À contre-courant du mythe de « deux parties présentées comme égales », colporté en total déni du réel par la plupart des politiques et des médias, la dimension coloniale de cette guerre est décrite et affirmée dans ce livre comme une clé pour comprendre la réalité d’un « rapport d’asymétrie et de domination ». Car, malgré la propagande qui martèle que tout a commencé le 7 octobre 2023, ce qui se joue à Gaza comme en Cisjordanie est un « colonialisme d’expropriation », soit un processus au long cours d’élimination continue, engagé bien avant 1948, dans le cadre duquel « les autochtones deviennent des étrangers, tandis que les colons sont présentés comme des indigènes ». Ce livre offre de multiples outils de compréhension de ce processus en s’appuyant sur un large champ de connaissances : juridique, historique, politique, économique, sociologique et anthropologique. Des lectures diversifiées et complémentaires sont proposées : depuis des analyses très construites jusqu’à des témoignages ancrés dans des vécus personnels.
La première partie de l’ouvrage décrypte les dimensions sociales et politiques et la diversité des groupes et des acteurs, tant au sein du Hamas que dans les sociétés israélienne et palestinienne. La deuxième partie porte sur les processus d’effacement et de destruction à l’œuvre à Gaza. Elle documente les dimensions humaine, sociale, économique et patrimoniale du génocide qui convergent méthodiquement vers l’anéantissement de toute solution politique. La troisième partie plonge au cœur du quotidien des personnes. Enfin la dernière partie traite des perceptions et des enjeux régionaux sous les angles géopolitiques et médiatiques. En conclusion, elle pose le cadre du droit international et de ses enjeux : « La manière dont les États […] se positionneront vis-à-vis de la Palestine déterminera les principes qui façonneront le monde demain : un ordre international fondé sur le respect du droit international ou un régime dominé par la puissance et la violence ».
Bernard Devin





