Photo : Un colon fait paître son troupeau sur des terres agricoles palestiniennes à Umm al-Khair, Masafer Yatta, 2024 © Eid Hathaleen/Mistaclim
La guerre pour la terre en Cisjordanie occupée ne se mène plus uniquement par le biais d’arrêtés militaires de zonage ou de la construction massive de blocs de béton. De plus en plus, elle se règle au grand jour, à l’aide d’un troupeau de bétail, d’un 4x4 et d’un petit drone de surveillance, déplacés à travers les collines par des jeunes hommes masqués et armés connus sous le nom de « jeunes des collines ».
Grâce au modèle dit de « ferme de pâturage », ces groupes de colons sont passés d’un phénomène marginal de rébellion juvénile à un réseau de colonies organisé qui s’étend à grande vitesse, dévorant des centaines de milliers de dunums et poussant les communautés palestiniennes vers un déplacement silencieux et forcé. Il s’agit d’une stratégie conçue pour démanteler les frontières administratives tracées par les accords d’Oslo et pour régler le conflit sur le terrain en faveur d’une souveraineté totale des colons.
Ce schéma s’inscrit pleinement dans le « plan décisif » sioniste proposé par Bezalel Smotrich en 2017 et que le gouvernement d’occupation met désormais en œuvre par le biais de ses branches sécuritaires et financières, selon Adnan Naim, chercheur spécialisé dans les affaires israéliennes.
« La colonisation par le pâturage est un modèle qui va au-delà de l’expansion traditionnelle », a déclaré Naim. « Elle ne nécessite pas d’investissements colossaux. Elle commence par une tente, une caravane et un troupeau de moutons, et la zone environnante se transforme progressivement en une zone de contrôle effectif. L’idée n’est pas l’élevage en soi, mais d’utiliser le pâturage pour imposer un fait accompli. Lorsqu’un agriculteur palestinien est empêché d’accéder à ses terres par l’intimidation, celles-ci passent automatiquement dans la sphère d’influence des colons sans qu’il soit nécessaire de recourir à un arrêté de confiscation officiel. Cette stratégie permet à l’occupation d’étendre son contrôle à moindre coût, de vider la campagne palestinienne de ses habitants et de créer sur le terrain des faits difficiles à inverser, jusqu’à ce que la vie des Palestiniens sur leurs propres terres devienne impossible, prélude à une expulsion totale. »
Muhammad Halsa, spécialiste des affaires israéliennes, inscrit cette pratique dans l’idéologie du mouvement des colons religieux. Alors que le terrorisme juif était autrefois mené au nom de ce que ses partisans appelaient le droit du peuple juif à un État souverain, a-t-il expliqué, aujourd’hui, cet État étant établi, ses adeptes recourent à la violence pour trois raisons principales : la vengeance pour le meurtre de Juifs, le sabotage de tout processus politique qui impliquerait un retrait israélien des territoires palestiniens et, surtout, l’accélération de ce qu’ils considèrent comme la rédemption, c’est-à-dire la transformation de l’État israélien, actuellement laïc et libéral, en un État régi par la Halakha, la loi religieuse juive.
Le noyau de ces groupes est constitué d’adolescents et de jeunes, âgés pour la plupart de 14 à 25 ans. La plupart sont issus de familles appartenant au courant sioniste religieux des colonies de Cisjordanie et des grandes villes, avec une forte proportion de ce que l’on appelle socialement les « jeunes en décrochage » des écoles religieuses, ou ce que le gouvernement d’occupation qualifie de « garçons en situation de risque », des jeunes poussés vers les collines par des crises familiales et personnelles qui adoptent alors une idéologie servant à la fois de couverture et de moteur.
Ils sont imprégnés d’une idéologie kahaniste radicale tirée d’écrits extrémistes, dont certains réinterprètent des textes religieux, comme le livre « La Torah du roi », afin de légitimer la mainmise individuelle sur la terre ainsi que le meurtre et le nettoyage ethnique des non-juifs. Les membres de la « jeunesse des collines » se considèrent comme les véritables héritiers des Juifs de l’époque biblique, voient dans la colonisation un moyen d’accélérer la volonté de Dieu et de parvenir à la rédemption messianique, et considèrent la présence des Palestiniens comme un obstacle temporaire à éliminer.
