Photo : Portrait de Marwan Barghouti peint sur le Mur de l’apartheid au niveau de Qalandiya, en Cisjordanie occupée © Ben Siesta
La première phase du cessez-le-feu à Gaza est entrée en vigueur, et un échange de prisonniers devrait avoir lieu dans les prochains jours.
À midi heure locale, la trêve a commencé, les chars israéliens se retirant de la route al-Rashid, qui traverse Gaza du nord au sud.
La prochaine étape de l’accord, l’échange de prisonniers, est prévue pour lundi midi, 72 heures après le début officiel du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas.
Elle comprendra la libération d’environ 20 prisonniers vivants, ainsi que plusieurs corps d’Israéliens décédés détenus à Gaza, dont 28 autres selon les estimations.
En échange, Israël libérera environ 2 000 prisonniers palestiniens, dont 250 condamnés à perpétuité et des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants capturés à Gaza et détenus sans inculpation.
Jeudi soir, tard dans la nuit, le ministère israélien de la Justice a publié une liste des noms des prisonniers qui devaient être libérés.
Mais le bureau de presse des prisonniers du Hamas a répondu qu’aucun accord n’avait été conclu sur les noms et que toutes les listes qui circulaient étaient inexactes.
« Ces listes sont diffusées par l’occupant dans le but d’exercer une pression et de perturber le cours des négociations », a-t-il déclaré.
Selon certaines informations, le Hamas ferait pression pour obtenir la libération d’un certain nombre de personnalités politiques et militaires de premier plan, ce à quoi Israël s’oppose.
Middle East Eye se penche sur six de ces personnalités actuellement en discussion dans le cadre des négociations.
Marwan Barghouti
Barghouti est la figure la plus en vue dans les négociations sur l’échange de prisonniers.
Il est actuellement la personnalité politique palestinienne la plus populaire selon de nombreux sondages.
Né en 1962 à Kobar, en Cisjordanie, il est devenu militant étudiant à l’université de Birzeit au début des années 1980, rejoignant la faction politique du Fatah.
En 1987, il a été expulsé par Israël vers la Jordanie, où il a fait partie de la haute direction du Fatah à l’étranger. Ce n’est qu’après la signature des accords d’Oslo en 1993 que Barghouti est retourné en Palestine.
Il est devenu secrétaire général du Fatah l’année suivante et a été élu au Conseil législatif palestinien en 1996.
Lorsque la Brigade des martyrs d’Al-Aqsa, la branche armée du Fatah, a mené plusieurs attaques pendant la deuxième Intifada en mars 2002, Israël a arrêté Barghouti et l’a accusé de les avoir organisées.
Il purge actuellement cinq peines d’emprisonnement à perpétuité, après avoir été condamné par Israël en 2004 pour plusieurs chefs d’accusation de meurtre, accusations qu’il a toujours niées.
Il n’a présenté aucune défense lors de son procès, refusant de reconnaître la juridiction israélienne sur les Palestiniens de Cisjordanie.
Barghouti, 66 ans, serait assuré d’être élu à la présidence palestinienne si des élections étaient organisées et s’il pouvait se présenter.
Il est considéré comme une figure fédératrice, bien qu’il s’identifie au Fatah, associé à l’Autorité palestinienne (AP), profondément impopulaire.
Des sources proches de Barghouti ont déclaré à MEE que le bureau du Premier ministre israélien avait retiré unilatéralement son nom de la liste d’échange de prisonniers à la dernière minute.
Ahmad Saadat
Tout comme Barghouti, le nom d’Ahmad Saadat est évoquée depuis plus d’une décennie dans les négociations sur les échanges de prisonniers.
Saadat est secrétaire général du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) depuis plus de 24 ans.
Né en 1953 à al-Bireh, près de Ramallah en Cisjordanie, il a rejoint le FPLP quelques années après la création du parti marxiste-léniniste à la fin des années 1960.
Il a gravi les échelons du parti, tout en étant emprisonné à plusieurs reprises par les autorités israéliennes.
En août 2001, il est devenu le chef du FPLP après qu’Israël ait assassiné son prédécesseur, Abu Ali Mustafa, à l’aide de roquettes tirées depuis deux hélicoptères Apache.
La branche armée du FPLP a répondu à cet assassinat en tuant Rehavam Zeevi, alors ministre israélien du Tourisme d’extrême droite.
Israël a accusé Saadat d’avoir orchestré l’attaque en représailles contre Zeevi.
Les forces de l’Autorité palestinienne ont commencé à arrêter les membres du FPLP après l’attaque et ont finalement arrêté Saadat.
Depuis une prison de l’Autorité palestinienne, Saadat s’est présenté aux élections palestiniennes de 2006 et a été élu membre du Conseil législatif palestinien.
