Photo : La famine à Gaza le 28 aout 2025. Crédit : Mostapha Salah Eye on Palestine.
Gaza continue d’être affamée à mort par le régime israélien au vu et au su de tous, et les États sont complices. La classification officielle de la situation à Gaza comme famine par le Système de classification intégrée de la sécurité alimentaire (IPC) des Nations unies cette semaine constitue une condamnation cinglante de l’inaction systématique des États, qui ne respectent pas leurs obligations légales et morales et ne demandent pas de comptes au régime colonial et d’apartheid israélien. Il est indéniable que le génocide et la famine actuels perpétrés par Israël sont le résultat de la complicité des États, qui permettent que la famine soit utilisée comme une arme et abandonnent le peuple palestinien à une mort évitable. Leur défaillance à imposer des sanctions, à rétablir le mécanisme d’aide de l’ONU et à rétablir l’UNRWA, fait des gouvernements et des unions, en particulier les États-Unis et l’Union européenne, des facilitateurs actifs du génocide israélien. Les récentes déclarations des Pays-Bas et de la Suède ne sont que des appels à des sanctions, et non à leur application effective, alors que ces deux États pourraient imposer de telles mesures de manière unilatérale. La famine orchestrée par le régime israélien est le résultat direct de la complicité et de l’inaction des États, au service du génocide israélien.
En autorisant l’interdiction puis le remplacement de l’UNRWA au profit de la soi-disant Fondation humanitaire de Gaza (GHF), appuyée par les États-Unis, les États ont non seulement manqué à leur obligation de protection, mais ont également contribué au génocide en exacerbant la famine. La GHF opère à partir de quatre "points" de distribution, qui constituent des pièges mortels où près de 1 400 Palestiniens ont été tués en tentant d’accéder à la nourriture. La mise en place de la GHF sert également à démanteler l’UNRWA, à effacer la question des réfugiés et à entraver davantage les droits des Palestiniens, y compris celui au retour. Les fausses promesses du président Donald Trump d’une "fin définitive" au génocide "dans deux à trois semaines" ont des conséquences importantes. Elles permettent de gagner du temps pour le génocide et permettent au régime israélien d’intensifier ses actions sur le terrain, notamment ses plans de colonisation de la ville de Gaza. Confiant dans son impunité, le régime israélien a mené des attaques délibérées contre des journalistes, comme la "double frappe" contre l’hôpital Nasser à Khan Younis, qui visait également à empêcher la documentation des crimes de guerre pendant l’invasion imminente.
Les États refusant d’agir et permettant l’interdiction et le démantèlement de l’UNRWA, il n’est pas surprenant que l’utilisation de l’aide humanitaire et de la famine comme armes par Israël ait atteint des niveaux sans précédent. Depuis le 2 mars 2025, l’UNRWA est empêchée de distribuer de l’aide à Gaza, délibérément bloquée dans l’accomplissement de son mandat. À l’heure actuelle, seuls une centaine de camions en moyenne ont pu entrer au cours des deux dernières semaines, alors que 6 000 camions d’aide humanitaire vitale sont prêts à entrer à Gaza, mais restent délibérément bloqués. Rien qu’en juillet 2025, plus de 12 000 enfants ont été diagnostiqués comme souffrant de malnutrition aiguë, le chiffre mensuel le plus élevé jamais enregistré. Les évaluations actuelles de l’IPC montrent que plus d’un demi-million de Palestiniens à Gaza sont confrontés à une famine (phase 5 de l’IPC), et que plus de la moitié de la population se trouve dans une situation d’insécurité alimentaire d’urgence ou de crise. Ces chiffres et les avertissements antérieurs indiquent que la famine à Gaza était, et reste, une conséquence prévisible et voulue des politiques étatiques qui s’apparentent à de la complicité.
