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Accueil > Informations > Analyses > Les contre-pouvoirs en Palestine
Analyses
lundi 10 novembre 2025
PAL SOL n°94, par Abaher El Sakka

Les contre-pouvoirs en Palestine

Dans la Palestine contemporaine, depuis la Déclaration Balfour de 1917, la société a connu de vastes mouvements sociaux regroupant différentes organisations, associations et forces intervenant dans les affaires et l’espace public. On peut également évoquer le développement de la presse, qui s’est engagée dans la lutte contre la colonisation britannique et contre l’immigration sioniste en Palestine.

L’importance des médias fut particulièrement marquante en 1936, lors de la plus longue grève en Palestine. Cette grève a marqué la naissance d’un mouvement organisé, transcendant les classes sociales et les frontières géographiques dans un mouvement collectif qui a duré six mois, imitant la lutte non violente de l’expérience indienne. La mobilisation sociale palestinienne de 1936 fut rapidement réprimée et échoua, laissant la place à la révolution armée de 1936 à 1939.

Après la Nakba (1948), les forces palestiniennes se sont dispersées et les mouvements collectifs ont été affaiblis, laissant la place aux organisations et factions ayant mené la lutte armée depuis l’intérieur et l’extérieur du territoire colonisé, jusqu’à la création de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) en 1964. L’OLP a œuvré à la création de ce que l’on pourrait définir comme un État sans territoire, et a réuni des syndicats et des associations représentant toutes les professions et tous les secteurs de la vie des Palestinien·nes.

Ces organisations syndicales et professionnelles, affiliées ou proches de l’OLP, partageant ses orientations idéologiques et politiques de droite et de gauche, ont géré la vie des Palestinien·nes à l’intérieur et à l’extérieur du territoire. À l’intérieur, elles se sont heurtées au colonisateur après l’occupation des territoires de 1967 et ont œuvré à la création d’organismes alternatifs à ceux de l’occupant. La lutte nationale pour la libération du peuple palestinien a dominé les préoccupations politiques de ces organisations, au détriment de la prise en considération d’autres questions sociales, en raison de l’ordre des priorités établi à l’époque.

Les années 1970 marquent la montée du mouvement national et syndical dans le cadre des élections municipales et l’essor des courants nationaux favorables à l’OLP, en particulier les forces de gauche palestiniennes.

Entre 1976 et 1988, les institutions et les comités bénévoles proches des partis et des courants nationaux palestiniens se sont développés et de nouveaux acteurs issus de la société civile ont fait leur apparition sur la scène sociale, politique et syndicale, tandis que la domination de la lutte politique persistait.

Après le déclenchement de l’Intifada palestinienne (1987-1993), la société civile et les institutions communautaires palestiniennes en Cisjordanie et dans la bande de Gaza se sont développées sous l’effet de la montée de la résistance populaire. Celle-ci a conduit les acteurs du soulèvement à créer un vivier social pour une lutte transcendant les sectes, les classes sociales et la géographie colonisée.

Des comités populaires ont été créés pour gérer la vie quotidienne, ainsi que des comités de soutien aux familles et aux prisonniers. Le bénévolat et le boycott économique se sont développés, et des tentatives ont été faites pour créer des institutions alternatives à la colonisation, afin de s’en affranchir et de se libérer de la dépendance imposée par les colonisateurs.

Puis il y a eu une évolution politique : de nouveaux acteurs, discours et thèmes ont émergé, mettant en avant les droits des hommes, des femmes et des enfants, ainsi que la recherche de la paix. Cela s’explique par l’intervention des organisations internationales et le soutien massif des ONG à leurs homologues palestiniennes, conformément au nouvel agenda des bailleurs de fonds.

Cette forte présence de la société civile palestinienne s’est maintenue tout au long de l’Intifada, en particulier à la fin de la période, grâce à la présence d’acteurs internationaux qui l’ont encouragée par des programmes mondialisés et de nature coercitive, avec ce que l’on pourrait appeler un soutien conditionnel. En effet, le financement de ces structures dépendait de leurs domaines d’intervention, de la forme de luttes qu’elles adoptaient et de ce qui était considéré comme acceptable dans le rapport néocolonial qu’elles incarnaient.

Cela a duré jusqu’à la création de l’Autorité palestinienne, qui s’est ensuite opposée aux organismes et organisations civiles palestiniennes, souhaitant que l’aide internationale passe par elle avant d’être redistribuée aux institutions de la société civile.

