Photo : Israël maintient Al-Aqsa fermée jusqu’à l’Aïd, 16 mars 2026 © Quds News Network
Selon des informations recueillies par Middle East Eye, Israël s’apprête à maintenir la mosquée Al-Aqsa fermée pendant la fête musulmane de l’Aïd al-Fitr et au-delà.
Des sources proches des affaires de la mosquée située à Jérusalem-Est occupée ont déclaré que les autorités israéliennes avaient informé ces derniers jours le Waqf islamique, l’organisme chargé de l’administration du site, de cette décision.
La mosquée Al-Aqsa, l’un des lieux les plus sacrés de l’islam, a été fermée par les autorités israéliennes au début du mois, invoquant la « situation sécuritaire » dans le contexte de la guerre américano-israélienne contre l’Iran.
Cette fermeture sans précédent, en particulier pendant le mois du ramadan, a été condamnée par les Palestiniens comme étant la dernière tentative d’Israël d’exploiter les tensions sécuritaires pour imposer de nouvelles restrictions et consolider son contrôle sur Al-Aqsa.
C’est le premier ramadan depuis la prise de Jérusalem-Est par Israël en 1967 où les Palestiniens n’ont pas pu accomplir la prière du vendredi à la mosquée.
La semaine dernière, huit pays à majorité musulmane ont condamné cette fermeture « injustifiée », affirmant qu’Israël n’avait « aucune souveraineté » sur ce lieu vénéré et devait lever immédiatement ces restrictions.
Cependant, la fermeture se poursuit sans entrave. Les prières du vendredi et les prières nocturnes du ramadan restent interdites, et les Palestiniens se voient empêcher d’accéder au site, en raison d’une forte présence des forces israéliennes dans la vieille ville.
Depuis la fermeture, pas plus de 25 membres du personnel du Waqf ont été autorisés à pénétrer dans le vaste complexe de la mosquée par équipe.
Une source a déclaré à MEE que les autorités israéliennes avaient même rejeté une demande visant à autoriser un membre supplémentaire du personnel du département des manuscrits à entrer sur le site.
La police aurait déclaré au Waqf que si un employé supplémentaire était autorisé à entrer, les colons israéliens seraient autorisés à reprendre leurs incursions quotidiennes dans la mosquée.
La source a ajouté que les responsables du Waqf soupçonnent les forces israéliennes d’avoir également installé des caméras à l’intérieur des salles de prière de la mosquée Al-Aqsa, y compris à l’intérieur du Dôme du Rocher, permettant ainsi une surveillance constante du site.
Fermeture de la vieille ville
La fermeture de la mosquée s’est accompagnée d’un confinement quasi total de la vieille ville, où se trouvent la mosquée Al-Aqsa et des dizaines de marchés palestiniens habituellement très animés.
Seuls les résidents de la vieille ville ont été autorisés à y entrer depuis le début de la guerre avec l’Iran, laissant la zone déserte.
Pendant ce temps, la vie s’est poursuivie sans interruption à quelques mètres de là, à l’extérieur des anciens remparts de la vieille ville.
Dimanche était la Laylat al-Qadr, la nuit la plus sacrée du calendrier islamique. Israël a déployé des centaines de policiers pour bloquer les accès à la mosquée, forçant les fidèles à prier dans les rues sous la menace de violences.
« Une telle fermeture de la vieille ville ne s’est jamais produite auparavant », a déclaré le Dr Mustafa Abu Sway, professeur à la mosquée Al-Aqsa et membre du Conseil du Waqf islamique à Jérusalem.
« Il y a une incohérence quand on compare ce qui se passe à l’intérieur de la vieille ville avec ce qui se passe à l’extérieur, où les gens se déplacent librement, prient dans les mosquées et où la vie dans la ville continue normalement. »
Abu Sway a ajouté que si la sécurité des gens était en jeu, les fidèles pourraient se réfugier dans les salles de prière situées sous Al-Aqsa, qui peuvent accueillir des milliers de personnes.
Aouni Bazbaz, directeur des affaires internationales au Waqf islamique, a déclaré à MEE au début du mois que cette fermeture avait suscité des inquiétudes quant à des changements à long terme.
« Cela a alimenté les craintes que ce qui est présenté comme une mesure temporaire ne devienne progressivement un arrangement permanent ou semi-permanent, en particulier si les gens s’habituent aux restrictions ou si les modalités d’accès au site sont modifiées », a-t-il déclaré.
La mosquée Al-Aqsa est régie depuis des décennies par un statu quo, ou accord international, préservant son statut religieux de site exclusivement islamique.
En vertu de ce statu quo, l’administration du site, y compris le contrôle des accès, incombe au Waqf islamique de Jérusalem, l’organisme de gestion des biens religieux nommé par la Jordanie et chargé de gérer le complexe de la mosquée.
Cependant, depuis l’occupation de Jérusalem-Est par Israël en 1967, les Palestiniens affirment que cet accord a été progressivement érodé par des restrictions croissantes à l’accès des musulmans, tandis que la présence juive et le contrôle israélien se sont étendus.
Le contrôle d’Israël sur Jérusalem-Est, y compris la vieille ville, viole plusieurs principes du droit international, qui stipulent qu’une puissance occupante n’a aucune souveraineté sur le territoire qu’elle occupe et ne peut y apporter de modifications permanentes.
Traduction : AFPS




