Vent, pluies torrentielles, froid s’ajoutent aux conditions extrêmement difficiles de la survie, alors que tout manque, que les infrastructures ont été systématiquement détruites : génocide, scolacide, urbicide… Et que l’occupant maintient toujours le blocus !
Témoignage de Haneen
Al-Qarara était une petite ville qui s’étendait de la mer à la frontière de l’occupation. Puis la guerre d’extermination a tout détruit : arbres et bâtiments, santé et éducation.
Ses habitants ont fui une fois de plus vers al-Mawasi, où ils essayent de créer un lieu de vie. Entassés dans des tentes, sans eau ni électricité, sans rue ni installation sanitaire. Avec patience et résilience, ils ont reconstruit écoles, cliniques et marchés. Des chemins étroits serpentent entre les tentes. Il n’y a aucune intimité. La surpopulation ne laisse aucune espace. Avec l’hiver, les routes sont inondées. Quand les vagues montent les gens ne trouvent pas où aller.
Les soldats de l’occupation tirent, les opérations militaires se poursuivent, détruisant tout dans ce lieu dévasté. Nous sommes piégés entre la mer et al-Mawasi, avec le strict minimum, juste pour rester en vie.
À côté des tentes, les gens allument de petits feux pour préparer un repas, juste assez pour apaiser leur faim. Les enfants pleurent. Ces tentes ne protègent ni de la chaleur, ni de la pluie et du froid. Elles sont inondées, déchirées, et les gens dorment les yeux ouverts, le cœur lourd, dans l’espoir d’un avenir meilleur et de solutions politiques qui pourraient les sauver.
Les femmes souffrent énormément. Elles attendent les camions-citernes d’eau, reviennent trempées et se demandent ce qu’elles peuvent cuisiner, en regardant vers la cuisine communautaire où les enfants apportent leurs assiettes pour recevoir un peu de nourriture.
L’éducation et la formation comme une forme de résistance
Malgré cela, les initiatives collectives se poursuivent. Elles continuent à soutenir les familles déplacées et à fournir tous les services possibles aux enfants dispersés. Avant la tombée de la nuit, dans leurs tentes, ils font leurs devoirs et les accrochent en hauteur de peur qu’ils ne soient trempés.
Nous ne sommes pas seuls. Nous comptons sur des amis qui croient en la justesse de notre cause, en l’humanité et aux droits de l’Homme. Le groupe local AFPS Nantes contribue à soutenir ces initiatives et nous aide à créer des lieux où les enfants apprennent, laissant voir encore de l’espoir dans leurs yeux.
Les survivant·es de ce génocide refusent de quitter leur terre. Rester c’est résister et pour cela, l’éducation des enfants est un enjeu majeur.
Malgré toutes les entraves, des groupes locaux de l’AFPS ont pu préserver des actions, ou s’organisent pour répondre à de nouveaux défis. Mais seul il est difficile, voire impossible de poursuivre l’engagement. D’où la proposition de « pools » de groupes locaux pour maintenir le lien de cette chaîne humaine, capital pour l’avenir.
Parmi d’autres, nous avons retenu deux exemples : un dans le camp de déplacé·es d’al-Mawasi, l’autre dans le camp de réfugié·es de Khan Younis.
Al Amal, une école mobile
Al Amal, espoir en arabe, est le nom de l’école sous tente créée par un comité d’habitant·es, expulsé·es de la ville d’al Qarara, qui en a décidé en reprenant les techniques traditionnelles de serres maraîchères. Elle fonctionne depuis le premier semestre de 2025 avec 2000 élèves et une vingtaine d’enseignant·es bénévoles.
Pour pérenniser le projet à moyen terme il faut équiper l’école et lui donner les moyens de poursuivre son action dont l’objectif est de scolariser 450 enfants de la maternelle à la 4e et un autre groupe de la 5e à la 9e. Aujourd’hui seul un quart du financement annuel est assuré (via l’AFPS Nantes).
Besoin d’équipement et de matériel pédagogique ; d’une cantine pour ces enfants qui ne mangent pas à leur faim ; de défraiement des intervenant·es. Mais sans le soutien de l’Unrwa ni celui du gouvernement local ou de l’Autorité palestinienne, et avec l’interdiction de travailler en Israël.
Le projet s’adresse également aux familles et particulièrement aux femmes. Des réunions hebdomadaires sont organisées pour les mères avec un conseiller psychologique et éducatif. Des sessions sur 3 semaines pour des groupes de 200 femmes, ces séances visent à sensibiliser les mères à leur rôle auprès de leurs enfants.
Un centre de soutien
Implantée dans le camp de réfugiés de Khan-Younis, Heart Beat Association (HBA) accompagne depuis 2019 les enfants du camp dans leur parcours éducatif, aux côtés de leurs parents : activités récréatives, soutien scolaire, soutien psychologique et soutien à la parentalité.
Depuis octobre 2023, et durant la guerre génocidaire d’Israël, l’équipe d’animation bénévole de HBA (psychologues, enseignants, artistes, animateurs…) a continué ses activités en suivant les déplacé·es. Depuis quelques semaines elle accueille à nouveau quotidiennement une centaine d’enfants dans ses locaux endommagés.
Les activités sont bénéfiques pour les enfants : baisse du stress, renforcement des liens sociaux, amélioration de la communication verbale…
Depuis 2020, une convention de partenariat avec HBA, le groupe local Évry Palestine-AFPS 91, grâce aux dons collectés et à des contributions diverses (notamment de cinq GL) assure le budget annuel de fonctionnement de HBA. Pour 2026 celui-ci s’élève à 31 000 € (loyer, défraiement des animateurs bénévoles, achat de matériel pédagogique…). Seulement la moitié est à ce jour couvert, dons et contributions sont donc les bienvenus !
>> Faire un don au projet de l’AFPS Nantes
>> Faire un don à Évry Palestine-AFPS 91
Photo : Les forces israéliennes et les colons déplacent les agriculteurs de leurs terres, Beit Ula, 22 novembre 2025 © Mosab Shawer/Activestills




