Photo : Des Palestiniens inspectent les ruines de leurs maisons détruites par une frappe israélienne à Khan Younis au sud de Gaza, 1er mai 2025 © Quds News Network
Six mois après le début du soi-disant « cessez-le-feu » dans la bande de Gaza, des milliers de familles ne peuvent toujours pas enterrer leurs proches.
Environ 10 000 Palestiniens sont toujours portés disparus ; on pense qu’ils sont ensevelis sous les décombres des bâtiments effondrés depuis le début de la guerre génocidaire menée par Israël contre Gaza en octobre 2023.
Le 10 octobre dernier, un accord négocié sous l’égide de la communauté internationale a été signé entre Israël et le Hamas, dans le but de mettre fin au conflit.
Pourtant, pour beaucoup, la guerre n’est pas terminée.
Selon les Nations unies, les bombardements israéliens ont généré plus de 61 millions de tonnes de décombres dans la bande de Gaza assiégée et dévastée, ensevelissant des communautés entières.
Hind Khoudary, de Al Jazeera, s’est entretenue avec un père palestinien dans le camp de réfugiés de Bureij, au centre de Gaza.
Abu Mohammed a survécu à une attaque israélienne après que des sauveteurs l’ont extrait de sous les décombres. Quatre de ses enfants n’ont pas eu cette chance.
Depuis lors, il vit à côté des ruines de sa maison, où leurs corps restent prisonniers.
Il a réussi à enterrer sa femme, sa mère et l’un de ses enfants. Les autres sont toujours sous les décombres.
« Cela fait trois ans que j’essaie de récupérer mes enfants, mais ce sont d’énormes dalles de béton. Je n’y arriverai jamais, même avec une pelleteuse. Il faut du gros matériel », a déclaré Abu Mohammed. « Comment pourrais-je y arriver tout seul ? »
Il a déclaré avoir appelé à plusieurs reprises les équipes de la protection civile, mais personne n’est venu lui porter secours.
Deux de ses enfants survivants se trouvent au Caire, en Égypte voisine, où ils reçoivent des soins médicaux, seuls, sans aucun parent.
Presque aucun changement
Le cessez-le-feu était censé permettre l’entrée de matériel lourd à Gaza afin d’entamer les opérations de reconstruction et de réunir les familles. Plusieurs mois plus tard, rien de tout cela ne s’est produit.
« Rien n’est entré à Gaza, à l’exception du matériel limité apporté pour permettre aux commissions égyptiennes et à l’équipe du Croissant-Rouge de récupérer les otages israéliens », a déclaré Mahmoud Basal, porte-parole de la défense civile de Gaza, à Al Jazeera.
« Une fois ces corps récupérés, le dossier a été clos. »
À travers Gaza, des milliers de personnes restent ensevelies. Dans un seul immeuble de Bureij, au moins 50 corps sont toujours prisonniers des décombres, intacts depuis octobre 2023.
Six mois après le cessez-le-feu, la situation sur le terrain n’a pratiquement pas évolué. Les familles continuent d’attendre, car les corps n’ont pas encore été récupérés ; pendant ce temps, les attaques israéliennes se poursuivent.
Jeudi, les forces israéliennes ont abattu une jeune étudiante alors qu’elle assistait à un cours dans une tente à Beit Lahiya, dans le nord de Gaza, selon des responsables des secteurs de la santé et de l’éducation.
Malgré le cessez-le-feu, Israël occupe toujours plus de la moitié de la bande de Gaza. Il a rasé la plupart des bâtiments dans ces zones et en a chassé les habitants.
Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, au moins 738 personnes ont été tuées et 2 036 blessées. Les autorités ont récupéré 759 corps sous les décombres.
Le génocide perpétré par Israël à Gaza a tué plus de 72 317 Palestiniens et en a blessé au moins 172 158 autres.
Traduction : AFPS