Naim situe le danger non pas dans la religiosité elle-même, mais dans l’utilisation de la foi à des fins politiques. « Le danger réside dans l’utilisation de la religion comme outil politique pour effacer les droits d’un autre peuple, et non dans la piété en tant que telle », a-t-il déclaré. « Depuis 1967, et plus clairement après les années 1990, les groupes de colons ont fait pression pour augmenter les budgets des instituts religieux mobilisateurs, ce qui a donné naissance à un modèle d’endoctrinement selon lequel la terre est promise par Dieu et doit être conquise, et que quiconque s’y oppose doit être tué ou combattu. Cela ouvre grand la porte à la justification de la violence et des déplacements forcés au sein d’un système qui nie totalement l’autre. »
Le nom lui-même remonte à une remarque faite en 1998 par Ariel Sharon, qui avait exhorté les colons à se précipiter pour s’emparer des sommets, affirmant que tout ce qu’ils s’approprieraient leur appartiendrait et que tout ce qu’ils ne s’approprieraient pas reviendrait aux Palestiniens. Malgré leur faible niveau d’éducation scolaire et civique, les « jeunes des sommets » reçoivent un entraînement intensif en conditionnement physique, en techniques de combat et de défense, ainsi qu’en maniement et utilisation de diverses armes à feu, parallèlement à une formation pratique à l’agriculture et à la construction, à l’élevage du bétail et à l’utilisation de technologies modernes telles que les systèmes de surveillance, y compris les drones.
Halsa souligne la tendance contestataire qui caractérise leur formation. Selon lui, une génération de ces jeunes garçons a développé un comportement leur permettant de se soustraire à tout cadre officiel, animée par le mépris envers quiconque représente l’establishment officiel, y compris certains rabbins de la droite « modérée », ce qui les conduit à adopter des idées anarchiques à l’égard de l’État et de ses autorités.
Les colons n’opèrent pas toujours en marge du milieu officiel. Il existe une différence entre des individus commettant des agressions et un climat politique qui offre une protection, une indulgence, voire une légitimité à ces pratiques. Les « jeunes des collines » agissent selon une structure organisationnelle dans laquelle les rôles sont répartis entre le niveau politique et officiel et le niveau de terrain, soutenant et dirigeant le réseau de fermes et d’avant-postes de colonie.
La branche politique
Itamar Ben-Gvir, ministre de la Sécurité nationale, assure la couverture politique et sécuritaire du gouvernement, garantissant protection et légitimité officielle aux activités de colonisation et aux pratiques sur le terrain des groupes de colons.
Bezalel Smotrich, ministre des Finances, supervise l’allocation des budgets et des terres, ainsi que la levée des obstacles administratifs visant à légaliser les avant-postes et à développer leurs infrastructures.
Orit Strook, ministre chargée des colonies, appartient à l’extrême droite du gouvernement actuel et gère l’encadrement direct par le gouvernement ainsi que le financement du réseau d’exploitations agricoles d’élevage, en soutenant ses infrastructures et en fournissant aux exploitations du matériel et des services. Elle avait auparavant fondé ce qu’elle qualifiait d’organisation de défense des droits de l’homme en Cisjordanie occupée afin d’offrir une couverture juridique aux colons et aux éléments d’extrême droite.
Yehuda Elyahu dirigeait l’Administration des colonies au sein du ministère de la Guerre et venait d’être nommé directeur de l’Autorité foncière israélienne, chargée de la planification gouvernementale visant à organiser les avant-postes et à étendre le contrôle territorial, avant d’être démis de ses fonctions par une décision de la Cour suprême israélienne en raison de craintes de conflit d’intérêts liées à sa proximité avec Smotrich. Au cours de son mandat, il avait déjà signé un accord global avec le conseil régional des colonies du Shomron ainsi qu’un autre avec le conseil local de Karnei Shomron, qui permettront d’injecter des milliards de shekels dans les colonies et de construire des milliers de logements dans celles-ci.
