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Accueil > Informations > Analyses > Netanyahou rejette le plan de paix en 15 points pour Gaza proposé par les États-Unis, marquant ainsi une rare rupture publique avec Trump
Analyses
lundi 10 août 2026
The Guardian par Andrew Roth

Netanyahou rejette le plan de paix en 15 points pour Gaza proposé par les États-Unis, marquant ainsi une rare rupture publique avec Trump

Le Premier ministre israélien affirme que l’armée israélienne ne se retirera pas tant que le Hamas n’aura pas été désarmé et dénonce les pressions américaines visant à mettre fin aux conflits sans l’accord de son pays.

Photo : Les présidents Donald Trump et Binyamin Netanyahu, 29 décembre 2025 © compte X du premier ministre d’Israël

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a rejeté un plan de paix en 15 points pour Gaza soutenu par les États-Unis, marquant ainsi une rare rupture publique avec Donald Trump.

Dans une déclaration faite dimanche, M. Netanyahou a déclaré qu’il était confronté à une « vague de rumeurs sur la faiblesse d’Israël et sur des retraits israéliens sur tous les fronts » et a critiqué les pressions américaines visant à mettre fin aux conflits à Gaza, au Liban et en Iran sans l’accord d’Israël.

Concernant Gaza, il a déclaré : « Israël n’accepte pas ce document en 15 points. L’armée israélienne ne procédera à aucun retrait tant que le Hamas n’aura pas été désarmé. Et quand je parle du désarmement du Hamas, cela signifie les armes lourdes, les armes légères, toutes les armes. Et nous parlons d’un véritable désarmement, pas d’un désarmement fictif. En ce moment même, nous discutons de cette question avec les Américains. »

En juillet, le Conseil pour la paix de Trump avait proposé ce plan en 15 points, qui prévoyait le désarmement du Hamas en échange d’un retrait militaire total d’Israël de la bande de Gaza et d’un transfert éventuel du pouvoir à un Comité national palestinien indépendant. Trump avait déclaré que l’accord serait mis en œuvre par étapes, mais Netanyahou a indiqué dimanche qu’il souhaitait d’abord un désarmement complet avant de mettre en œuvre l’accord.

Dans ses propos, le dirigeant israélien a principalement visé les États-Unis. Israël s’est imposé comme un obstacle majeur aux projets de la Maison Blanche de Trump visant à négocier la paix dans la région, tant dans les conflits impliquant Israël à Gaza et au Liban que dans la guerre déclenchée par les frappes conjointes américano-israéliennes contre l’Iran. Et Netanyahou, qui doit faire face à des élections difficiles en octobre et à la pression des partisans de la ligne dure au sein de son propre gouvernement, semble prêt à mettre à l’épreuve publiquement sa relation avec Trump afin de renforcer sa réputation de défenseur d’Israël auprès de son opinion publique.

Israël avait déjà laissé entendre qu’il rejetterait le plan proposé par les États-Unis. Peu après l’annonce faite par Trump le mois dernier, Israël a intensifié sa campagne de bombardements sur le territoire palestinien – ces frappes ont fait 18 morts dimanche dernier. Le bureau de Netanyahou avait auparavant indiqué qu’il ne soutiendrait pas ce plan, déclarant : « La version qui a été rendue publique ne reflète pas les positions d’Israël. »

Mais le rejet de dimanche a été bien plus ferme et direct, et semblait viser la Maison Blanche de Trump, alors que Trump et Netanyahou sont tous deux confrontés à des élections difficiles. « Contrairement à tous ceux qui nous font la leçon, nous faisons ce qui doit être fait pour la sécurité d’Israël, et nous pouvons et savons tenir bon, même face à nos meilleurs amis si nécessaire », a déclaré Netanyahou.

Le président du Conseil pour la paix de Trump a riposté dimanche, affirmant que ce plan restait la « seule voie à suivre ». Nickolay Mladenov, haut représentant du Conseil pour Gaza, a déclaré à la télévision israélienne : « L’option que nous proposons aujourd’hui est la seule voie à suivre pour garantir que cette tragédie ne se reproduise plus. »

Le refus de Netanyahou porte un coup dur à la volonté de Trump d’être perçu comme un artisan de la paix dans les conflits internationaux. À l’approche des élections de mi-mandat américaines prévues en novembre, la Maison Blanche cherche désespérément à négocier un accord de paix avec l’Iran afin de rouvrir le détroit d’Ormuz et de contribuer à faire baisser les prix du pétrole et de l’essence.

Mais les conflits au Moyen-Orient sont étroitement liés et, parallèlement, les États-Unis poursuivent leurs efforts pour ramener la paix au Liban – où Israël occupe des territoires qu’il qualifie de « zone tampon » contre le Hezbollah – et à Gaza, où les alliés américains du Golfe dénoncent ce qu’ils qualifient de campagne de nettoyage ethnique menée par Israël.

À l’instar des présidents américains qui l’ont précédé, Trump a constaté que Netanyahou pouvait être un allié difficile. Bill Clinton, après avoir rencontré Netanyahou pour la première fois en 1996, aurait déclaré : « C’est qui, la putain de superpuissance ici ? »

Plus récemment, l’administration Biden a constaté que ses préoccupations concernant le bilan humain à Gaza étaient ignorées, mais elle a continué à soutenir publiquement Netanyahou et n’a pas suspendu de manière significative son aide militaire au pays, par crainte des répercussions politiques que Netanyahou et ses alliés aux États-Unis pourraient provoquer.

Avec Trump, cependant, Netanyahou a trouvé à la Maison Blanche un homologue bien plus atypique et imprévisible. Netanyahou est un allié naturel de Trump, et il a attaqué les démocrates avant les élections de mi-mandat, leur reprochant leur manque de fermeté dans leur soutien à Israël.

Pourtant, d’une manière plus générale, le soutien à Israël et à sa guerre à Gaza s’érode au sein du Parti démocrate, et les républicains comptent parmi leurs favoris pour la présidentielle de 2028 le vice-président JD Vance, qui se montre publiquement sceptique à l’égard d’Israël et de la guerre à Gaza.

Trump devra décider s’il convient d’intensifier la pression sur Netanyahou, au risque de s’aliéner certains alliés pro-israéliens, ou de laisser ses efforts en faveur d’un plan de paix pour Gaza s’enliser, peut-être indéfiniment.

La réponse dépendra fortement des instincts politiques du président américain : les électeurs américains espèrent-ils voir Trump s’imposer comme un homme d’État capable de mettre fin à l’une des guerres les plus sanglantes de l’histoire récente à Gaza, ou un affrontement public avec Netanyahou provoquerait-il une révolte au sein de sa base électorale ? Alors que les deux pays entrent dans des cycles électoraux tumultueux et qu’un changement générationnel s’opère dans le soutien à Israël parmi les électeurs américains, l’issue pourrait redéfinir l’alliance entre Israël et les États-Unis.

Traduction : AFPS

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Mots clés

  • Gaza
  • Palestine et politique internationale
  • Les plans de paix
  • Justice pour la Palestine

Source

Publié par : The Guardian

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