Photo : Arrivée à Gaza le 27 juillet 2026 du bus du CICR qui ramène 60 gazaouis libérés par Israël aprés des mois de détention arbitraire - Crédit : Quds News Network.
Soixante Palestiniens détenus par Israël ont été renvoyés à Gaza. Ils sont arrivés à l’hôpital de Khan Younis affaiblis, blessés et, dans plusieurs cas, incapables de marcher.
Ces hommes ont été conduits lundi par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) au complexe médical Nasser pour y subir des examens, où ils ont été accueillis par une foule de proches et d’équipes médicales.
Il s’agit de la plus importante libération de prisonniers depuis la première phase du "cessez-le-feu" dans la guerre génocidaire menée par Israël contre Gaza, entrée en vigueur en octobre.
Ils font partie des quelque 1 300 personnes originaires de Gaza détenues par Israël en tant que "combattants illégaux", selon l’organisation israélienne de défense des droits humains HaMoked. Israël a déclaré que ces hommes avaient été libérés après que les interrogatoires aient établi qu’ils n’étaient « plus considérés comme des suspects pour des raisons de sécurité ».
Moath al-Kahlout, journaliste d’Al Jazeera à Gaza, a indiqué que les détenus étaient des ouvriers travaillant dans les territoires palestiniens occupés par Israël avant le 7 octobre 2023.
Il a ajouté que les conditions de vie à Gaza s’étaient détériorées sous le blocus israélien au point que les hommes auront du mal à trouver de quoi se nourrir et s’abriter, ce qui nuira à leur rétablissement.
Abdullah Kilani faisait partie des personnes libérées des prisons israéliennes. Il a déclaré avoir été arrêté en décembre 2024 dans la rue Salah al-Din, dans le centre de Gaza, et détenu pendant plus de 18 mois, période durant laquelle on lui a tiré dessus par balle ainsi que sur un autre détenu.
« Les conditions étaient extrêmement dures » a-t-il déclaré à Anadolu. « Je n’arrive toujours pas à croire que je suis libre. »
Un deuxième homme, qui s’est présenté sous le nom d’Abu Ibrahim, a raconté à Anadolu que les prisonniers étaient contraints de rester assis sur du béton nu ou des dalles de fer et qu’il avait été blessé lorsque les gardiens le frappaient avec la crosse de leur fusil.
« Il n’y avait aucune distinction entre les jeunes hommes et les personnes âgées » a-t-il déclaré.
Mohammed Jabr al-Majdalawi, 43 ans, a déclaré à Anadolu qu’il avait été détenu pendant un an et neuf mois et qu’il n’avait appris sa libération qu’au moment où il a rencontré le personnel de la Croix-Rouge pour son transfert.
« Je pleure parce que nous avons tellement souffert » a-t-il déclaré. « Les mots ne suffisent pas pour décrire ce que nous avons enduré. »
« Les prisonniers qui se trouvent encore à l’intérieur sont toujours en danger » a-t-il ajouté, exhortant les instances internationales à agir.
La torture comme politique générale
Ces hommes étaient détenus dans les prisons les plus tristement célèbres d’Israël : Ofer, Negev et Sde Teiman, des établissements clés d’un système qui, selon les organisations de défense des droits humains, soumet les Palestiniens à des abus arbitraires dans le cadre d’une politique systématique de torture.
Des organisations de défense des droits humains palestiniennes et israéliennes ont recensé de nombreux cas de passages à tabac, de négligence médicale, de privation de nourriture, de contention prolongée et de décès.
Environ 9 600 Palestiniens sont détenus par Israël, dont certains sont des enfants.
Une commission d’enquête des Nations unies a rapporté le mois dernier que des enfants palestiniens arrêtés par Israël avaient été victimes de torture, d’abus sexuels et d’autres formes de mauvais traitements.
Le CICR affirme ne plus avoir pu entrer en contact avec les Palestiniens détenus par Israël depuis octobre 2023 et a réitéré sa demande de pouvoir les localiser et inspecter leurs conditions de détention.
Traduction : AFPS




