Photo : Manifestation à Oslo, Norvège, pour appeler le gouvernement à cesser les investissements pétroliers avec l’occupation israélienne, 3 avril 2025 © Quds News Network
Le fonds souverain norvégien, doté de 2 000 milliards de dollars, a annoncé qu’il mettait fin à tous ses contrats avec les gestionnaires d’actifs chargés de ses investissements en Israël et qu’il avait cédé une partie de son portefeuille.
Cette annonce, faite lundi, fait suite à un examen urgent lancé la semaine dernière après que les médias ont rapporté que le fonds avait pris une participation dans un groupe israélien spécialisé dans les moteurs à réaction qui fournit des services à l’armée israélienne, notamment la maintenance d’avions de combat, alors que la guerre génocidaire menée par Israël contre Gaza et la population palestinienne fait rage.
Le fonds, qui dépend de la banque centrale norvégienne et qui est le plus important au monde, détenait des participations dans 61 entreprises israéliennes au 30 juin, mais ces derniers jours, il s’est désengagé de 11 d’entre elles, a-t-il indiqué dans un communiqué.
« Nous avons désormais complètement vendu ces positions », a déclaré le fonds, ajoutant qu’il continuait à examiner les entreprises israéliennes en vue d’éventuels désengagements.
« Ces mesures ont été prises en réponse à des circonstances exceptionnelles. La situation à Gaza est une grave crise humanitaire », a déclaré Nicolai Tangen, PDG de Norges Bank Investment Management, dans un communiqué.
« Nous investissons dans des entreprises qui opèrent dans un pays en guerre, et les conditions en Cisjordanie et à Gaza se sont récemment détériorées. En réponse, nous allons renforcer encore notre diligence raisonnable. »
Le fonds a déclaré qu’il « accordait depuis longtemps une attention particulière aux entreprises associées à la guerre et aux conflits ».
« Nous surveillons en permanence la gestion des risques des entreprises liés aux zones de conflit et au respect des droits humains », a-t-il déclaré.
Le gouvernement norvégien a entamé son examen après que le principal journal du pays, Aftenposten, ait révélé que le fonds détenait une participation dans Bet Shemesh Engines Ltd (BSEL), qui fournit des pièces détachées aux avions de combat israéliens déployés dans la guerre contre Gaza.
Le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Store avait alors déclaré que cet investissement était « préoccupant ».
Le fonds souverain, qui détient des participations dans 8 700 entreprises à travers le monde, a vendu ses parts dans une société énergétique israélienne et un groupe de télécommunications au cours de l’année écoulée.
En juin, le plus grand fonds de pension norvégien a également décidé de rompre ses liens avec les entreprises qui font des affaires avec Israël. Le même mois, cependant, le Parlement norvégien a rejeté une proposition visant à ce que le fonds se désengage de toutes les entreprises ayant des activités dans les territoires palestiniens occupés.
Selon une analyse des documents déposés par l’agence de presse Reuters, plusieurs des plus grandes sociétés financières européennes ont réduit leurs liens avec les entreprises israéliennes ou celles qui ont des liens avec ce pays, alors que la pression des militants et des gouvernements pour mettre fin à la guerre à Gaza s’intensifie.
Le mois dernier, Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations unies sur les territoires palestiniens occupés, a appelé les pays à rompre tous leurs liens commerciaux et financiers avec Israël, y compris par un embargo total sur les armes, et à retirer leur soutien international à ce qu’elle a qualifié d’« économie du génocide ».
Dans un rapport intitulé « De l’économie de l’occupation à l’économie du génocide », Albanese a détaillé « la machine corporative qui soutient le projet colonialiste israélien de déplacement et de remplacement des Palestiniens dans les territoires occupés ».
Le rapport pointe du doigt certaines entreprises – notamment des fabricants d’armes, des géants technologiques, des fabricants de machines lourdes et des institutions financières – pour leur « complicité » dans la répression des Palestiniens par Israël, qui va du soutien à l’expansion israélienne sur les terres occupées à la surveillance et au meurtre de Palestiniens.
Traduction : AFPS