Avec la création de l’Autorité palestinienne, l’échec de ses projets politiques et sociaux, la marginalisation de l’OLP, la généralisation de la corruption, du népotisme, du favoritisme, et la perte de sa légitimité révolutionnaire, le rôle des syndicats et des partis politiques a décliné, laissant progressivement la place à des mouvements politiques parallèles aux partis.

Les villes de Cisjordanie et de la bande de Gaza ont connu des mouvements sociaux dans presque tous les secteurs vitaux de la société : mouvements contre les politiques économiques de l’Autorité, mouvements d’enseignants, de médecins et de différents syndicats, ainsi que des mouvements de jeunes contre les politiques et la répression de l’Autorité palestinienne. Il en va de même pour les mouvements contre le Hamas dans la bande de Gaza et les mouvements de chauffeurs en 2012.

On peut dire que l’Autorité palestinienne a coopté les organisations et les syndicats et les a neutralisés, comme elle l’a fait avec d’autres formations politiques, tandis que le Hamas a tout simplement empêché toute opposition à son égard.

Après la division interne palestinienne de 2007 entre les deux factions au pouvoir — le Fatah et le Hamas —, le fossé entre les partis politiques et les jeunes s’est creusé, et de nombreux groupes se sont mobilisés contre la politique des deux factions, mais surtout contre l’Autorité palestinienne.

En effet, le Hamas prône la résistance tandis que le Fatah et l’Autorité palestinienne privilégient la négociation et la coordination sécuritaire avec Israël, ce qui crée un soutien plus favorable au Hamas. L’Autorité palestinienne et le Hamas ont marginalisé l’opposition en Cisjordanie et dans la bande de Gaza selon qui détenait le pouvoir.

Des politiques d’arrestation et de répression des manifestants ont été mises en place, les libertés publiques et la liberté de la presse ont été restreintes, la surveillance renforcée, et les autorités politiques des deux régions ont arrêté des centaines de jeunes. Un groupe de militants a perdu la vie sous la torture, comme ce fut le cas pour l’opposant Nizar Banat.

En raison de son contrôle de facto, l’Autorité palestinienne a empêché tout mouvement visant à affronter le colonisateur, qualifiant ces mouvements d’inutiles et improductifs, conduisant au chaos et à la violence, et nuisant au peuple.

Depuis plusieurs années, la société palestinienne est en proie à l’inaction et à l’absence de participation à la vie publique, ainsi qu’à un désintérêt pour les partis politiques au profit d’une colère latente. Cette inaction peut être considérée comme l’une des manifestations de la guerre d’extermination qui se poursuit dans la bande de Gaza, où la grande majorité de la population souffre de la situation, mais où les mouvements de solidarité sont timides en raison de la répression des manifestations par les autorités du Hamas et de l’Autorité palestinienne.

Il en va de même pour l’inaction face aux violences politiques commises par l’armée coloniale en Cisjordanie ou à Jérusalem, sous la coupe d’Israël, qui n’a pas vu se développer de mouvements de solidarité. C’est également le cas dans le reste de la Cisjordanie, où les autorités coloniales ont procédé à l’expulsion de milliers de familles et à la démolition de leurs maisons — par exemple, plus de 30 000 personnes à Al-Fara’a, Tubas, au camp de Tulkarem et à Jénine ont été expulsées, sans que la population ne réagisse jusqu’à présent.

On peut penser que la situation actuelle attend une étincelle, qui pourrait pousser les Palestinien·nes à se mobiliser et à manifester à nouveau.

Actuellement, la violence coloniale s’accentue avec une nouvelle politique de contrôle basée sur l’interdiction de la circulation des personnes et des biens, l’interdiction de transférer des fonds et la rétention des recettes fiscales ; le non-versement des salaires des employés ; la mise en place de plus de 980 barrages militaires depuis le début du mois de septembre, ainsi que l’installation de plus d’un millier de portiques.

Ainsi, les Palestiniens de Cisjordanie sont contraints de vivre dans de petites prisons fragmentées, en échange de reconnaissances symboliques qui ne changent pas leur réalité. Le principe de punir Israël et de lui imposer des sanctions est abandonné au profit de campagnes de relations publiques qui reproduisent ce qui s’est passé en 1988 — mais cette fois-ci de la part des puissances dominantes du monde.

Abaher El Sakka, professeur de sociologie à l’université de Birzeit

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  • Politique et société palestiniennes
  • Reconnaissance de l’Etat de Palestine
  • Publications de l’AFPS

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