propres yeux ; il avait des livraisons d’aide d’urgence à superviser, et la gestion des cadavres ne faisait pas partie de son mandat. Ce fut un soulagement lorsque le personnel du ministère de la Santé de Gaza vint récupérer le conteneur le lendemain matin.

Les corps étant arrivés sans identification et à différents stades de décomposition — et Israël ayant systématiquement bloqué l’entrée à Gaza de matériel d’identification médico-légale, notamment de kits de tests ADN —, il a été impossible de contacter les familles des défunts.

Ariel et ses collègues avaient déjà contribué au rapatriement de dizaines de détenus palestiniens vers Gaza depuis des prisons israéliennes et des camps de détention militaires via Karem Abu Salem. Ils ne savaient pas avec certitude si les corps contenus dans ce conteneur appartenaient à des détenus décédés en détention israélienne ou à des personnes tuées à Gaza puis transportées en Israël. L’identité des défunts et les circonstances de leur décès restent inconnues.

Il ne s’agissait pas d’un cas isolé. Des entretiens menés auprès de plus de 15 travailleurs humanitaires, dont la plupart ont souhaité garder l’anonymat par crainte d’être pris pour cible par Israël, révèlent un système dans lequel le rapatriement par Israël de Gazaouis, morts ou vivants, au cours des premiers mois du génocide, s’est déroulé sans préavis, sans transparence et pratiquement sans aucune trace écrite fiable.

Les témoignages d’Ariel et d’autres travailleurs humanitaires apportent un éclairage nouveau sur les raisons pour lesquelles l’ONU et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont eu tant de mal à rendre compte du sort de milliers de Palestiniens détenus par Israël depuis le début du génocide en octobre 2023, y compris ceux qui auraient pu mourir en détention. Ces témoignages soulèvent également des questions quant à l’exactitude des données publiées, laissant entendre que le sort des disparus dont on ignore tout — qu’ils soient morts ou vivants — pourrait ne jamais être connu.

Des centaines de corps non identifiés

Après le lancement par Israël de son offensive terrestre sur Gaza fin octobre 2023, l’armée a arrêté des milliers de Palestiniens et les a transférés vers des centres de détention militaires situés en Israël, notamment la tristement célèbre base de Sde Teiman. Là-bas, les détenus étaient maintenus en détention sans inculpation et totalement isolés du monde extérieur ; ils étaient privés de nourriture, torturés et victimes de violences sexuelles.

Les centres de détention militaires sont censés servir de lieux de rétention provisoire avant que les détenus ne soient transférés vers le système pénitentiaire israélien et officiellement enregistrés. Or, selon l’organisation israélienne de défense des droits de l’homme HaMoked, de nombreux Palestiniens qui ont été vus pour la dernière fois par des témoins alors qu’ils étaient en détention militaire ne sont jamais apparus dans les registres officiels des prisons ou de l’armée, ce qui entrave toute tentative de retrouver leur trace.

« Si toutes les violations des droits de l’homme imaginables sont sous-déclarées, c’est encore plus vrai pour les disparitions forcées », a déclaré Grażyna Baranowska, membre du Groupe de travail des Nations unies sur les disparitions forcées ou involontaires. Selon l’ONU, aucune guerre ni situation d’urgence ne peut justifier la disparition forcée d’individus ; lorsqu’elle est pratiquée à grande échelle ou de manière systématique, elle peut constituer un crime contre l’humanité.

En mai 2024, les agents de l’ONU à Karem Abu Salem avaient facilité le retour à Gaza de plus de 1 500 détenus palestiniens vivants et reçu un total de 227 corps non identifiés lors de trois livraisons distinctes : 80 en décembre 2023, 100 en janvier 2024 et 47 en mars 2024. Selon Zaher Al-Wahidi, un responsable sanitaire à Gaza, le ministère de la Santé a transféré les corps reçus à l’hôpital Mohammed Yousef El-Najar, situé à proximité, à Rafah. Les défunts ont finalement été enterrés dans une fosse commune de la ville, sans aucune stèle pour commémorer cette perte.

