La destruction systématique de Gaza ces deux dernières années, l’explosion de ses maisons, de ses quartiers, de ses hôpitaux, de ses écoles, de ses universités, de son système d’eau potable, de ses églises et de ses mosquées, de ses cimetières, de l’enfance des enfants, condamnant tout un peuple à la répétition des tentes incendiées, de la boue, des inondations, de la famine, des corps sans linceuls prisonniers des décombres, de l’obscénité des projets de « riviera » lucrative sur les dépouilles sans sépultures des dizaines de milliers d’assassinés, les pogroms en Cisjordanie… auront été l’effroyable loupe grossissante de la Nakba, la réactualisation quotidienne du martyre des camps de réfugiés de Sabra et Chatila en septembre 1982 dont Leila avait découvert toute l’horreur au côté de son ami Jean Genet.
« Il faut rêver longtemps pour agir avec grandeur, et le rêve se cultive dans les ténèbres », écrivait Jean Genet. Leila Chahid a cultivé le rêve comme Mahmoud Darwich a cultivé l’espoir. Dans les mots. Dans les actes. Dans l’amitié.
Le dernier acte de Leila Chahid nous oblige. Il nous oblige, malgré la peine qui nous envahit, à rester fidèles aux valeurs qui ont guidé son combat, pour le poursuivre.
Manifestons :
samedi 28 février à 15h Place de Gaulle à Orléans



