Les USA et Israël se sont engagés il y a plus d’un mois dans une nouvelle guerre totalement illégale en agressant l’Iran et le Liban : au prétexte d’« éliminer leurs ennemis », ils ont conjugué leurs efforts pour tenter d’imposer définitivement leur domination sur la région. Le Moyen-Orient est à feu et à sang avec des conséquences qui s’étendent bien au-delà de la région. Il faut rappeler qu’aucun État n’a le droit d’en agresser un autre et que la notion de guerre préventive n’existe pas, que ce sont des crimes. Cette guerre est totalement illégale et aurait dû déclencher immédiatement la constitution d’une coalition pour y mettre fin. Au lieu de cela, à quelques rares exceptions près comme celle l’Espagne, c’est la même acceptation de fait, voire la complicité avec les auteurs des crimes de guerre.
Cette nouvelle agression contre l’Iran et l’acharnement contre le Liban a une horrible impression de déjà-vu. Mêmes méthodes qu’à Gaza : stratégie de la terre brûlée, asphyxie des sociétés par la destruction de l’économie, du système de santé, les assassinats des journalistes, la destruction ou l’empêchement de l’éducation, attaque contre l’ONU et ses agences… Au prétexte d’éliminer les ennemis ce sont les populations civiles qui sont dans le viseur avec les bombardements généralisés accompagnés d’ordres d’évacuation ou l’usage par Israël du phosphore blanc…
Israël est passé à une phase où il veut arriver à des conclusions définitives sur tous les fronts ouverts et pas seulement Gaza et la Cisjordanie : « finir le travail » en Iran et au Liban aussi : le grand Israël du Nil à l’Euphrate, objectif affiché d’une partie non négligeable du gouvernement israélien.
Avec l’ouverture de ces nouveaux fronts, c’est aussi une stratégie bien rodée qui permet de faire passer la Palestine sous les radars et en profiter pour accélérer l’effacement du peuple palestinien et la dépossession de sa terre de la Méditerranée au Jourdain. Tout cela alors que le Conseil de sécurité de l’ONU a donné le feu vert à Trump pour mettre la main sur la bande de Gaza et permettre à Israël d’y maintenir son occupation, le contrôle total de la population et continuer le génocide en cours depuis deux ans et demi.
Le génocide est toujours en cours à Gaza : bombardements et assassinats, enracinement de l’occupation de plus de 60 % du territoire, situation humanitaire catastrophique (restrictions qu’Israël continue d’imposer sur l’entrée de l’aide humanitaire et au passage des personnes et des ONG).
Comme chaque fois qu’Israël ouvre un nouveau front, il accélère et renforce les mesures coercitives contre les Palestinien·nes : nouvelle fermeture du passage de Rafah et chape de plomb sur la Cisjordanie. Les Palestinien·nes ont dû faire face à de nouvelles entraves à la circulation, des arrestations de masse, le nettoyage ethnique à marche forcée et la terreur des colons d’une ampleur jamais atteinte (pogroms, assassinats, tortures, agressions sexuelles, vol de terre et de bétail…). Avec en ces périodes de fêtes religieuses l’empêchement de se rendre à Jérusalem et l’interdiction d’accès aux lieux saints. Ajoutons les centaines de destructions de structure palestinienne des destructions généralisées de maisons à Jérusalem-Est. L’étouffement et l’étranglement du quotidien sont devenus la nouvelle norme imposée par l’occupation.
La Cisjordanie est l’un des terrains pour lesquels Israël entend arriver à une conclusion définitive : une réalité démographique et géographique irréversible imposant de fait son annexion et l’effacement de son peuple.
Tout cela n’est rendu possible que parce que les États occidentaux ont imposé une norme particulière quand il s’agit d’Israël : l’impunité-complicité. Cette impunité à tous les niveaux de la chaîne, du colon assassin ou soldat violeur, du ministre au président génocidaire, du criminel contre l’humanité au fabricant d’armes : quand il s’agit d’Israël personne n’a de comptes à rendre à aucune institution. Et dans le même temps ceux qui assurent l’impunité à tous les criminels n’ont de cesse de criminaliser celles et ceux qui tentent de mettre fin cette violation du droit et des droits du peuple palestinien (condamnations pour apologie du terrorisme, proposition de loi Yadan, honteuse demande du ministre Barrot que soit mis fin à la mission de Francesca Albanese…).
Seuls quelques États qui se retrouvent autour du Groupe de la Haye pour exiger l’application du droit international sauvent l’honneur d’une communauté internationale qui a perdu toute crédibilité comme la France quand elle s’inquiète de la dernière loi d’apartheid qui instaure la peine de mort pour les seuls Palestiniens.
Mobilisation du 28 mars, Flottille de la liberté, suspension de l’accord d’association… mobilisé·es nous sommes, mobilisé·es nous resterons ! Ils ne nous feront pas taire !
Anne Tuaillon, le 31 mars 2026
Photo : Des Palestiniens protestent contre le rasage des terres entre Rafat et Qalandia par les colons israéliens, 20 janvier 2023 © Oren Ziv/Activestills




