Avant le 7 octobre, il y avait plus de 5 250 prisonniers politiques palestiniens, dont 1 320 en détention administrative. Du 7 octobre à fin février, 15 640 arrestations ont eu lieu en Cisjordanie occupée, dont 490 femmes et 1 200 enfants. Le chiffre pour Gaza n’est pas communiqué par Israël. Mais le nombre d’arrestations était tel, début 2024, que les autorités pénitentiaires ont libéré des prisonniers dont la fin de l’ordre de détention administrative était proche, afin de faire de la place pour d’autres prisonniers.
Dans le cadre des accords du cessez-le-feu entré en vigueur le 19 janvier 2025, qui prévoyait la libération de 33 otages israéliens en échange de prisonniers palestiniens, 1 777 ont été libérés en plusieurs vagues - dont environ de 1 000 de Gaza -, parmi lesquels 80 femmes et 86 enfants. 216 d’entre eux étaient détenus à vie et 303 pour de longues peines (plus de 20 ans).
Les prisonniers n’ont pas tous pu rentrer chez eux. 226 ont été déportés, majoritairement en Égypte, avant d’aller ailleurs. Il s’agit de prisonniers condamnés à perpétuité ou pour de longues peines.
Des mesures punitives, de rétorsion à l’encontre des prisonniers libérés et de leur famille avant et lors de la libération
Nombre d’entre eux ont été battus sévèrement, plusieurs jours avant leur libération. Lors des dernières libérations, les autorités israéliennes les ont forcés à revêtir des sweat-shirts portant des messages menaçants en arabe ainsi que l’étoile de David. Ont également été placés sur les détenus des bracelets avec des messages menaçants, notamment « Je poursuivrai mes ennemis et je les rattraperai ».
En Cisjordanie occupée, les forces d’occupation ont effectué des raids au domicile des prisonniers devant être libérés, semant la terreur et l’humiliation au sein des familles, les menaçant, interdisant toute célébration, y compris la distribution de bonbons et de café. Seuls les membres des familles proches étaient autorisés. Dans la partie occupée de Jérusalem, les prisonniers libérés ont été conduits à leur domicile encore enchaînés, leurs menottes ne leur étant retirées que sur le pas de leur porte. Des démolitions de maisons ont eu lieu pour plusieurs prisonniers.
L’État israélien applique une politique de réarrestation, y compris après les libérations réalisées dans le cadre d’accord. Il s’agit d’une violation du processus d’échange qui renforce le climat d’insécurité lié notamment au risque permanent d’arrestation.
Ainsi, 25 prisonniers en détention administrative libérés lors des échanges ont été arrêtés de nouveau. Certains d’entre eux ont été à nouveau libérés, tandis que 19 sont toujours détenus. Trois prisonniers ont été tués. 41 des prisonniers libérés sont des prisonniers qui avaient été réarrêtés après leur libération réalisée dans le cadre de l’accord Wafa al-Ahrar en 2011.
Les images des prisonniers lors de leur libération et leurs récits témoignent des conditions de détention effroyables, inhumaines, imposées par les autorités israéliennes : violences des gardiens, tortures, agressions sexuelles, viols, manque d’hygiène, de vêtements, de couvertures, privation de nourriture, de soins, humiliations, isolement… De nombreux prisonniers qui ont été libérés dans le cadre de l’accord d’échange au cours des dernières semaines ont dû être immédiatement transférés à l’hôpital. 62 prisonniers ont été tués pendant leur détention depuis le 7 octobre 2023 après avoir été torturés, ou en l’absence de soins appropriés suite aux blessures infligées lors de leur arrestation, à des maladies. La majorité d’entre eux étaient en bonne santé avant leur incarcération. Pour 59 d’entre eux, leur corps n’a pas été rendu aux familles.
Les échanges d‘otages des deux côtés sont utilisés par le gouvernement israélien pour continuer sa politique d’enfermement massif, de domination, de répression et de contrôle de la population palestinienne. Cette politique systématique est contraire au droit international des droits humains et du droit humanitaire de la guerre : violation de la déclaration universelle des droits de l’homme, de la 1re et 4e Conventions de Genève, de la Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant (CIDE), de la Convention contre la torture et autres peines ou traitement cruels, inhumains ou dégradants.
L’arrestation, l’emprisonnement des Palestiniens et les méthodes israéliennes associées sont des outils de la colonisation, de l’occupation israélienne, au cœur de la répression.
L’impunité d’Israël doit cesser !
Nous nous mobilisons, et nous continuerons à le faire pour que la France s’acquitte de toutes ses obligations, respecte le droit international et prenne toute sa place pour mettre fin à l’occupation, la colonisation et l’apartheid. Nous ne lâcherons rien !
Christine Post
Sources : Club des Prisonniers, Addameer, Hamoked.




