Photo : Les conséquences du bombardement israélien d’un immeuble rue Al-Jalaa, centre-ville de Gaza, dans la nuit du 23 juillet 2026 © Quds News Network
Israël a émis des ordres d’évacuation concernant plusieurs zones de Gaza avant de bombarder ce territoire palestinien, faisant au moins deux morts, selon des sources médicales.
Les frappes de jeudi constituent le dernier épisode en date d’une escalade meurtrière menée par l’armée israélienne, malgré le « cessez-le-feu » négocié par les États-Unis et entré en vigueur l’année dernière.
En direct de la ville de Gaza, Ibrahim al-Khalili, journaliste d’Al Jazeera, a déclaré que l’armée israélienne avait lourdement bombardé Gaza après avoir menacé d’évacuer les habitants de quatre zones différentes.
« Ce qui est particulièrement alarmant, c’est que ces avertissements ont été suivis d’attaques contre les zones mêmes d’où les habitants avaient reçu l’ordre de fuir », a déclaré M. al-Khalili. Il a ajouté qu’une frappe sur la ville de Gaza avait déclenché un immense incendie que les équipes de la protection civile tentent toujours d’éteindre.
Les frappes aériennes israéliennes ont détruit des habitations dans les camps de réfugiés de Bureij et de Jabalia, ainsi que dans les quartiers de Zeitoun et de Tal al-Hawa à la ville de Gaza.
Une autre frappe israélienne, qui a touché un bâtiment dans le quartier de Zeitoun, au sud-est de la ville de Gaza, a blessé plusieurs personnes, a déclaré à Al Jazeera une source de l’hôpital al-Ahli.
« Pour les familles d’ici, un ordre d’évacuation signifie bien plus qu’un simple déplacement d’un endroit à un autre ; cela signifie abandonner l’abri qu’elles ont réussi à trouver – souvent de nuit et dans la panique –, beaucoup de personnes se retrouvant contraintes de vivre dans la rue parce qu’elles n’ont tout simplement nulle part où aller », a déclaré M. al-Khalili.
La guerre génocidaire menée par Israël contre Gaza a fait au moins 73 311 morts parmi les Palestiniens, selon les autorités sanitaires locales, dont plus de 1 185 depuis le « cessez-le-feu » d’octobre 2025.
Ces attaques israéliennes interviennent alors que le plan américain pour Gaza, qui prévoit le déploiement d’une force de sécurité internationale et le bouclage du territoire, est au point mort.
Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a exhorté jeudi le secrétaire d’État américain Marco Rubio à accélérer le déploiement de la Force internationale de stabilisation (ISF) à Gaza, lors d’une rencontre en marge du sommet des ministres des Affaires étrangères de l’ASEAN à Manille.
Selon un communiqué du ministère égyptien des Affaires étrangères, M. Abdelatty a souligné la nécessité de mettre rapidement en place le comité chargé d’administrer Gaza afin de contribuer à apaiser les tensions et à rétablir la stabilité régionale.
Ces appels de l’Égypte coïncident avec des informations relayées par les médias israéliens selon lesquelles 30 officiers marocains se seraient rendus à Gaza en vue du déploiement de forces dans le cadre de l’ISF.
Le Maroc a annoncé ce mois-ci qu’il enverrait du personnel de sécurité et mettrait en place un hôpital de campagne à Gaza.
La crise humanitaire se poursuit
Malgré le « cessez-le-feu », la situation humanitaire à Gaza reste critique.
Une nouvelle analyse réalisée par des agences des Nations unies révèle qu’environ 1,4 million de personnes, soit 67 % de la population de Gaza, sont toujours confrontées à « une insécurité alimentaire aiguë de niveau critique ou pire » – c’est-à-dire qu’elles n’ont pas assez à manger –, un chiffre en légère baisse par rapport aux 1,6 million recensés à la fin de l’année dernière.
Ross Smith, directeur de la préparation et de la réponse aux situations d’urgence au Programme alimentaire mondial des Nations unies, a déclaré à Al Jazeera que « la situation n’est pas bonne à Gaza ».
« La situation humanitaire reste critique et désespérée », a déclaré M. Smith.
« Nous devons donc continuer à prêter attention aux besoins des habitants de Gaza, nous devons continuer à soutenir l’accès humanitaire pour atteindre les populations là où elles se trouvent à Gaza, et nous devons continuer à financer ces opérations humanitaires. Ces trois éléments sont essentiels pour venir en aide à la population », a-t-il ajouté.
Le ministère britannique des Affaires étrangères a quant à lui exigé qu’Israël mette fin aux restrictions imposées à l’aide humanitaire destinée à la population de Gaza.
« Gaza continue de faire face à une insécurité alimentaire atteignant des niveaux de crise. Éviter la famine ne peut pas être le critère de réussite », indique un communiqué du gouvernement nouvellement formé du Premier ministre Andy Burnham.
Le ministère des Affaires étrangères a également déclaré que les restrictions israéliennes en matière d’aide « favorisent la propagation des maladies, la pénurie d’eau et déciment les services de santé ».
Traduction : AFPS