Le suivi systématique mené par l’ONU a pris fin en mars 2024, lorsque l’incursion israélienne à Rafah a considérablement restreint l’accès humanitaire au point de passage (Israël a restitué 100 corps supplémentaires en août 2024 et 88 en septembre, que le ministère de la Santé a transportés vers le complexe médical Nasser à Khan Younis avant qu’ils ne soient inhumés au cimetière autrichien). Même avant cela, cependant, le travail de suivi était fragmenté et ponctuel, car il incombait à des travailleurs humanitaires dont les responsabilités officielles n’incluaient pas la prise en charge des détenus ou des défunts, et les notifications d’Israël concernant les retours imminents étaient minimes, voire inexistantes.

Le chiffre total de 415 corps déposés à Karem Abu Salem entre décembre 2023 et septembre 2024 correspond aux estimations des travailleurs humanitaires impliqués dans ces transferts. Bon nombre de ces corps étaient en état de décomposition, avaient des membres manquants ou étaient mutilés ; certains étaient décapités ou avaient été écorchés. Les livraisons comprenaient également des parties de corps démembrées, ce qui rendait impossible la détermination du nombre exact de corps restitués. Aucun de ces corps n’a depuis été identifié.

« L’occupant israélien a refusé de nous fournir la moindre information permettant d’établir leur identité ou de connaître les circonstances de leur décès », a déploré Zaher Al-Wahidi. Le fait de ne pas identifier les défunts, de ne pas traiter les dépouilles humaines avec dignité et de ne pas protéger les personnes en détention constituent autant de violations du droit international humanitaire.

Le transfert clandestin par Israël de corps de Palestiniens en septembre 2024 est la dernière livraison de ce type dont on ait connaissance. L’armée a restitué plusieurs centaines d’autres corps de Palestiniens dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu conclu en octobre dernier, et a continué à libérer de petits groupes de détenus vivants via les postes-frontières de Karem Abu Salem et de Kissufim, principalement en coordination avec le CICR.

Aujourd’hui, après près de trois ans de génocide, environ 8 000 Gazaouis sont toujours portés disparus, selon le Centre palestinien pour les personnes disparues et victimes de disparitions forcées. Mais ces chiffres reposent principalement sur les déclarations des proches. Le nombre réel est presque certainement plus élevé, car des familles entières ont été tuées à Gaza, ne laissant personne pour signaler leur disparition.

Sur les 5 400 demandes de recherche soumises par des familles de Gaza via HaMoked, plus de 1 800 habitants sont toujours portés disparus, l’armée israélienne n’ayant fourni aucune indication quant à leur arrestation ou leur détention.

Tal Steiner, directrice exécutive de HaMoked, estime que la plupart de ces personnes toujours portées disparues sont probablement décédées, bien qu’il soit difficile de déterminer si elles ont été tuées dans des lieux de détention improvisés à l’intérieur de Gaza, sous la garde de l’armée israélienne, dans des zones de combat, après avoir été utilisées comme boucliers humains par l’armée israélienne, ou si elles sont encore ensevelies sous les décombres des frappes aériennes israéliennes. Certaines d’entre elles figuraient peut-être parmi les corps non identifiés qui ont ensuite été restitués à Gaza.

Cette incertitude est exacerbée par la longue histoire, bien documentée, d’Israël consistant à retenir les corps des Palestiniens. En janvier 2026, l’État détenait les dépouilles d’au moins 776 Palestiniens remontant à 1967, dont 88 personnes décédées alors qu’elles étaient détenues par l’Administration pénitentiaire israélienne (IPS) ou par l’armée après le 7 octobre.

« Tout se fait de manière spontanée — et cela fait partie de leur plan »

Le caractère aléatoire du rapatriement des détenus et des dépouilles explique en partie pourquoi il n’existe aucun décompte fiable. Bien que le CICR soit le seul, en vertu du droit international humanitaire, à être mandaté pour faciliter la libération des prisonniers et le rapatriement des dépouilles, les trois premiers convois de corps non identifiés ont tous été réceptionnés par du personnel des Nations unies. Selon Ariel, les responsables de la CLA n’ont dans un premier temps informé que les agents de l’ONU — et non le CICR — de la libération des détenus et de l’arrivée des conteneurs contenant les corps, obligeant ainsi le personnel humanitaire à improviser une réponse et à solliciter l’aide du CICR a posteriori.

