Photo : Des colons israéliens assiègent des habitations palestiniennes à Qusra, Cisjordanie occupée, 14 août 2026 © Oren Ziv/Activestills
Des colons israéliens ont été aperçus dimanche en train de rôder dans une zone proche du village de Qusra, en Cisjordanie, que l’armée israélienne avait désignée comme zone militaire interdite, et ce malgré l’engagement pris par l’armée de rétablir l’ordre après plus d’une semaine d’attaques menées par des colons et d’un siège du village.
Des colons ont été aperçus dimanche sur le mont Ein Aniya, en Cisjordanie, où se trouvent les villages palestiniens de Qusra et de Jalud, près de Naplouse.
Au cours du week-end, des soldats israéliens ont commencé à expulser un groupe de colons qui avaient terrorisé des familles palestiniennes et assiégé leurs maisons pendant plusieurs jours, allant même jusqu’à installer un avant-poste dans une cour dans au moins un cas.
Le chef de l’armée israélienne, Eyal Zamir, a déclaré la semaine dernière avoir ordonné l’envoi de renforts dans la région face à la vague de critiques internationales. Dimanche, l’armée israélienne était présente dans la zone dans le cadre de l’opération militaire visant à évacuer les avant-postes qui s’y trouvent, mais ses soldats ont ignoré les colons malgré un ordre déclarant la zone « zone militaire fermée », poursuivant ainsi une pratique observée depuis plusieurs jours.
Dimanche matin, selon des sources palestiniennes, des représentants de l’ONU se sont rendus au domicile de trois familles assiégées et leur ont remis de la nourriture et des médicaments. Toutefois, ils n’auraient pas été autorisés à décharger un grand réservoir d’eau dans la cour de la maison. Les familles ont déclaré que la nourriture et l’eau se faisaient rares depuis le début des attaques.
L’armée israélienne n’a pas répondu à une demande de précisions formulée par Haaretz concernant le non-respect de l’ordre émis à l’encontre des colons.
Dimanche après-midi, un bataillon qui était stationné sur place a été remplacé par une autre unité militaire. On a ensuite constaté que des colons circulaient en voiture près des habitations situées sur la montagne et à la périphérie de Qusra.
Dans l’une des vidéos, on peut voir trois colons marcher en direction des habitations, tandis qu’un véhicule des forces de sécurité passe à leur hauteur sans s’arrêter pour faire respecter l’ordre.
Ces derniers jours, des colons ont été filmés en train d’utiliser les infrastructures et les bâtiments palestiniens situés dans la zone militaire fermée, y circulant en voiture et s’y promenant à pied. À ce jour, aucun de ces colons n’a été arrêté, et un seul a été interpellé tôt jeudi matin. Selon une source bien informée, le colon placé en garde à vue a été relâché peu après.
Ces derniers jours, des colons ont tenté de retourner dans la cour de la maison où ils avaient établi l’avant-poste évacué, et les forces de l’armée israélienne les ont à plusieurs reprises éloignés à une courte distance de celle-ci. Cependant, dans la pratique, les soldats n’appliquent pas l’ordre, laissant les colons parmi des bâtiments palestiniens abandonnés ou dont la construction n’est pas encore achevée.
La présence de l’armée a également permis de réduire la violence dans la région, mais les habitants des villages craignent son retour une fois l’opération terminée. Le mont Ein Aniya et l’avant-poste de Tel Talpiot sont situés à environ deux kilomètres (1,2 mile) à l’intérieur de la zone B, qui est sous contrôle civil palestinien et sous contrôle sécuritaire conjoint israélo-palestinien. L’avant-poste surplombe les villages de Jalud, Qusra, Talfit, Qaryut, Jurish et Qabalan.
Malgré l’entrée de colons dans la zone militaire, des journalistes et des militants ont été empêchés de s’approcher de la zone la semaine dernière par des soldats de l’armée israélienne. Un journaliste et un photographe du journal Haaretz ont été bloqués et agressés par des colons sous les yeux des soldats la semaine dernière alors qu’ils tentaient de se rendre à Tel Talpiot. La déclaration d’une zone militaire fermée est un outil qui permet à l’armée d’empêcher l’accès à une zone désignée pendant une période limitée, mais dans la pratique, cette mesure n’est souvent pas appliquée aux colons.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu ne s’est pas encore exprimé publiquement sur les événements de Qusra, bien que des responsables américains et israéliens aient déclaré vendredi dernier à Reuters que la Maison Blanche faisait pression sur lui pour qu’il les dénonce.
Deux sources ont indiqué que les pressions américaines avaient commencé après qu’il fut apparu clairement que l’une des maisons assiégées appartenait à un Palestinien ayant la nationalité américaine. Le cabinet du Premier ministre et la Maison Blanche n’ont pas répondu à cette information.
Traduction : AFPS




