Nous exigeons du préfet de Paris et du Ministère de l’intérieur l’interdiction du salon immobilier "Icube" prévu le 30 novembre 2025 à Paris !
Son objectif de promotion de biens immobiliers situés dans les territoires palestiniens illégalement occupés et son association avec la municipalité de Jérusalem exposent les organisateurs, partenaires et autorités publiques à une complicité de colonisation illégale et de commission de crimes de guerre.
Icube : la complicité d’une colonisation illégale
La colonisation d’un territoire occupé constitue une violation grave du droit international humanitaire et est qualifiable de crime de guerre.
Ce dernier interdit explicitement "la puissance occupante de transférer une partie de sa propre population civile dans le territoire qu’elle occupe." (Convention de Genève)
S’agissant particulièrement de la Palestine, les institutions internationales ont déjà eu à se prononcer à de multiples reprises de la situation de colonisation dans les territoires palestiniens par l’État israélien. Il est ainsi admis que : "Les États tiers ont l’obligation de ne pas reconnaître comme légale la situation issue de cette annexion, ni d’y prêter aide ou assistance. (CIJ, Avis consultatif, 19/07/2024)
Icube : une association directe avec la municipalité coloniale de Jérusalem
Depuis 1967, Jérusalem-Est est reconnue par la communauté internationale comme territoire palestinien occupé. La résolution 4784 du Conseil de sécurité de l’ONU du 30 juin 1980 a déclaré "nulle et non avenue" la proclamation par Israël de Jérusalem comme capitale, appelant tous les États à retirer leurs représentations diplomatiques de la ville.
Loin d’être une administration locale neutre, la municipalité israélienne de Jérusalem agit comme un instrument d’ingénierie démographique visant à réduire la présence palestinienne au profit de la population israélienne via des procédés d’expulsion, de ségrégation, de démolition ou de colonisation. Elle constitue un instrument administratif essentiel de la politique d’annexion et de colonisation menée à Jérusalem-Est depuis 1967.
Ainsi, toute coopération avec la municipalité israélienne de Jérusalem, autorité exerçant illégalement des compétences sur un territoire occupé, constitue une violation du droit international et engage la responsabilité des acteurs y participant.
La réalité coloniale à Jérusalem
Depuis 1967, 28 villages palestiniens ont été annexés sans consultation de la population palestinienne.
Entre 1967 et 2023, Israël a révoqué le statut de 14 869 Palestiniens de Jérusalem-Est, dont 61 en 2023.
Entre 2009 et 2024, plus de 2 200 logements palestiniens ont été détruits laissant plus de 6 000 personnes sans abri.
En 2024, plus de 215 bâtiments palestiniens ont été démolis provoquant le déplacement de plus de 4 000 personnes. 400 prisonnier-es originaires de Jérusalem sont actuellement détenu-es.
Un pouvoir municipal favorisant l’apartheid
Les Palestiniens représentent environ 38% des habitants mais leurs quartiers ne bénéficient que de 10% des investissements municipaux en infrastructures et services publics. Ils sont exclus de toute participation politique réelle.
Accueil du salon Icube : la responsabilité pour complicité
Toute entité publique ou privée qui soutient, promeut ou légitime des activités
dans les colonies israéliennes participe à une forme de contribution matérielle à un crime de guerre, relevant du champ d’application de l’article 25 §3 du Statut de Rome.
Sur la complicité, l’article 121-7 du Code pénal définit la complicité comme : "Le fait d’aider ou d’assister sciemment l’auteur d’une infraction dans sa préparation ou sa consommation."
Plus spécifiquement au crime de guerre, l’article 462-26 du Code pénal ajoute : "Est punie de la même peine que le crime de guerre celui qui s’en rend complice au sens de l’article 121-7."
le salon Icub, en organisant un évènement avec une institution administrative locale, la ville de Jérusalem coupable de crime de guerre, promeut et normalise les activités de cette municipalité, et en est ainsi complice.
En plus de ses liens avec la municipalité de Jérusalem, le salon Icube a associé ou associe directement des entreprises immobilières israéliennes et franco-israéliennes qui promeuvent des biens situés dans des colonies illégales parmi lesquelles, entre autres :
– La société ImmoIsrael qui promeut sur son site des biens au-delà de la ligne verte de 1967, et spécifiquement à Jérusalem-Est
– La société YAV Real estate qui propose à la vente des appartements situés dans des zones annexées de Jérusalem-Est
Ces salons immobiliers israéliens ont été publiquement signalés en France et décrit comme des mesures économiques complices des crimes de guerre de l’État israélien.
L’État français responsable : un événement contraire au droit international et national
Un article d’enquête publié par Blast-Info documente avec photographies et témoignages la présence à Paris de promoteurs israéliens proposant des propriétés construites sur des terres confisquées à Bethléem, Hébron et Jérusalem-Est, en partenariat avec des agents de la municipalité de Jérusalem et plusieurs sociétés immobilières israéliennes. Ces révélations confirment que les évènements Icube s’inscrivent dans un continuum d’initiatives commerciales israéliennes visant à normaliser la colonisation auprès du public français.
Le président Macron a d’ailleurs rappelé le 11 novembre 2025 que les projets d’annexion "partielle ou totale" de la Cisjordanie par Israël, y compris "de facto" par la colonisation "constituent une ligne rouge à laquelle nous réagirons fortement avec nos partenaires européens s’ils sont mis en œuvre" Or, la vente ou la promotion de telles ventes, en France, de biens immobiliers situés en Cisjordanie, par des entités israéliennes, relèvent bien de la mise en œuvre effective de ce projet colonial illégal et condamné pas l’exécutif français.
Interdiction impérative du salon
L’interdiction de ce salon est en effet nécessaire pour préserver le respect des engagements internationaux de la France et assurer qu’aucune complicité de crime contre les Palestiniens soit réalisée en France.
A défaut de mesures prises sans délai afin d’empêcher cet évènement contraire aux lois de la République et contraire au droit international, nous serons contraints d’engager la responsabilité de l’État pour avoir autorisé et donc indirectement participé au crime de colonisation.