L’offensive israélienne de mai 2024 à Rafah a détruit l’entrepôt destiné à accueillir les détenus et a limité de manière permanente les opérations humanitaires de l’Office de secours et de travaux des Nations unies (UNRWA) dans la région. En fin de compte, la gestion du retour des détenus a incombé au CICR. Mais les travailleurs humanitaires et les chercheurs d’autres agences interrogés dans le cadre de cette enquête se sont montrés sceptiques quant à la question de savoir si le CICR avait jamais disposé des capacités ou de l’accès suffisants pour mener à bien la tâche consistant à documenter avec précision les libérations et à apporter un soutien adéquat aux détenus.

Selon plusieurs travailleurs humanitaires familiers avec le processus, le personnel du CICR arrivait souvent aux centres d’accueil situés du côté de Gaza du point de passage après que les détenus eurent déjà été pris en charge par des agents de l’ONU, ou avec un effectif trop réduit pour mener correctement les entretiens avec les personnes de retour. À certaines occasions, le personnel ne s’est pas présenté à l’heure prévue, invoquant un manque de personnel et de ressources.

« Où était le CICR dans tout cela ? », a demandé un ancien haut responsable de l’UNRWA qui a souhaité garder l’anonymat. « [Ils étaient] inexistants. Pourquoi ne sont-ils pas venus ? »

En l’absence de toute autre intervention, c’est finalement le personnel de l’UNRWA qui a pris en charge l’accueil des détenus de retour et des dépouilles au cours des premiers mois de la guerre. Il a qualifié ce processus d’entièrement improvisé.

Avant la reprise de l’aide humanitaire via le point de passage de Karem Abu Salem le 17 décembre 2023, Israël libérait des détenus au point de passage sans préavis, et les agents de l’ONU n’apprenaient souvent leur arrivée qu’après leur retour à Gaza.

Ce n’est qu’à partir de ce mois-là que l’ONU a commencé à enregistrer systématiquement le retour des détenus, après qu’Ariel eut été confronté à l’arrivée inattendue de 70 détenus traumatisés et maltraités. « Ils étaient hystériques », a déclaré Ariel. « On ne pouvait pas les consoler. Ils ne savaient pas où ils étaient, ni ce qu’ils faisaient. »

Parmi ce groupe de détenus se trouvaient un homme de 85 ans qui avait été torturé, un aveugle qui avait été affamé et un homme dont les jambes brisées étaient maintenues par des broches.

Bouleversés par ce qu’ils avaient vu, Ariel a insisté auprès de la CLA pour qu’elle les prévienne à l’avance des prochaines libérations. Bien que cela dépasse largement le cadre de leurs responsabilités officielles, Ariel et d’autres travailleurs humanitaires ont transformé un entrepôt en centre d’accueil de fortune et se sont empressés de se procurer de la nourriture, des couvertures, des brosses à dents et tout ce qu’ils pouvaient trouver pour faciliter la transition des détenus.

Mais bien qu’Ariel et ses collègues aient mobilisé des ressources pour venir en aide aux détenus, le système de rapatriement est resté irrégulier en raison du refus d’Israël de respecter ses obligations de fournir des informations suffisantes. Lorsque des avis de retour étaient enfin communiqués, la CLA informait généralement le personnel de l’ONU tard dans la nuit que les détenus arriveraient à 6 heures du matin le lendemain, en fournissant souvent des chiffres inexacts concernant le nombre de personnes. Les libérations prévues étaient parfois annulées sans explication.

« Tout est spontané — et cela fait partie de leur plan », a déclaré Ariel, exprimant sa conviction que ce chaos administratif était calculé pour empêcher les travailleurs humanitaires de s’occuper de manière exhaustive des détenus de retour.

Parfois, les travailleurs humanitaires étaient autorisés à amener des bus jusqu’au point de passage. Mais à d’autres occasions, la CLA forçait les détenus — qui présentaient tous des signes de malnutrition, de mauvais traitements et de négligence médicale — à traverser pieds nus le couloir de trois kilomètres séparant les côtés israélien et palestinien de Karem Abu Salem.

Lors d’une libération, la CLA a empêché les travailleurs humanitaires d’apporter un fauteuil roulant pour transporter un garçon de 12 ans qui avait reçu une balle dans les jambes alors qu’il cherchait de la nourriture pour sa famille. Parfois, les soldats israéliens en poste au poste-frontière tiraient au sol pour inciter les détenus à courir, selon plusieurs travailleurs humanitaires qui en ont été témoins directs.