En mars de cette année-là, les forces israéliennes ont envahi la prison de Jéricho où il était détenu et ont enlevé Saadat après plusieurs heures d’affrontement.
Deux ans plus tard, il a été condamné à 30 ans de prison, accusé de terrorisme et de responsabilité dans les attaques menées par des membres du FPLP, notamment le meurtre de Zeevi.
Il a souvent été placé à l’isolement et a mené plusieurs grèves de la faim pendant sa détention.
Abdullah Barghouti
Abdullah Barghouti purge la plus longue peine de prison parmi toutes les personnes actuellement détenues par Israël.
Bien que sa famille soit originaire du village de Beit Rima, près de Ramallah, Barghouti est né au Koweït en 1972 et n’a aucun lien de parenté avec Marwan.
Il s’est installé en Cisjordanie à la fin des années 1990 et s’est rapidement engagé dans la branche armée du Hamas, les Brigades al-Qassam.
Il était largement considéré comme l’un des principaux fabricants de bombes du Hamas et a été accusé d’avoir participé à une série d’attentats au début des années 2000 qui ont coûté la vie à des dizaines d’Israéliens.
Il a été arrêté par les services de sécurité israéliens (Shin Bet) en mars 2003. Barghouti a ensuite été condamné à 67 peines d’emprisonnement à perpétuité, en plus de 5 200 ans de prison.
Plus tôt cette année, MEE a rapporté qu’il avait subi de graves violences physiques en prison de la part des gardiens israéliens de la prison de Gilboa.
Sa fille a déclaré qu’il avait été torturé pendant des heures avec des barres de fer et des ceintures, ce qui a laissé des marques physiques sur son corps et lui a causé de multiples fractures.
Il a passé la majeure partie de ses 23 années de prison en cellule d’isolement.
Hassan Salameh
Tout comme Abdullah Barghouti, Hassan Salameh est un autre prisonnier purgeant une très longue peine.
Né en 1971 dans le camp de réfugiés de Khan Younis, dans le sud de Gaza, il s’est engagé dans les mouvements de résistance palestiniens après le déclenchement de la première Intifada en 1987.
Il est devenu l’une des figures de proue des Brigades al-Qassam et a été condamné en 1996 par Israël pour avoir orchestré plusieurs attentats-suicides qui ont fait des dizaines de morts et de blessés parmi les Israéliens.
Salameh a déclaré que ces attentats étaient une réponse à l’assassinat par Israël du fabricant de bombes du Hamas Yahya Ayyash plus tôt dans l’année. Il a été condamné à 48 peines d’emprisonnement à perpétuité, et son nom revient fréquemment dans les discussions depuis l’accord d’échange de prisonniers conclu en 2011 concernant Gilad Shalit.
Ibrahim Hamed
Ibrahim Hamed purge actuellement 54 peines d’emprisonnement à perpétuité dans une prison israélienne.
Né en 1965 à Silwad, près de Ramallah, il est diplômé de l’université de Birzeit et est ensuite devenu actif au sein des Brigades al-Qassam.
Après qu’Israël a tué les frères et commandants du Hamas Imad et Adel Awadallah en 1998, Hamed est devenu le chef de la branche armée du groupe en Cisjordanie.
Les autorités israéliennes le tiennent pour responsable d’une série d’attentats commis pendant la deuxième Intifada au début des années 2000, qui ont causé la mort de dizaines d’Israéliens.
Il a figuré sur la liste des personnes les plus recherchées par Israël pendant huit ans, jusqu’à son arrestation en 2006.
En 2012, il a été condamné à 54 peines d’emprisonnement à perpétuité pour avoir tué 46 Israéliens et blessé des centaines d’autres.
Abbas al-Sayed
Abbas al-Sayed est détenu dans les prisons israéliennes depuis plus de 23 ans.
Né à Tulkarm, en Cisjordanie, en 1966, il est également devenu une figure de proue de la branche armée du Hamas dans les années 1990.
Il a été emprisonné en mai 2002, puis condamné par un tribunal israélien à 35 peines d’emprisonnement à perpétuité et à 100 ans de prison supplémentaires.
Il a été accusé d’avoir orchestré des attentats contre des Israéliens, notamment l’attentat à la bombe contre l’hôtel Park à Netanya en 2002, qui a tué 30 Israéliens et blessé 160 autres.
Pendant son emprisonnement, il a mené des grèves de la faim et était considéré comme un organisateur clé parmi les prisonniers palestiniens.
Depuis octobre 2023, il est détenu à l’isolement et, selon des groupes de prisonniers palestiniens, il aurait été victime de passages à tabac et de négligence médicale.
Traduction : AFPS




