Photo : L’armée israélienne capture et abuse des Palestiniens lors de l’assaut contre l’hôpital Kamal Adwan, 28 novembre 2024 @ Quds News Network
Des dizaines de Palestiniens originaires de Gaza sont toujours emprisonnés alors qu’ils ont purgé leur peine, et au moins sept autres devraient connaître le même sort d’ici la fin de l’année, a déclaré à The New Arab un expert palestinien spécialisé dans les droits des prisonniers.
Riyad al-Ashqar, directeur du Centre palestinien d’études sur les prisonniers, a déclaré à TNA que les autorités israéliennes continuaient de détenir au moins 36 Palestiniens de Gaza qui avaient été arrêtés avant le déclenchement de la guerre en octobre 2023, bien qu’ils aient purgé leur peine.
Israël refuse de les libérer en vertu des mesures d’urgence imposées à la suite des attaques du 7 octobre 2023, a-t-il ajouté.
Ces chiffres interviennent alors que le Bureau des médias des prisonniers a constaté que 43 détenus originaires de la bande de Gaza sont toujours détenus par Israël bien qu’ils aient purgé, ou soient sur le point de purger, leur peine.
Il a déclaré que leur détention restait « sans aucun fondement juridique ni décision judiciaire justifiant le maintien de leur détention », ce qui constitue une violation flagrante du droit international humanitaire.
Al-Ashqar a déclaré à The New Arab que sept autres prisonniers devaient purger l’intégralité de leur peine avant la fin de l’année 2026 et qu’ils risquaient de rester en détention, bien que certains aient plus de 60 ans.
Il a ajouté que les autorités israéliennes maintenaient délibérément ces prisonniers derrière les barreaux dans le cadre d’une politique plus large de représailles à l’encontre des habitants de la bande de Gaza.
Certains ont passé plus d’une décennie dans les prisons israéliennes. Parmi eux figure Mohammed Youssef al-Qudra, originaire de Khan Younis, qui a purgé sa peine de 11 ans en juin 2025 mais reste en détention.
Mohammed Abdul Karim al-Qadi est lui aussi toujours emprisonné, bien qu’il ait purgé sa peine de 10 ans il y a plus d’un an.
Les forces israéliennes ont arrêté plus de 15 000 Palestiniens de Gaza depuis le début de la guerre, parmi lesquels des femmes, des enfants, des personnes âgées, des civils blessés et des personnes en situation de handicap, a déclaré M. al-Ashqar.
Si beaucoup ont depuis été libérés après des périodes variables de détention et d’interrogatoire, il estime qu’environ 2 000 Palestiniens de Gaza sont toujours détenus par les autorités israéliennes.
Il a ajouté que les autorités israéliennes n’ont publiquement identifié qu’environ 1 400 détenus, laissant ainsi des centaines de familles palestiniennes sans aucune information sur le sort de leurs proches.
Al-Ashqar a également déclaré qu’Israël avait mis en place de nouveaux centres de détention gérés par l’armée pour les Gazaouis, en dehors du système pénitentiaire israélien, notamment le tristement célèbre camp de Sde Teiman, où des organisations de défense des droits des Palestiniens ont recensé des allégations de torture, d’abus sexuels et de décès en détention.
Il a en outre accusé Israël de soumettre les détenus de Gaza à une privation systématique de nourriture et à une négligence médicale, affirmant que les prisonniers ne recevaient pas une alimentation et des soins de santé adéquats, ce qui entraînait une malnutrition grave et une détérioration de leur état de santé.
En novembre 2025, l’organisation Physicians for Human Rights Israel a recensé la mort d’au moins 98 prisonniers palestiniens détenus par Israël, tout en avertissant que le chiffre réel était probablement nettement plus élevé en raison du manque de transparence des autorités israéliennes.
Traduction : AFPS




