La torture fait l’objet d’une interdiction absolue qui s’applique à tous les États et elle n’est justifiée en aucune circonstance. Pourtant Israël la pratique de manière systémique contre les Palestinien·nes dans ses prisons devenues des camps de torture et des zones de non droit.
De nombreux rapports en attestent. Cette semaine, à l’occasion de la Journée internationale de soutien aux victimes de la torture le 26 juin, l’AFPS vous présente plusieurs de ces rapports.
Israël doit respecter le droit international, doit cesser de faire subir aux prisonnier·es palestinien·nes la torture, les traitements inhumains et dégradants !
L’AFPS demande au Président de la République française de dénoncer et de condamner les pratiques israéliennes de torture à l’encontre des Palestinien·nes et d’exiger immédiatement d’Israël qu’il y mette fin et qu’il libère tous·tes les prisonnier·es politiques palestinien·nes.
Le rapport d’aujourd’hui : « Le génocide à travers le corps » par l’ONG palestinienne Addameer.
Le génocide à travers le corps
>> Lire le rapport « Le génocide à travers le corps » (en anglais)
La violence sexuelle figure parmi les outils les plus destructeurs et les plus néfastes utilisés dans les situations de conflit armé et de génocide. Loin d’être une conséquence accessoire de la guerre, elle est désormais largement reconnue, en droit international et dans les cadres relatifs aux droits humains, comme une arme délibérée et systématique utilisée pour atteindre des objectifs militaires et politiques. En prenant pour cible les corps, la violence sexuelle sert de moyen de domination, de punition et de contrôle, visant à asservir des individus et des communautés, à démanteler les structures sociales et culturelles, et à affirmer son pouvoir sur les populations ciblées.
Depuis le 7 octobre, les signalements de violences sexuelles à l’encontre de prisonniers palestiniens ont considérablement augmenté. Parmi les violations documentées figurent le viol, le harcèlement sexuel, les fouilles à nu forcées, les insultes à caractère sexuel, les menaces de viol et les agressions physiques ciblées sur des parties sensibles du corps. Ces actes ne peuvent être considérés comme des incidents isolés ou des fautes individuelles ; ils reflètent au contraire des schémas plus larges de punition, d’humiliation et de domination. Il est important de noter que les violences sexuelles dans les prisons israéliennes ne sont pas apparues après le 7 octobre. Elles constituent une pratique de longue date et profondément ancrée qui s’est développée parallèlement au système de détention lui-même, révélant un schéma persistant dans lequel la violence — en particulier la violence sexuelle — est employée comme mécanisme de contrôle, d’oppression et de brisement de la résilience physique et psychologique des prisonniers.
Dans ce contexte, les agressions contre le corps des prisonniers et la violation systématique de leur dignité physique et humaine peuvent être comprises comme s’inscrivant dans un cadre génocidaire plus large. De telles pratiques s’inscrivent dans la logique du colonialisme de peuplement, qui vise non seulement le déplacement et l’élimination des populations autochtones, mais aussi la destruction de leur capacité à survivre en tant qu’individus et en tant que collectivité. Ce processus s’opère par le biais de préjudices physiques, de la dévastation psychologique et de la transformation du corps en un lieu de domination, de punition et d’effacement.
Cet article examine le recours à la violence sexuelle par les forces d’occupation israéliennes en tant qu’instrument systématique de répression et de représailles dans le contexte plus large du génocide. À travers l’analyse de cas documentés, il vise à démontrer le caractère organisé et récurrent de ces violations, ainsi que leurs conséquences profondes pour les survivants et pour la communauté palestinienne dans son ensemble.
Il est important de souligner que les cas présentés dans cet article ne représentent qu’une fraction des violences sexuelles commises à l’encontre des prisonniers et détenus palestiniens. L’analyse repose sur 37 cas documentés par Addameer, sélectionnés parmi des centaines de cas enregistrés par Addameer et d’autres organisations de défense des droits humains. Ces cas ont été choisis car ils illustrent des schémas et des méthodes récurrents dans la perpétration des violences sexuelles, rendant inutile toute répétition supplémentaire. L’ampleur réelle de ces crimes est probablement bien plus grande. La détention prolongée a empêché la documentation de nombreux abus, tandis que de nombreux survivants restent réticents ou incapables de révéler leurs expériences en raison de la stigmatisation, de la crainte de représailles et des conditions de leur incarcération. En conséquence, une grande partie de ces violences reste cachée, et les cas documentés doivent être considérés comme révélateurs d’un schéma d’abus bien plus large.
>> Lire le rapport « Le génocide à travers le corps » (en anglais)
Traduction : AFPS