« Est-ce mon frère ? Est-ce mon père ? »

En raison du caractère désorganisé du processus de retour, le registre est incomplet depuis le début.

Les agents de l’ONU en poste du côté de Gaza au poste-frontière de Karem Abu Salem ont contribué à faciliter la libération des détenus tout au long des six premiers mois de la guerre ; le dernier décompte exhaustif de l’UNRWA remonte à avril 2024, peu avant que l’agence ne perde un accès fiable au poste-frontière et à ses environs. La fréquence des libérations variait considérablement, allant de deux fois par semaine à une fois toutes les trois semaines, selon plusieurs employés de l’UNRWA. Les groupes comptaient entre cinq et 100 détenus et comprenaient parfois des femmes, des personnes âgées et des enfants âgés d’à peine 12 ans.

Même après la mise en place de ce système ad hoc, des travailleurs humanitaires ont indiqué que certaines libérations s’étaient déroulées en dehors de ce cadre, et n’auraient donc pas été enregistrées. Le personnel humanitaire a rapporté avoir vu des détenus non enregistrés revenir à pied du poste-frontière d’Erez, qui était fermé aux travailleurs humanitaires pendant toute la durée de la guerre, et du poste-frontière de la Porte 96, rendu inaccessible par l’invasion de Rafah. « Il doit y avoir un écart considérable entre le nombre de personnes qui ont été enregistrées et celles qui ont reçu une aide », a déclaré un membre du personnel de l’ONU qui a souhaité garder l’anonymat par crainte de répercussions professionnelles.

Le manque de transparence concernant les libérations est indissociable de l’opacité dont fait preuve Israël sur des informations bien plus fondamentales : qui avait été détenu au départ, où ces personnes étaient détenues et combien d’entre elles étaient décédées en détention. Selon Naji Abbas, directeur du département des prisonniers et des détenus de l’organisation Physicians for Human Rights–Israel (PHRI), il a fallu sept mois à l’armée israélienne pour simplement répondre à la demande de l’organisation concernant le nombre de détenus décédés dans les centres de détention militaires.

À ce jour, 104 Palestiniens, dont 70 originaires de Gaza, sont confirmés comme étant décédés dans les centres de détention de l’IPS et sous garde militaire, selon M. Abbas. Mais PHRI estime que le nombre réel est bien plus élevé, en partie parce que l’armée a refusé de fournir des informations sur les détenus sous sa garde pendant les neuf premiers mois de la guerre. Au cours de cette période, a déclaré M. Abbas à +972, Israël a mis en œuvre « une politique systématique visant à tuer des Palestiniens [sous garde israélienne] ».

« Le système d’enregistrement des détenus, puis celui de diffusion de l’information, sont tous deux très, très chaotiques et défaillants », a déclaré Avshalom Matalon, qui mène des recherches sur les disparitions forcées de Palestiniens pour HaMoked. M. Matalon a ajouté que ce processus aurait dû être supervisé par le CICR, mais qu’Israël a interdit à l’organisation de rendre visite aux détenus palestiniens dans les prisons israéliennes et a dissimulé les informations concernant leur localisation tout au long de la guerre, entravant ainsi l’un des seuls mécanismes de responsabilisation.

« Vous ne trouverez les chiffres exacts nulle part ailleurs que auprès des autorités israéliennes », a déclaré Ajith Sunghay, qui dirige le Bureau des droits de l’homme des Nations unies en Palestine, à +972. En l’absence de ces chiffres, les Palestiniens de Gaza n’ont d’autre choix que d’essayer, seuls, de comprendre quel sort a été réservé à leurs proches.

« Les gens se renseignent sur leurs proches et les membres de leur famille qui sont détenus », a déclaré un travailleur humanitaire de Gaza. « Imaginez qu’il y ait environ 500 [cadavres] dans ces conteneurs. Est-ce mon frère ? Est-ce mon père ? Qui sont ces personnes ? »

Ni l’armée israélienne ni l’IPS n’ont répondu aux demandes de commentaires. Le CICR a décliné plusieurs demandes de commentaires.

Traduction : AFPS

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Mots clés

  • Gaza

Source

Publié par : +972 Magazine

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