Photo : Un bombardement israélien sur le camp de déplacé·es de Nuseirat à Gaza tue 3 Palestinien·nes, 9 mars 2026 © Quds News Network
Israël a bloqué la mise en œuvre de la deuxième phase de l’accord de cessez-le-feu à Gaza, utilisant la guerre contre l’Iran comme prétexte pour consolider son contrôle sur l’enclave palestinienne.
Les forces israéliennes ont poursuivi leurs attaques contre Gaza pendant des mois, malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu en octobre dernier, avec des bombardements quotidiens d’artillerie et aériens, des démolitions et des assassinats ciblés de dirigeants palestiniens.
Mardi, des sources médicales à Gaza ont déclaré que le nombre de morts depuis octobre 2023 était passé à 72 134, avec au moins 171 828 blessés par l’agression israélienne, a rapporté l’agence de presse Wafa.
La même source a indiqué qu’au moins 649 Palestiniens avaient été tués à Gaza depuis le cessez-le-feu, 1 730 avaient été blessés et 756 corps avaient été retrouvés.
Israël continue de bloquer l’aide à Gaza, en maintenant fermé le passage de Rafah avec l’Égypte depuis le 1er mars pour des raisons de « sécurité » et en limitant l’accès par le passage de Kerem Abu Salem.
Tout en commettant des violations directes du cessez-le-feu, Israël a également veillé à ce que les dispositions clés du plan de paix pour Gaza restent au point mort.
L’administration civile chargée de prendre le contrôle de Gaza reste dans l’incapacité d’entrer sur le territoire palestinien, malgré l’accord du Hamas et de l’Autorité palestinienne.
Dans le même temps, la viabilité de la Force internationale de stabilisation (ISF) prévue dans le plan de paix du président américain Donald Trump semble remise en question, l’Indonésie ayant récemment annoncé son intention de se retirer complètement de cette force et du « Conseil de paix » autoproclamé.
En ce qui concerne la reconstruction de Gaza, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a insisté sur le fait qu’elle dépendait du désarmement du Hamas. La faction palestinienne a résisté aux appels en faveur de son désarmement.
Ahmed Al-Tanani, directeur du Centre arabe pour la recherche et les études stratégiques, a déclaré au site arabe Al-Araby Al-Jadeed, partenaire de The New Arab, que l’attention médiatique mondiale portée à la guerre avec l’Iran a réduit le coût politique pour Israël de maintenir une guerre de faible intensité à Gaza.
Al-Tanani a ajouté qu’Israël s’est appuyé sur une politique de procrastination pour gagner du temps, profitant de l’attention portée par les médiateurs et les États-Unis aux détails et de leur volonté de maintenir les termes de l’accord.
Avec le déclenchement de la guerre avec l’Iran, Israël a désormais efficacement éludé ses obligations à Gaza et s’efforce d’établir une nouvelle réalité sur le terrain, sans avoir à retomber dans une guerre totale, a déclaré Al-Tanani.
Suleiman Bisharat, analyste et expert des affaires israéliennes, estime qu’Israël poursuit délibérément une politique visant à maintenir les problèmes, y compris la question palestinienne, sans solution. Selon M. Bisharat, cela permet à Tel-Aviv de maintenir le discours selon lequel il est constamment menacé et de s’assurer le soutien continu des États-Unis.
Traduction : AFPS




