Il y a 24 ans, le 15 avril 2002, Marwan Barghouti, figure de l’unité nationale palestinienne, a été arrêté par les autorités israéliennes et condamné à plusieurs peines à perpétuité. Il est placé à l’isolement depuis plusieurs années.
Lors des libérations réalisées dans le cadre des négociations sur Gaza, Israël a refusé d’envisager sa libération parce qu’il représente, pour beaucoup, l’espoir de l’unité palestinienne.
Ce 15 avril, la Campagne internationale pour la libération de Marwan Barghouti et de tous les prisonniers politiques palestiniens signale que Marwan Barghouti a été victime d’agressions brutales répétées dans les prisons de l’occupant. Les dernières ayant eu lien fin mars et début avril.
Maître Ben Marmarelli, son avocat a pu lui rendre visite le 12 avril.
Il a déclaré dans un communiqué publié sur le canal Telegram du Bureau des médias des prisonniers palestiniens :
« Le 12 avril 2026, j’ai rendu visite à Marwan Barghouti en ma qualité d’avocat.
Ce que j’ai pu confirmer lors de cette visite est profondément alarmant. Au cours des dernières semaines, Marwan Barghouti a été victime de trois agressions violentes :
Le 8 avril (Prison de Ganot) : Il a été sévèrement battu et laissé ensanglanté pendant plus de deux heures. Malgré ses demandes, tout soin médical lui a été refusé.
Le 25 mars : Il a été agressé lors de son transfert de la prison de Megiddo vers celle de Ganot.
Le 24 mars (Prison de Megiddo) : Des gardiens ont pénétré dans sa cellule avec un chien. Ils l’ont forcé à s’allonger au sol, et l’animal l’a attaqué à plusieurs reprises.
Ces événements ne sont pas des incidents isolés. Ils révèlent un schéma systématique d’abus croissants : violence physique, négligence médicale et traitements le mettant en danger de mort immédiat. Il avait beaucoup à dire. Par-dessus tout, il souhaitait avoir des nouvelles de sa famille et du peuple palestinien, ainsi que des précisions sur l’évolution de la situation en Palestine et en Israël. J’ai tenté de lui transmettre tout ce que je savais.
Toutefois, cet échange s’est déroulé dans des conditions absurdes : les téléphones ne fonctionnaient pas, nous obligeant à hurler à travers la vitre pour nous faire entendre. Je suis resté assis là durant cinq heures, sans nourriture ni eau, pour m’assurer que cette visite puisse aboutir. »
Le système carcéral, réservé au peuple palestinien et contraire au droit international, est un instrument institutionnel du génocide en cours, du nettoyage ethnique, du régime d’apartheid, du projet colonial, infligeant de graves préjudices physiques et psychologiques aux Palestiniens en tant que groupe.
Plusieurs rapports le documentent et dénoncent le système carcéral :
- Le rapport de B’Tselem sur la torture : « Bienvenue en enfer - Le système pénitentiaire israélien : Un réseau de camps de torture ».
- Le rapport de Francesca Albanese « Torture et génocide » selon lequel la torture est une "doctrine d’État" en Israël : prisons en instruments de génocide et de torture, un régime d’humiliation, de souffrance et d’avilissement organisés, avec une institutionnalisation de la torture, des punitions collectives et des conditions de détention manifestement déshumanisantes.
- Le rapport de Euro-Med Human Rights Monitor « Un autre génocide derrière les murs : violences sexuelles dans les prisons et les centres de détention israéliens et impunité orchestrée ».
Photo : Campagne pour la libération de Marwan Barghouti et tous les prisonniers palestiniens




