Photo : © UNICEF-UNI488704-Zaqout
Le ministère de la Santé de Gaza a accusé Israël d’empêcher plus de 16 500 Palestiniens nécessitant des soins médicaux à l’étranger de quitter l’enclave assiégée et ravagée par la guerre, malgré un « cessez-le-feu » de pure forme en vigueur depuis octobre dernier.
Le ministère a averti mardi dans un communiqué qu’Israël tuait des patients par ses retards, après que sa guerre génocidaire contre l’enclave eut fait près de 73 000 morts parmi les Palestiniens depuis octobre 2023.
Cette situation désastreuse met en évidence le sort du système de santé de l’enclave, que les experts des Nations unies et les organisations humanitaires ont accusé Israël de détruire systématiquement dans le but de rendre Gaza inhabitable.
Selon les autorités de Gaza, Israël a restreint le nombre de personnes autorisées à quitter l’enclave pour se faire soigner.
Le point de passage de Rafah entre Gaza et l’Égypte a été partiellement rouvert par Israël début février après près de deux ans de fermeture.
Depuis lors, Israël a temporairement fermé le point de passage à plusieurs reprises.
Maher Shamia, sous-secrétaire par intérim du ministère de la Santé de Gaza, a déclaré que les autorités n’autorisaient les Palestiniens à l’utiliser pour quitter le territoire que trois jours par semaine, tout en ne consacrant qu’un seul jour par semaine aux évacuations médicales au poste-frontière de Karem Abu Salem, qui relie Gaza à Israël.
« L’occupant porte l’entière responsabilité de cette crise en raison de la fermeture prolongée du poste-frontière de Rafah, principale voie de sortie pour les patients », a déclaré M. Shamia.
Shamia a appelé les organisations de défense des droits de l’homme à faire pression sur Israël afin de contraindre les autorités à autoriser les Palestiniens à sortir et à rentrer librement à Gaza.
Il a ajouté que la majorité des patients pourraient être soignés sur place dès lors que les infrastructures sanitaires du territoire auront été reconstruites, ce qu’Israël est également accusé d’entraver.
« Nous soulignons qu’une grande partie des patients peut être soignée à l’intérieur de la bande de Gaza [si] le secteur de la santé, qui a été systématiquement détruit, est remis en état et préparé. »
Gaza est en proie à une crise humanitaire, aggravée par l’absence d’aide entrant sur le territoire. Près de 90 % de la population reste déplacée, la plupart des personnes étant confrontées à une grave insécurité alimentaire.
Mardi, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé Israël à rouvrir immédiatement tous les points de passage vers Gaza et à autoriser l’entrée de l’aide humanitaire sans restriction.
« Je suis également profondément préoccupé par la décision d’Israël de fermer les points de passage vers Gaza et je réitère mon appel en faveur de la réouverture immédiate de tous les points de passage afin de garantir l’acheminement rapide, sûr et sans entrave de l’aide humanitaire à grande échelle dans toute la bande de Gaza », a déclaré M. Guterres.
Reconstruction de Gaza
En avril, l’ONU et l’Union européenne ont averti que le développement humain à Gaza avait subi un recul de 77 ans et que plus de 71 milliards de dollars seraient nécessaires pour la reprise et la reconstruction.
Les deux organisations ont indiqué que des secteurs entiers avaient été dévastés par les attaques israéliennes, notamment le logement, la santé, l’éducation, le commerce et l’agriculture.
Selon cette évaluation conjointe, plus de 26 milliards de dollars seraient nécessaires pour rétablir les services essentiels, reconstruire les infrastructures vitales et soutenir la reprise économique au cours des 18 premiers mois.
Israël a mené des attaques quasi quotidiennes à Gaza, malgré un soi-disant « cessez-le-feu » entré en vigueur en octobre, tandis que des organisations de défense des droits de l’homme ont accusé le pays de limiter la quantité d’aide entrant sur le territoire.
En vertu de l’accord conclu entre Israël et le Hamas, négocié par les États-Unis et les dirigeants régionaux, environ 600 camions d’aide humanitaire sont censés entrer à Gaza chaque jour.
Israël affirme qu’il autorise l’entrée de la quantité d’aide convenue sur le territoire, mais le Hamas n’est pas d’accord et a accusé Israël d’entraver délibérément la livraison de fournitures vitales.
Les pourparlers de paix entre les deux parties sont au point mort depuis des mois, et de nombreux points d’achoppement majeurs subsistent, notamment le désarmement du Hamas et le retrait des troupes israéliennes de Gaza.
La semaine dernière, Husam Badran, membre du bureau politique du Hamas, a déclaré à Al Jazeera que le groupe n’allait pas encore remettre ses armes, précisant que le sort de son arsenal militaire serait décidé à l’issue de discussions approfondies avec les autres factions palestiniennes.
Un nouveau cycle de négociations s’est ouvert dimanche en Égypte, le Hamas ayant déclaré que les attaques israéliennes à Gaza devaient cesser pour que des progrès puissent être réalisés.
Traduction : AFPS