Avihai Suissa est le directeur des opérations sur le terrain de l’organisation Hashomer Yosh, ce qui le rend directement responsable de la gestion et de la répartition des volontaires et des cadres chargés de protéger les avant-postes et les fermes des colonies. Il fait l’objet de sanctions de l’UE, que lui-même et son organisation s’efforcent de transformer en « insigne d’honneur » afin d’attirer des dons de l’extrême droite.
Zeev « Zambish » Hever est l’un des principaux dirigeants du Conseil des colonies de Yesha et directeur général du mouvement Amana, la plus grande institution chargée de la planification et de la création d’avant-postes agricoles et de fermes d’élevage.
Elisha Yered est un militant de terrain de premier plan et porte-parole médiatique des « jeunes des collines » ; il a travaillé comme porte-parole de la députée Limor Son Har-Melech, établissant ainsi un lien direct entre les milices de terrain et le pouvoir législatif de l’État. Via ses plateformes numériques, suivies par des dizaines de milliers de personnes, il se livre quotidiennement à des incitations à la haine en présentant les bergers palestiniens comme des agresseurs et les colons comme agissant en légitime défense, promeut des campagnes de financement et recrute des jeunes en décrochage scolaire comme « bergers gardes ». Il figure sur les listes de sanctions britanniques et européennes.
Gabriel Kalish est un chef de terrain et un superviseur chargé de la gestion des fermes de pâturage et des avant-postes. Il occupe le poste d’officier de sécurité militaire dans la colonie de Mevoot Yericho, près de Jéricho, et apparaît souvent vêtu de l’uniforme de l’armée d’occupation.
Zohar Sabah est un militant de terrain et un leader dans la création et la consolidation d’avant-postes, ainsi que le fondateur de l’avant-poste de pâturage Zohar et Reut, établi en 2022 dans le sud de la vallée du Jourdain. Il a été mis en examen par le tribunal central de Jérusalem pour son implication dans des actes de violence et des agressions aux abords de l’avant-poste, et fait également l’objet de sanctions internationales.
Yinon Levi est le principal suspect dans le meurtre du martyr Odeh al-Hathalin à Masafer Yatta ; il a été libéré après sa première arrestation, puis mis en examen. En août 2026, Levi a demandé au parquet de réexaminer l’acte d’accusation, affirmant que la situation sécuritaire justifiait l’usage de son arme en légitime défense. Levi a fondé la ferme Meitarim au sud d’Hébron et figure sur les listes de sanctions internationales pour avoir dirigé des groupes armés qui mènent des attaques contre des communautés bédouines dans le sud de la région d’Hébron, provoquant le déplacement de plusieurs d’entre elles.
Eliav Libi est un responsable de terrain et fondateur d’avant-postes de pâturage, ainsi qu’un membre du comité administratif du « syndicat des fermes ». Il a supervisé la création d’un certain nombre de fermes et d’avant-postes de pâturage et dirige un forum et une campagne intitulés « Homeward » visant à s’emparer de terres dans les zones A et B et à abolir les accords d’Oslo. Il a résumé sa stratégie dans une récente interview : « Après l’âne vient le bulldozer. L’endroit où passe le sentier est le même que celui où passera plus tard la route goudronnée. C’est ainsi que fonctionne le sionisme, et nous travaillons main dans la main avec l’État d’Israël. »
Au-delà de la structure de direction, le projet s’appuie sur un réseau d’institutions politiques, juridiques et financières, au premier rang desquelles figurent des organisations juives et des élites politiques influentes aux États-Unis, qui jouent des rôles intégrés dans la planification, le financement et la protection juridique, garantissant ainsi que les initiatives individuelles se transforment en un projet de colonisation systématique géré de manière étroitement coordonnée. Parmi les institutions les plus en vue de ce réseau :
Nachala, fondée en 2005 par le rabbin Moshe Levinger et Daniela Weiss, surnommée la « marraine de la colonisation », figure parmi les mouvements les plus en vue appelant à la recolonisation de Gaza et à l’expansion d’avant-postes épars.
Hashomer Yosh, la première organisation militaire de colonisation en Cisjordanie occupée, dont les racines historiques remontent à avant 1909 – époque à laquelle elle assurait la protection des colonies juives avant de contribuer à leur implantation –, fait désormais office de bras exécutif chargé du recrutement, de la formation et de la mise à disposition de gardes et de volontaires pour soutenir les agriculteurs colons.
