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Accueil > Informations > Actualités > Israël impose un programme scolaire à 45 000 élèves palestiniens de Jérusalem-Est
Actualités
mercredi 2 septembre 2026
Middle East Eye par Lubna Masarwa et Oscar Rickett

Israël impose un programme scolaire à 45 000 élèves palestiniens de Jérusalem-Est

Israël refuse d’autoriser les enseignants palestiniens à entrer à Jérusalem depuis la Cisjordanie occupée.

Photo : La rentrée scolaire à Jérusalem-Est débute avec 15 000 élèves hors des classes © Ir Amim

Les autorités israéliennes imposent leur programme scolaire à plus de 45 000 élèves palestiniens dans les écoles publiques de Jérusalem-Est, dans le cadre d’une répression plus large visant le système éducatif dans la partie occupée de la ville.

Ces nouvelles mesures signifient qu’à partir de mardi, environ 38 % de l’ensemble des élèves palestiniens – soit une augmentation notable par rapport aux dernières années – suivront le programme scolaire israélien plutôt que le programme palestinien. Cela concerne toutes les nouvelles classes de CP et de cinquième qui ouvrent leurs portes au sein du système scolaire public de Jérusalem-Est.

Le porte-parole de la gouvernance de Jérusalem de l’Autorité palestinienne, Maarouf al-Rifai, a déclaré que cette décision constituait une escalade dangereuse et sans précédent depuis 1967, année où Israël a occupé Jérusalem-Est.

Il a qualifié cette mesure d’attaque directe contre l’identité nationale et culturelle palestinienne de Jérusalem, affirmant que l’imposition du programme scolaire israélien était particulièrement dangereuse compte tenu de la marginalisation des « thèmes fondamentaux concernant le récit et l’histoire palestiniens – au premier rang desquels la Nakba, les prisonniers et Jérusalem ».

M. al-Rifai a déclaré que cela revenait à « transformer le programme scolaire en champ de bataille autour de la conscience, de la mémoire et de l’identité dans la ville », et que cette décision s’inscrivait dans le cadre d’une « politique systématique visant le secteur éducatif palestinien à Jérusalem ».

Cette initiative visant à imposer le programme scolaire israélien à un nombre encore plus important d’élèves palestiniens intervient alors qu’Itamar Ben Gvir, le ministre d’extrême droite chargé de la sécurité nationale, prévoit de distribuer aux établissements scolaires israéliens un livre pour enfants célébrant ses « activités et réalisations ».

Intitulé « Le ministre qui n’a jamais cessé », cet ouvrage devait être présenté mardi, jour de la rentrée scolaire israélienne, lors du congrès du parti « Puissance juive » de Ben Gvir.

Des enseignants se sont vu refuser l’accès depuis la Cisjordanie

Le nombre d’élèves palestiniens suivant le programme scolaire israélien est passé de 10 347 en 2020-2021 à 27 041 en 2025-2026 et s’élève désormais à plus de 45 000, ce qui représente une augmentation marquée.

Les enfants palestiniens fréquentent généralement l’un des quatre types d’établissements scolaires suivants : ceux gérés par les Nations unies, les écoles privées, les écoles islamiques du Waqf ou les écoles municipales gérées par Israël, où le programme scolaire va désormais être largement imposé.

Après l’occupation de Jérusalem-Est par Israël, le système éducatif est resté identique à celui de la Cisjordanie et dispensait le programme jordanien, qui a ensuite été remplacé dans les années 1990 par un programme élaboré par l’Autorité palestinienne.

Israël a également refusé à une septantaine d’enseignants de Cisjordanie l’accès à Jérusalem-Est, où ils travaillent, retardant ainsi la rentrée scolaire dans les écoles privées palestiniennes de la ville.

Ces écoles ont annoncé la suspension des cours et ne commenceront pas l’année scolaire 2026-2027 tant que les enseignants et le personnel venant de Cisjordanie occupée n’auront pas obtenu la réémission ou le renouvellement de leurs permis d’entrée.

Quarante pour cent des enseignants des écoles privées palestiniennes de Jérusalem – pour la plupart des chrétiens palestiniens – vivent en Cisjordanie.

Omar Rjoob, directeur des relations avec les médias du gouvernorat de Jérusalem, a déclaré à Middle East Eye que les mesures prises par Israël à l’encontre du secteur de l’éducation s’inscrivaient dans le cadre d’une politique plus large visant à « consolider l’annexion de Jérusalem et à la couper de son environnement palestinien ».

Les restrictions à la libre circulation des habitants et des enseignants s’inscrivent dans ce cadre, a-t-il ajouté, tout comme les postes de contrôle et le mur de séparation érigé par Israël au début des années 2000, qui coupe Jérusalem de la Cisjordanie.

Historiquement, cette séparation de Jérusalem du reste de la Palestine occupée a contribué à contraindre les Palestiniens de Jérusalem à chercher du travail sur le marché du travail israélien, ce qui a entraîné une augmentation des besoins en enseignement de l’hébreu à Jérusalem-Est.

Mesures israéliennes contre les écoles de l’UNRWA

En janvier 2026, le Parlement israélien a interdit l’emploi, au sein du système éducatif israélien, d’enseignants titulaires de diplômes universitaires délivrés par des établissements d’enseignement affiliés à l’Autorité palestinienne.

Cette mesure a des répercussions directes sur le secteur de l’enseignement en arabe à Jérusalem-Est, car une part importante du corps enseignant est composée de diplômés d’universités palestiniennes.

Israël a également pris des mesures à l’encontre des établissements d’enseignement affiliés à l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), notamment la fermeture de plusieurs de ses écoles et la saisie de complexes scolaires appartenant à l’agence dans les camps de Shuafat et de Kafr Aqab.

Haaretz a rapporté que la grande école construite par l’UNRWA au cœur de Shuafat a été reprise par la municipalité de Jérusalem, qui prévoit d’y accueillir 14 classes de lycée, une école primaire mixte pour garçons et filles et cinq écoles maternelles spécialisées.

Middle East Eye a contacté le service de l’éducation de la municipalité pour obtenir des commentaires.

« Avec ses différents volets, cette démarche représente une tentative de remodeler l’environnement éducatif à Jérusalem occupée afin de servir les politiques de l’occupation israélienne », a déclaré Rjoob à MEE.

L’affaiblissement des institutions palestiniennes, les restrictions imposées aux enseignants et les modifications apportées aux programmes scolaires menacent l’identité palestinienne des élèves de Jérusalem, a-t-il ajouté, l’éducation étant transformée en un outil au service des « politiques d’annexion, de judaïsation et d’effacement du caractère arabo-palestinien de la ville ».

Traduction : AFPS

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Mots clés

  • Jérusalem
  • Fin de l’occupation israélienne de la Palestine
  • Chronique de l’occupation

Source

Publié par : Middle East Eye

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