Alors que les États-Unis sont co-auteurs du génocide avec le régime israélien, l’Union européenne (UE) n’a pris aucune mesure, même après que des alertes de famine aient été lancées à l’ONU dès février 2024. Au lieu d’apporter un soutien politique et financier total à l’UNRWA pour maintenir et renforcer ses opérations, l’Union européenne (UE) se cache derrière les fausses assurances d’Israël selon lesquelles l’aide humanitaire vers la bande de Gaza va augmenter. De plus, l’UE s’est contentée d’un "réexamen" superficiel de son accord d’association. En vertu du droit international et du droit communautaire, l’UE et ses États membres sont légalement et moralement tenus d’imposer des sanctions complètes, notamment de rompre les accords commerciaux avec le régime israélien, et de garantir la livraison sans entrave de l’aide humanitaire. Au lieu de cela, par rapport à 2022, plusieurs États membres de l’UE, tels que l’Autriche, l’Italie et l’Allemagne, ont réduit leurs contributions en décembre 2024. La Suède a suspendu ses contributions, les États-Unis ayant déjà réduit leur financement à l’Agence au début de l’année 2024.
Les États ont également choisi de larguer l’aide par le biais de palettes aéroportées, une pratique critiquée par le commissaire de l’UNRWA, M. Lazzarini : "Si la volonté politique existe pour autoriser les largages aériens – qui sont très coûteux, insuffisants et inefficaces –, il devrait y avoir une volonté politique similaire pour ouvrir les points de passage routiers." Dans le même temps, en supprimant, suspendant ou retenant leur soutien à l’UNRWA, les États se rendent complices de la famine délibérée de la population de Gaza. Pourtant, les États n’hésitent pas à dépenser "100 fois plus" pour des largages aériens inefficaces et dangereux, au lieu de permettre des livraisons suffisantes et efficaces par camion de l’aide qui attend aux points de contrôle. Ce déficit catastrophique est le résultat direct du siège imposé par le régime israélien, aggravé par le refus des États de prendre des mesures significatives pour rétablir l’UNRWA et le système d’aide humanitaire dirigé par l’ONU, utilisant les largages aériens pour masquer leur inaction et feindre d’agir.
Le Secrétaire général des Nations Unies a déclaré que la famine était "une catastrophe artificiellement crée par l’homme, un échec morale et un échec de l’humanité elle-même". Il est essentiel, à tout le moins, de préserver le rôle de l’UNRWA, non seulement en tant que bouée de sauvetage humanitaire pour Gaza, mais aussi en tant qu’institution des Nations Unies chargée de défendre les droits des réfugiés palestiniens. Bien que 118 États membres, dont tous les membres du Conseil de sécurité des Nations unies, aient approuvé la "Déclaration d’engagements communs sur l’UNRWA", ils n’ont guère fait pour mettre ces engagements en pratique. L’Agence, reconnue comme "l’épine dorsale de toute l’aide humanitaire à Gaza" par ces États, est toujours interdite d’opérer à Gaza et fait face à un déficit financier écrasant.
Le fait de continuer à permettre à Israël d’interdire l’UNRWA et de la remplacer par le GHF renforce la complicité des États dans la famine, la privation de nourriture jusqu’à la mort et l’instrumentalisation de l’aide comme arme. En outre, en sapant l’UNRWA, les États sapent l’institution par laquelle ils sont tenus de défendre les droits des réfugiés palestiniens et ne parviennent pas à lutter contre le crime de déplacement forcé de population que commet Israël dans la bande de Gaza et qui est un acte de génocide.
Les obligations des États sont claires : prendre toutes les mesures pour mettre fin et inverser la famine orchestrée par Israël et les États-Unis en apportant un soutien politique et financier sans faille à l’UNRWA et en imposant des sanctions globales, telles que la rupture de l’accord d’association de l’UE avec le régime israélien. Les paroles creuses, les examens et les fausses promesses ne nourriront pas les Palestiniens victimes de la famine dans la bande de Gaza et ne mettront pas fin au génocide.
Traduction : AFPS