Regavim, fondé en 2005 par Smotrich et Yehuda Elyahu en tant qu’organisme non gouvernemental chargé de surveiller les activités de construction et d’agriculture palestiniennes dans la zone C et de les contester devant les tribunaux, s’est progressivement transformé en une autorité administrative de premier plan sur ce territoire.
Honenu, une organisation juridique fondée en 2004 et basée dans la colonie de Kiryat Arba à Hébron, est spécialisée dans la fourniture d’une couverture juridique rapide et dans la défense des soldats et des colons des collines lorsqu’ils sont arrêtés ou font l’objet d’une enquête pour des actes de violence et d’agressions contre des Palestiniens.
Amana, fondée en 1979, est la plus grande institution œuvrant à la planification et à la création de nouvelles colonies et d’avant-postes en coopération avec les autorités d’occupation, parallèlement à ses activités illégales consistant à s’emparer de terres et à construire des avant-postes agricoles.
Ces outils de financement fonctionnent par le biais de plateformes numériques de financement participatif et de réseaux d’associations exonérées d’impôts aux États-Unis et dans d’autres pays occidentaux. Les fonds ne sont pas collectés à des fins humanitaires, mais servent directement à équiper les infrastructures, notamment en engins lourds et en matériel de terrassement tels que des bulldozers et des tracteurs destinés à tracer des routes vers les colonies et à niveler les terrains ; des troupeaux entiers de bétail coûtant des dizaines de milliers de shekels, utilisés comme « armées souples » pour étendre les zones visées par le contrôle ; des drones de surveillance, des lunettes de vision nocturne, des radios et des véhicules tout-terrain adaptés aux terrains accidentés et utilisables lors d’opérations de poursuite ; ainsi que des fournitures telles que des tentes, des caravanes mobiles, des panneaux solaires, des réservoirs d’eau et de la nourriture. Le site web des « jeunes des collines » fait office de branche financière et médiatique numérique du mouvement ; il est utilisé pour collecter des dons et contourner la surveillance financière ainsi que les sanctions internationales grâce à des passerelles de paiement dédiées.
Les sanctions, un argument de campagne
Les agressions perpétrées par les « jeunes des collines » et contre les exploitations pastorales ne constituent plus seulement un problème local, mais un dossier de terreur reconnu à l’échelle internationale. Face à l’escalade de la violence organisée par les colons, ainsi qu’aux meurtres et aux déplacements forcés qu’elle entraîne, en particulier à l’encontre des communautés bédouines, l’administration américaine, l’Union européenne et des États tels que la Grande-Bretagne, le Canada, la France et la Norvège ont été contraints d’imposer des interdictions de voyage et des gels d’avoirs à l’encontre de dirigeants de terrain de premier plan et des associations qui les soutiennent. Dans le même temps, les colons ont exploité ces sanctions, les transformant en preuve de leur efficacité et s’en servant pour solliciter la sympathie et des dons de l’extrême droite au sein de l’État d’occupation et des communautés sionistes à l’étranger, en lançant des plateformes numériques et des campagnes de collecte de fonds sous la bannière du « soutien aux fermes assiégées par la communauté internationale ».
Parmi les dirigeants les plus en vue figurant sur les listes de sanctions figurent Tzvi Bar Yosef, fondateur de la ferme Tzvi près de Ramallah ; Moshe Sharvit, propriétaire de la ferme Moshe dans la vallée du Jourdain ; Bentzi Gopstein, fondateur du mouvement extrémiste Lehava ; Daniela Weiss, directrice de Nachala ; et Baruch Marzel, figure de proue du courant extrémiste kahaniste.
Les données de la Commission de résistance au mur et aux colonies pour l’année 2026 révèlent que le pâturage pratiqué par les colons a dépassé le stade de la simple délinquance juvénile pour s’inscrire dans des rôles fonctionnels bien définis, s’inscrivant dans une stratégie d’aménagement clairement définie. Les chiffres font état de plus de 200 nouveaux avant-postes de colonies depuis le début de l’année, dont 29 créés rien qu’en juillet, répartis dans neuf gouvernorats, en tête desquels figurent Naplouse avec huit avant-postes et Ramallah avec cinq.
