L’opération « Capital Shield », lancée par les forces coloniales israéliennes à Jérusalem le 12 janvier 2026, constitue la mise en œuvre directe du plan décisif du régime israélien dans la ville. Le plan décisif est une doctrine coloniale globale visant à assurer le contrôle colonial sur l’ensemble de la Palestine par le déplacement forcé, les démolitions massives, la fragmentation de l’espace palestinien et le démantèlement systématique de la vie urbaine, sociale et politique palestinienne. Grâce à un lien entre « Capital Shield », les lois d’apartheid, l’expansion coloniale et la répression, ils sont fusionnés en un seul appareil conçu pour lier de manière permanente Jérusalem aux colonies israéliennes à travers la Cisjordanie, rompre la continuité nord-sud palestinienne et transformer l’existence palestinienne en micro-enclaves isolées et étroitement contrôlées au sein même de la ville.
L’opération « Capital Shield » a détruit plus de 70 structures à Kafr ’Aqab et Qalandiya. Cette destruction ouvre la voie à des projets coloniaux expansifs, notamment le plan Atarot, qui propose 9 000 unités coloniales au sud de Ramallah, entre Kafr ’Aqab et Beit Hanina. Ce projet s’ajoute au plan Nahalat Shimon à Sheikh Jarrah, qui vise à déplacer de force les Palestiniens et à les remplacer par 316 unités coloniales. Avec les démolitions à Silwan et Sheikh Jarrah, le corridor E1 et la « Fabric of Life Road », ces plans créent des micro-enclaves palestiniennes à l’intérieur de Jérusalem, rompent la continuité urbaine et sociale et établissent un corridor réservé aux Israéliens entre Jérusalem-Ouest, le mont Scopus et la colonie de Ma’ale Adumim, coupant ainsi toutes les entrées Est pour les Palestiniens.
À Silwan, y compris dans les quartiers de Batn al-Hawa et al-Bustan, le déplacement forcé des Palestiniens est favorisé par un régime d’apartheid à plusieurs niveaux qui combine la loi israélienne discriminatoire sur la propriété, la politique d’urbanisme et l’application judiciaire. À Batn al-Hawa, la loi israélienne interdit aux réfugiés palestiniens de réclamer les maisons volées lors de la Nakba de 1948, tout en permettant aux colons de les revendiquer. Ce cadre discriminatoire est renforcé par les décisions 3790 (2018) et 3792 (2026) du régime israélien, les expulsions accélérées et le récent rejet des appels par la Cour suprême israélienne, ce qui a facilité le plus grand déplacement forcé coordonné d’un seul quartier de Jérusalem depuis 1967.
À al-Bustan, les déplacements forcés sont motivés par une loi d’urbanisme discriminatoire et une politique de démolition. Entre le 6 et le 19 janvier 2026, 27 structures palestiniennes ont été démolies sous prétexte d’« absence de permis », rendus pratiquement inaccessibles par la loi Kaminitz, qui accélère les démolitions, impose des amendes « punitives » et criminalise la construction palestinienne. Grâce à des régimes d’urbanisme discriminatoires et au colonialisme « vert », les quartiers palestiniens seront effacés et reconfigurés en parcs contrôlés par Israël encerclant la vieille ville et la mosquée Al-Aqsa, avec pour objectif le déplacement forcé de près de 1 550 Palestiniens.
Ces mécanismes du régime israélien sont mis en œuvre par des organisations colonisatrices telles qu’Ateret Cohanim, qui fonctionnent comme des bras armés du Plan décisif. Agissant en coordination directe avec les forces du régime israélien, ces organisations exploitent les mécanismes administratifs et institutionnels discriminatoires de l’apartheid pour s’emparer des maisons palestiniennes, attaquer les habitants et imposer des déplacements forcés tout en réprimant la résistance. À al-Bustan, Ateret Cohanim a déjà pris le contrôle de six bâtiments et poursuit des procédures judiciaires visant à déplacer de force des centaines de Palestiniens à Jérusalem. Ces mécanismes d’apartheid sont encore renforcés par des attaques coordonnées des colons : rien qu’en janvier 2026, le gouvernorat de Jérusalem a recensé 53 attaques de colons, dont l’assaut de la mosquée Al-Aqsa par 4 397 colons.
La répression menée dans le cadre de l’opération « Capital Shield » constitue le pilier coercitif du plan décisif. Depuis son lancement, 103 arrestations ont été enregistrées à Jérusalem, notamment à Hizma, Kafr Aqab et dans le camp de réfugiés de Qalandiya, avec des opérations à grande échelle, notamment la fermeture totale de Hizma. La destruction du siège de l’UNRWA à Jérusalem, visant à effacer l’UNRWA et à construire une nouvelle colonie, ainsi que les coupures d’électricité et de services, et les raids des forces israéliennes dans le camp de réfugiés de Shu’afat et le centre de formation professionnelle de Qalandiya, visent également à réprimer toute résistance et à déplacer de force les réfugiés palestiniens. En reproduisant l’opération « Mur de fer » à Jérusalem, l’opération « Bouclier de la capitale » vise à éliminer la résistance palestinienne, à normaliser le déplacement forcé permanent et la domination coloniale dans les villes et les camps de réfugiés palestiniens - un processus qui doit être immédiatement stoppé par des sanctions globales contre le régime israélien.
Traduction : AFPS
Photo : Démolition dans le quartier d’Al Bustan




