Le festival Esperlueta organisé chaque année en mars par les organisations de danses traditionnelles de Clermont-Ferrand, les Brayauds et Clermont Folk, et des organisations de jeunesse a vocation à faire connaitre le patrimoine régional et à s’ouvrir à un public et des cultures diverses.
En mettant cette année à l’honneur la Palestine il a répondu à cette mission. Au-delà de ces objectifs habituels et compte-tenu de l’extrême gravité de la situation pour le peuple palestinien les organisateurs souhaitaient également apporter de l’information sur le contexte et la guerre actuelle et récolter des fonds pour aider les associations partenaires du groupe local de l’AFPS. Tout ayant été évidemment pensé pour un public familial, ont été choisis les thèmes de la culture et du vol de la terre.
Jeudi 20 mars : un atelier cuisine dans le lieu alternatif d’un des organisateurs (lieU’Topie) a préparé un repas d’inspiration palestinienne pour 30 personnes, suivie d’une conférence animée par l’AFPS sur l’appropriation par Israël du patrimoine culturel- et notamment culinaire- suivie par une vingtaine de personnes.
Vendredi 21 mars : Anne Tuaillon présidente de l’AFPS a, de manière très pédagogique en se référant avec précision aux différents rapports palestiniens, internationaux ou israéliens présenté un exposé sur l’Apartheid israélien devant une quarantaine de personnes. Elle a insisté sur la complexité des différents statuts du peuple palestinien et sur le fait que cette division fait partie d’une stratégie qui permet à l’occupant de voler la terre. Les participants ont tous beaucoup appris et salué la qualité de cette intervention et des échanges avec Anne.
La journée du samedi 22 mars a été très dense de 16h à 1h du matin.
Dans la grande salle de la maison du peuple décorée de drapeaux palestiniens, l’AFPS avait un bel espace dédié.
– Une expo de 24 photos avec des légendes courtes visait à montrer comment s’effectuent le vol de la terre et le nettoyage ethnique depuis 1948. Elle a beaucoup été vue.
– Plus de 800 euros ont été récoltés au stand de vente qui proposait boucles d’oreilles, cabas, broderies, zaatar…
– Une table de presse présentant les campagnes actuelles de l’AFPS pour Gaza, contre la colonisation et pour BDS, l’apartheid de l’eau, l’avant-07 octobre ; ainsi qu’un livret artisanal créé par un étudiant et vendu au profit de l’association Hébron France.
Le bal des enfants de l’après-midi a été suivi d’un moment fort avec la projection de courts métrages sur le dabke (des films amateurs et deux Gaza stories de Iyad Alasttal) devant une quarantaine de personnes très attentives et émues : les enfants de Gaza dansant avant et pendant la guerre, un professeur de Gaza en 2022, un danseur qui a fait en France la tournée pour le film Yallah Gaza, des hommes dansant pour un mariage et les jeunes gazaouis lors des marches au retour de 2018. L’AFPS 63 a eu le privilège de recevoir un agriculteur récemment arrivé de Gaza qui a répondu aux questions : "pourquoi des hommes qui dansent ? quel est votre sentiment face aux destructions ? Avez-vous de la haine pour les Israéliens ?" Et une question d’enfant : "Comment vous faites pour supporter la guerre ?"
Les auvergnats ayant participé l’après-midi au stage de dabké animé par Abeer Hamad ont entrainé le soir des centaines de danseurs au grand bal animé par le groupe Al Quds dans une ambiance formidable. Une grande qualité d’écoute pour les textes poétiques déclamés par Abeer et une implication de tous pour s’initier à ces pas inconnus. Les autres artistes, musiciens et chanteurs du groupe la Vielha (Auvergne) et Saraï (folk et poésie occitane) ont tous rendu hommage au peuple palestinien parfois en lisant des poèmes.
Malgré le contexte festif, il était impossible de passer sous silence le génocide et l’épuration ethnique en cours. C’est pourquoi l’AFPS 63 a fait une courte intervention appréciée entre deux prestations musicales insistant sur la destruction systématique de tout ce qui fait la culture palestinienne (théâtre, écoles, universités, musées, sites archéologiques, archives, cimetières, mosquées, églises, bibliothèques…) La militante voulait montrer que ces destructions répondent au narratif israélien qui a toujours été de nier l’existence même d’un peuple palestinien, et à fortiori de son identité et sa culture pour ainsi procéder au nettoyage ethnique. Pour ce peuple qui lutte pour sa survie, tué, humilié et torturé, conserver et faire vivre sa culture est une forme importante de résistance que nous relayons.
Durant toute la soirée, le public a pu se régaler avec le buffet turques conséquent et varié proposé par les amies qui sont restées toute la soirée et ont suscité l’admiration de tous par leur générosité et leurs sourires. Un couple mixte algéro/mexicain proposait par ailleurs des quésadillas.
Les boîtes à dons présentes dans la salle ont rapporté 230 euros mais les bénéfices de la soirée seront bien plus conséquents. La plupart des associations organisatrices dont la plus importante : les Brayauds se sont engagés à reverser la part qui leur revient à l’AFPS. L’AFPS 63 pourra ainsi continuer à soutenir ses partenaires habituels à Gaza, à Jénine et à Hébron dans la situation dramatique où ils se trouvent.
Un grand merci à tous ceux qui, militants, jeunes, associatifs, cuisinières, danseurs, public (environ 400 personnes) ont offert à la ville ce moment mémorable qui nous redonne un peu de courage dans cette lutte éprouvante.