Les observations sur le terrain révèlent un schéma organisé de déplacement silencieux. Cette expansion, ainsi qu’une série recensée de 798 agressions directes commises par des colons au cours du mois de juillet, a entraîné le déplacement total de plus de 82 communautés bédouines et pastorales depuis le début de l’année 2026. Grâce au pâturage armé, les « jeunes des collines » parviennent à opérer un changement démographique et géographique et à éroder la zone C sans avoir recours à des chars ni à des décrets d’annexion officiels.
Les données de terrain montrent une répartition claire des rôles entre les agences de l’occupation et les colons. Les forces d’occupation israéliennes interviennent pour protéger les colons lors de leurs agressions, ouvrant le feu sur les Palestiniens qui se défendent, protègent leurs terres et leurs biens, et procédant à leur arrestation. La police d’occupation, pour l’essentiel, enregistre les plaintes contre X et classe les enquêtes sans suite judiciaire. Les libérations judiciaires répétées des assassins de martyrs palestiniens, comme ce fut le cas pour Elisha Yered, l’assassin du martyr Qusai Maatan du village de Burqa, à l’est de Ramallah, en 2023, illustrent le soutien explicite dont bénéficient ces colons de la part de dirigeants de droite tels que Ben-Gvir et Smotrich.
Concernant la présentation officielle des colons comme des « jeunes en décrochage », Naim souligne que cette terreur est devenue une structure intrinsèque de l’État. « Le terrorisme des colons n’est plus constitué d’actes individuels isolés, mais fait partie d’un système dans lequel idéologie et politique se chevauchent », a-t-il déclaré. « Parallèlement, il faut comprendre que ce projet de colonisation fait peser des fardeaux sécuritaires et politiques sur Israël lui-même, accroît son isolement international et aggrave la division au sein de sa population. Nous sommes donc confrontés à une bataille pour la terre et à une bataille pour le récit. »
L’État d’occupation et ses institutions répondent désormais ouvertement aux revendications des colons et à leurs incitations à la haine contre les communautés palestiniennes, cherchant à justifier l’usage d’une force excessive contre les Palestiniens, à leur rendre la vie impossible et à les pousser à émigrer, créant ainsi un espace permettant aux colons de monopoliser la terre. Cette cécité volontaire, a déclaré Halsa, est alimentée par des impulsions idéologiques bibliques qui considèrent l’ensemble de la Palestine comme la terre promise, et les dirigeants sionistes religieux refusent d’admettre que l’un des leurs puisse être un terroriste, estimant que le terrorisme juif n’existe pas.
L’Autorité palestinienne, quant à elle, se trouve administrativement paralysée sur le terrain en raison de son engagement unilatéral envers les contraintes des accords d’Oslo, ces mêmes accords que les colons s’efforcent de faire voler en éclats sur le terrain tout en isolant les communautés palestiniennes afin d’empêcher toute manifestation d’un État palestinien ou de souveraineté en Cisjordanie occupée. La réponse officielle des institutions de l’Autorité se limite à des condamnations et à des appels à la communauté internationale, ainsi qu’à la collecte de données et de statistiques, ce qui la fait apparaître comme un simple observateur tiers, n’offrant au mieux qu’une compensation partielle et limitée par l’intermédiaire d’organismes locaux lorsque des fonds sont disponibles.
Pour sortir de ce repli administratif, Naim esquisse une vision de confrontation sur le terrain et sur le plan juridique. « La confrontation commence par la compréhension de la nature de la menace », a-t-il déclaré. « Ce qu’il faut, c’est une stratégie intégrée de fermeté axée sur la protection de la terre, le soutien aux agriculteurs, le renforcement de la présence dans les zones menacées, la documentation des crimes sur le plan juridique et dans les médias, ainsi que la construction d’un discours palestinien s’adressant au monde entier dans le langage des droits et du droit international. Nous devons passer de la réaction à l’initiative, car on ne préserve pas la terre en se plaignant de sa perte, mais par une présence directe sur celle-ci. »
Traduction : AFPS




