Photo : Commission européenne à Bruxelles © Chancellerie d’Equateur
La Commission européenne a proposé de suspendre partiellement Israël de son programme phare de recherche scientifique Horizon, d’une valeur de 80 milliards de livres sterling, en raison de ce que les responsables ont qualifié de « grave » crise humanitaire à Gaza.
Cette décision intervient alors que les actions d’Israël à Gaza sont condamnées dans le monde entier, notamment par Donald Trump, qui exige que le pays fasse davantage pour mettre fin à la « véritable famine ». Mardi, la principale autorité internationale en matière de crises alimentaires, l’Integrated Food Security Phase Classification, a déclaré que « le pire scénario de famine se déroule actuellement » à Gaza.
Horizon Europe est l’un des programmes de recherche scientifique les plus prestigieux au monde et n’a jamais suspendu un pays auparavant. Les responsables estiment toutefois que la crise humanitaire à Gaza est si grave qu’elle justifie désormais une suspension sur le plan juridique.
Dans sa proposition aux États membres, la Commission indique que « 90 % des ménages sont confrontés à une grave insécurité alimentaire et que les taux de malnutrition augmentent fortement », avec « de graves pénuries de médicaments » et « pratiquement toute la population de Gaza [...] menacée de famine ».
Israël a nié être à l’origine de la famine, imputant celle-ci à d’autres facteurs, notamment le pillage de l’aide humanitaire par le Hamas et les défaillances de distribution de l’ONU.
Il a déclaré mardi que « plus de 200 camions ont été collectés et distribués hier par l’ONU et des organisations internationales », et que 260 autres attendaient d’être collectés et distribués.
Ce volume d’aide reste toutefois inférieur aux besoins. Avant la guerre, 500 camions d’aide humanitaire entraient en moyenne chaque jour à Gaza, approvisionnant une population qui ne souffrait pas de la faim, avait accès à des logements décents, à des soins de santé et à de l’eau potable, disposait d’une économie fonctionnelle et d’un secteur agricole florissant qui contribuait à la disponibilité alimentaire.
Les responsables de l’UE ont qualifié l’augmentation actuelle de l’aide d’amélioration, mais ont déclaré qu’ils s’étaient vu refuser l’accès à Gaza pour vérifier la livraison de l’aide humanitaire et qu’il fallait davantage de points d’entrée et de centres de distribution.
Si leur proposition était approuvée, Israël se verrait refuser l’accès à l’un des domaines de recherche essentiels du programme Horizon, appelé Conseil européen de l’innovation (EIC), qui est spécialisé dans les technologies de rupture.
Israël est l’un des pays membres les plus performants du programme, recevant environ 200 millions d’euros (173 millions de livres sterling) sur les 900 millions d’euros alloués depuis 2021, dont environ 135 millions d’euros sous forme de subventions et 65 millions d’euros sous forme d’investissements en capital.
Selon l’UE, 46 entreprises israéliennes participent au programme EIC.
La Commission a déclaré dans un communiqué : « Bien qu’Israël ait annoncé une trêve humanitaire quotidienne dans les combats à Gaza et ait respecté certains de ses engagements dans le cadre de l’accord commun sur l’aide humanitaire et l’accès humanitaire, la situation reste grave. »
Elle a ajouté que la suspension découlerait de son examen de l’accord d’association commerciale avec Israël, à la suite des appels à une révision de l’accord lancés par les Pays-Bas et soutenus par 17 pays en mai.
Les responsables ont déclaré que la suspension partielle aurait un effet juridique en vertu de l’article 79 de l’accord euro-méditerranéen si la mesure était jugée « proportionnée ».
Une proposition de sept pages sera soumise aux ambassadeurs des États membres qui se réuniront mardi après-midi à Bruxelles pour discuter de l’accord commercial entre l’UE et les États-Unis.
Selon les règles, l’UE aurait besoin d’une majorité qualifiée, c’est-à-dire des votes d’environ 15 États membres, à condition qu’ils représentent 65 % de la population du bloc.
Cela signifierait presque certainement que l’Allemagne devrait soutenir cette initiative.
De hauts responsables de l’UE ont déclaré que l’ambiance lors de la réunion des ambassadeurs la semaine dernière sur la question de l’aide humanitaire était « tendue » et qu’il semblait y avoir une « urgence particulière » à mettre cette proposition sur la table.
Le Royaume-Uni a été exclu d’Horizon pendant trois ans après le Brexit, avant de réintégrer le programme en 2024, mais les responsables ont déclaré que cela était différent d’une suspension.
Traduction : AFPS




